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Gojira : Le Godzilla français du Metal qui se nourrit de spiritualité et d’écologie !

Gojira est un groupe de Death Metal technique français, originaire d’Ondres, près de Bayonne, en Nouvelle-Aquitaine. Né en 1996 sous le nom de Godzilla, il adoptera le nom de Gojira en 2001 (Gojira étant la prononciation japonaise de Godzilla). Combinant musicalement des éléments de Thrash, de Death, de Groove et de Metal Progressif et s’appuyant sur des textes philosophiques, spirituels et engagés en faveur d’une prise de conscience écologique, le groupe a véritablement acquis une notoriété internationale avec la seconde partie de sa discographie, alors que la première avait déjà signalé ce tsunami à venir aux plus vigilants ! Gojira est déjà considéré par beaucoup comme l’un des groupes légendaires de Metal de sa génération et en dépit de sa relative jeunesse, le groupe a su imposer un style, une technicité et un univers artistiques !

Les deux frères, la grange et la naissance du monstre !

Tout a commencé avec deux frères, Joseph “Joe” (chanteur et guitariste) et Mario (batteur) Duplantier, qui ont décidé de former leur propre groupe de Death Metal en 1996. Ils ont recruté Christian Andreau à la guitare, et Alexandre Cornillon les a rejoint peu de temps après à la basse.

Gojira, durant ses premières années d’existence, a produit plusieurs démos et a commencé à jouer dans plusieurs salles de concerts et festivals locaux. En 1998, Jean-Michel Labadie a remplacé Alexandre Cornillon à la basse et telle sera la mythique formation du groupe jusqu’à nos jours [2021]. Le style de Gojira, un Death Metal technique et complexe qui a incorporé des éléments de Thrash, Groove et Metal Progressif était déjà partiellement défini à cette époque.

Le groupe a enregistré son premier album, Terra Incognita, en 2001. Cette première production s’est faite dans les règles de l’art pour une jeune formation ; une production indépendante sans label ni manager, qui a nécessité le soutien des proches. Néanmoins ce nouveau venu a commencé à se démarquer dans le paysage Metal français…

Terra Incognita contenait déjà tous les éléments constitutifs de l’ADN Gojira, même si le style s’affinera et évoluera évidemment par la suite. L’opus est musicalement une production de haute qualité pour un premier album, du Death Metal saupoudré de Thrash et de Groove Metal, porté par une technicité et une précision de la part des musiciens qui ont fait preuve d’un réel talent. Les afficionados de groupes tels que Tool, Meshuggah, Pantera, Sepultura ou Lamb Of God, pour n’en citer que certains, ont été largement satisfaits malgré l’originalité du son de Gojira.

Fort d’une petite notoriété naissante et déjà de nombreux concerts à son actif, Gojira a produit son deuxième album, The Link, en 2003. Cette deuxième production a été enregistrée dans le mythique Studio des Milans, (une grange rénovée par le groupe dans l’espoir d’en faire un studio d’enregistrement) et les complications ont été légion. The Link a enfoncé le clou et a confirmé que le style du premier album n’était pas une expérimentation mais bien le style intrinsèque de Gojira, une bête monstrueuse était en éveil !

Gojira a sorti son troisième album, From Mars To Sirius, en 2005. Cet opus est entré dans les charts français à la 44e place et a été très favorablement accueilli par les critiques et les fans. Il a été également le point de départ de la prise de conscience écologique souhaitée dans les paroles du groupe, ce qui deviendra par la suite l’une de leurs signatures.

Lors d’un entretien avec Spirit Of Metal, Joe Duplantier a déclaré :

From Mars To Sirius est un voyage de Mars à Sirius. C’est un voyage d’un état de guerre […] vers un état plus serein. [Concernant les baleines] certaines théories disent que l’activité cérébrale des baleines tend vers plus d’harmonie au sein de leur société ! Elles ont des comportements qui dépassent les humains et elles ont beaucoup à nous apprendre. [Concernant la philosophie de cet opus] Si je déteste quelqu’un et que je ne lui dis pas, cette haine va grandir en moi et me polluer intérieurement. Nous sommes un groupe qui prône l’écologie, mais dans un sens beaucoup plus large que le simple fait de ne pas jeter un papier par terre.

Gojira

From Mars To Sirius était un équilibre parfait entre mélodie et puissance, un opus qui intégrait facilement les influences des musiciens du groupe mais dont le résultat final était porté par une technicité et une créativité musicales qui définissaient davantage la signature de Gojira.

La notoriété alors grandissante du groupe lui a ouvert les portes de nombreux festivals majeurs de Metal et lui a permis d’effectuer des tournées européennes et nord-américaines aux côtés de Obituary, Hatesphere, Children of Bodom, Amon Amarth, Lamd Of God, Slayer et Machine Head, pour n’en citer que quelques-uns. Grâce à ses multiples performances scéniques, Gojira s’est imposé comme un nouveau poids lourd de la scène Metal internationale !

La montée en puissance du monstre et la consécration internationale

Son quatrième album, The Way Of All Flesh, sorti en 2008, a fait une entrée fracassante à la 138e place des charts américains (Billboard 200). Cet opus a élargi à nouveau le spectre créatif du groupe qui n’a pas hésité à explorer des domaines inconnus, ce qui a abouti parfois à une certaine perplexité ! En effet le groupe a été influencé par ses pairs et notamment les groupes de Metal américains. Cependant Gojira a su rester cohérent et a produit un nouvel album précis et technique, porté par une créativité telle que seuls les musiciens qui maîtrisent parfaitement leurs instruments peuvent se permettre d’explorer.

Gojira a écumé les plus grands festivals de Metal de la planète et a joué aux côtés de légendes telles que Metallica. En effet, en 2009, le groupe a effectué sa première tournée en tête d’affiche en Amérique du Nord et, à la fin de cette même année, a assuré la première partie de Metallica, aux côtés de Lamb Of God.

Gojira
© Jimmy Fontaine – LO

Le groupe a gratifié son public d’un cinquième album, L’Enfant sauvage, en 2012. Cet opus a marqué l’entrée du groupe dans la cours des grands de l’industrie musicale avec une signature sur le mythique label Roadrunner Records un an plus tôt.

L’Enfant sauvage était le point de repère pour tout non-initié, une introduction parfaite à l’univers de Gojira où presque chaque titre pouvait se targuer d’un style musical différent.

Le titre de l’album est inspiré du film éponyme de François Truffaut (1970), qui est une quête de liberté et une ode à l’émancipation. L’Enfant sauvage a été acclamé par les critiques, et a figuré dans le Top 40 des charts américains, canadiens, suédois et français.

En 2013, Gojira a obtenu le prix du Meilleur groupe live aux Metal Hammer Golden Gods Awards.

Le sixième album de Gojira, Magma, est sorti en 2016 et a valu au groupe deux nominations aux Grammy Awards de 2017 et le prix du meilleur album aux Metal Hammer Golden Gods Awards. Cet opus a exploré un nouveau style musical avec une approche différente des rythmes et des mélodies, une structure globale plus simple et une nouvelle technique vocale. Il était plus accessible musicalement que les précédentes productions, mais est-ce pour autant une tare ? En ce sens Magma a été comparé au fameux Black Album de Metallica…
La majeure partie des paroles a été inspirée par la mort prématurée de la mère des frères Duplantier, une tragédie qui a été traitée avec grâce, sensibilité et justesse !
Magma s’est hissé à la première place du Billboard des albums Hard Rock (États-Unis), devenant ainsi le premier groupe français à réaliser cet exploit.

Lors d’un entretien avec Metal Hammer, Mario Duplantier a déclaré :

Nous ne sommes pas des écoguerriers, mais nous sommes des êtres humains conscients, et nous pensons à la vie, et à la façon dont nous aimerions vivre – ces pensées ont une résonance. Il ne s’agit pas seulement d’écologie, mais aussi du bien-être de l’espèce humaine. Nous avons tous la responsabilité de penser et de faire des choses qui améliorent notre monde. C’est un monde chaotique, avec une économie basée sur la fraude, et une politique basée sur la corruption, mais aussi laid qu’il soit, nous pouvons le changer.

Cinq ans plus tard, Gojira a sorti Fortitude en 2021, qui a été enregistré aux Sterling Silver Studios à Brooklyn (New York), produit par Joe Duplantier et mixé par le légendaire Andy Wallace (Slayer, Sepultura, Nirvana, Rage Against The Machine, System Of A Down, Dream Theater, Korn…). Ce septième album a été annoncé avec la sortie du premier single Another World en 2020, qui a été suivie par celle du deuxième single Born For One Thing, début 2021.

La révélation d’un troisième titre, Amazonia, un mois avant la sortie de l’album, a été accompagnée d’un projet caritatif en faveur des peuples indigènes du Brésil et contre la déforestation ; projet qui a récolté plus de 300 000 dollars et dont Sepultura aurait été très fier.

Fortitude s’est hissée en tête des classements de streaming dès sa sortie et a atteint la 12e place du Billboard 200, et la 2e place des charts français et belges. Gojira a amélioré ses performances commerciales d’un album à l’autre, ce qui constitue un véritable exploit ! En effet, son style musical ne correspond pas tout à fait aux normes actuelles de l’industrie musicale.

Ce nouveau chapitre de l’évolution musicale de Gojira mêle le style original des débuts du groupe à sa musique plus récente pour créer une œuvre unique qui démontre une fois de plus la qualité de la créativité et de l’intelligence musicale au service de la réflexion et des émotions complexes, portées par une puissance brute ! Gojira !

Les anecdotes sur Gojira