Huit ans après la mort de Chester Bennington, Mike Shinoda dénonce les attaques misogynes visant Emily Armstrong, nouvelle voix de Linkin Park, qui s’impose malgré les critiques dans une période marquée par le deuil, le renouveau et la polémique.
Mike Shinoda dénonce les réactions sexistes à l’arrivée d’Emily Armstrong
Dans une nouvelle interview accordée au Guardian, Mike Shinoda affirme que la plupart des critiques adressées à Emily Armstrong depuis son arrivée dans Linkin Park reposent avant tout sur des préjugés sexistes. Il déclare : “Des gens ont attaqué Emily, et c’était en réalité parce qu’elle n’était pas un homme.”
Le musicien pointe notamment le fait que certains fans n’ont pas supporté le changement dans la dynamique du groupe, historiquement composé de six hommes : “Ils étaient habitués à ce que Linkin Park soit un groupe de gars, avec une voix masculine au premier plan. Ils étaient tellement mal à l’aise avec ce changement qu’ils ont cherché mille raisons de se plaindre.”
Ces déclarations interviennent alors que le groupe poursuit sa tournée mondiale From Zero, qui passait récemment par Paris et Clisson. Le 11 juillet, Linkin Park s’est produit au Stade de France devant des dizaines de milliers de spectateurs, après un passage remarqué au Hellfest le 22 juin — un concert rendu encore plus émouvant par l’incertitude qui planait sur sa tenue, suite à l’annulation du concert à Berne, en Suisse, quelques jours plus tôt.
Un accueil difficile, malgré une voix très appréciée
Emily Armstrong, ex-Dead Sara, a officiellement rejoint Linkin Park en 2024. Si son intégration a été largement saluée par les musiciens du groupe, elle n’a pas échappé à des vagues de critiques virulentes dès son annonce, comme évoqué dans cet article. Outre le fait qu’elle remplaçait un chanteur iconique, certains internautes ont dénoncé ses liens passés avec l’Église de Scientologie, ainsi que son soutien à l’acteur Danny Masterson, aujourd’hui condamné pour viol.
Emily Armstrong a rapidement pris la parole pour clarifier sa position, expliquant n’avoir assisté qu’à une seule audience en tant qu’observatrice et avoir depuis coupé tout lien avec Masterson. “Je me suis trompée sur lui. Je n’ai plus eu de contact avec lui depuis”, a-t-elle écrit sur Instagram, assurant ne pas cautionner la violence ou les abus envers les femmes.
Mike Shinoda relativise ces critiques en affirmant qu’elles sont secondaires par rapport au malaise suscité par son genre : “Les gens ont cherché plusieurs raisons, mais en réalité, leur rejet venait du fait qu’elle était une femme. Ils disaient ‘voilà pourquoi je suis en colère, voilà pourquoi le groupe est nul’”, résume-t-il dans le Guardian.
Un lourd héritage à porter, une reconnaissance qui se profile
Dès ses débuts avec le groupe, Emily Armstrong a tenu à ne pas se poser en successeur de Chester Bennington. Comme on peut le lire dans cet article, elle affirme vouloir rester fidèle à l’émotion des morceaux sans pour autant “s’approprier” ces derniers, tout en leur donnant un nouveau souffle.
Mike Shinoda et Dave “Phoenix” Farrell l’ont plusieurs fois décrite comme une chanteuse exceptionnelle, saluant à la fois sa puissance vocale et son implication humaine. Shinoda confiait récemment : “Emily a eu le défi insensé de trouver comment interpréter ces chansons avec nous. Elle fait un travail incroyable.” Dave Farrell, de son côté, l’a qualifiée de “démolisseuse vocale” capable de tout chanter avec aisance, comme expliqué dans cette interview.
Plusieurs artistes de renom ont également pris la défense d’Emily Armstrong. John Cooper (Skillet) a évoqué une ressemblance vocale troublante avec Bennington, tandis que Noodles (The Offspring) a parlé d’un “choix courageux” et salué sa “voix époustouflante”.
Une nouvelle ère assumée
Malgré les polémiques, Linkin Park connaît aujourd’hui un regain d’énergie. Son album From Zero, paru en novembre 2024, a été largement salué, y compris dans sa version deluxe sortie en mai. Le single The Emptiness Machine a remporté un prix aux American Music Awards 2025, et Heavy Is The Crown figure parmi les morceaux les plus streamés du groupe depuis sa reformation.
Emily Armstrong reconnaît que les premiers mois n’ont pas été simples : “J’étais un peu naïve, pour être honnête”, confie-t-elle dans une interview récente. Pourtant, au fil des concerts et des rencontres, elle semble avoir trouvé sa place au sein d’un groupe qui, tout en respectant l’héritage de Bennington, choisit d’avancer avec sincérité et humilité.
Comme l’expliquait Mike Shinoda au printemps : “C’est presque comme si c’était notre premier album… mais avec 25 ans de répertoire que les gens veulent encore entendre en concert” — une formule qui résume bien l’équilibre fragile, mais assumé, de cette nouvelle page de l’histoire de Linkin Park.
