Bien avant de devenir la nouvelle voix de Linkin Park, Emily Armstrong était déjà une fan parmi des millions d’autres. Comme toute une génération de jeunes auditeurs au tournant des années 2000, elle a grandi avec Hybrid Theory, le premier album du groupe californien. Sorti en 2000, ce disque devenu culte a marqué durablement le rock et le metal. Deux décennies plus tard, la chanteuse se retrouve dans une position que la jeune fan qu’elle était n’aurait jamais osé imaginer : interpréter sur scène les morceaux qui ont façonné son adolescence.
Quand Hybrid Theory devient un déclic
Dans une interview accordée à Zach Sang en 2024, Emily Armstrong est revenue sur l’impact déterminant qu’a eu Hybrid Theory sur sa jeunesse et sur sa manière d’envisager la musique.
À la sortie de l’album, elle n’est encore qu’une préadolescente fascinée par l’intensité du groupe. Très vite, certains passages du disque deviennent pour elle de véritables repères émotionnels. Parmi eux, One Step Closer. Elle explique : “Le passage ‘Shut up when I’m talking to you!’ était tout pour moi. Je me suis dit : ‘Oh mon dieu, ça y est… j’ai trouvé mon mantra, mon cri de rage.’”
Le choc est immédiat. Le disque agit comme un déclic. Armstrong commence alors à envisager sérieusement de former un groupe, marquée par la façon dont Chester Bennington mêle mélodie et fureur vocale. Elle raconte : “J’avais environ 12 ans et je me suis dit : ‘C’est ça. C’est exactement ça.’ J’étais complètement obsédée par cet album.”
Ce mélange de chant clair et de cris lui paraît alors presque révolutionnaire. Elle ajoute : “Je me disais : ‘S’il peut chanter et hurler à la fois, c’est exactement ce que je veux faire.’ Je ne me rendais pas encore compte que beaucoup de chanteurs pouvaient le faire.”
Avec des titres devenus emblématiques comme In The End, Crawling ou Papercut, Hybrid Theory dépasse rapidement le statut de simple premier album pour s’imposer comme l’un des disques majeurs du nu metal.
Une arrivée scrutée de près
Lorsque Linkin Park annonce l’arrivée d’Emily Armstrong en 2024, l’événement provoque immédiatement une réaction massive. L’ancienne chanteuse de Dead Sara rejoint un groupe profondément marqué par la disparition de Chester Bennington en 2017 — une situation qui place d’emblée la musicienne sous une pression considérable.
Sa première apparition a lieu lors d’un concert à Los Angeles, premier show du groupe depuis plusieurs années. Aux côtés de Mike Shinoda, elle interprète le nouveau single The Emptiness Machine, avant de se confronter à plusieurs classiques du répertoire, dont Crawling, Numb et What I’ve Done.
Les débuts ne se font pas sans critiques. Sur les réseaux sociaux, certaines réactions négatives émergent, parfois liées au fait qu’elle est une femme. Mike Shinoda expliquera plus tard dans une interview au Guardian que nombre de ces attaques relevaient en réalité de préjugés sexistes.
Malgré ces polémiques initiales, Armstrong finit par s’imposer sur scène comme en studio. Son arrivée accompagne la sortie de From Zero en novembre 2024, premier album studio de Linkin Park depuis sept ans. Le disque marque une étape clé dans la reconstruction du groupe et dépasse les deux milliards de streams en un an.
Un nouveau chapitre pour Linkin Park
Depuis ce retour, Linkin Park enchaîne les projets et les concerts. Le groupe figure notamment parmi les artistes nommés aux iHeartRadio Music Awards 2026, avec plusieurs nominations dont Rock Artist of the Year et Alternative Artist of the Year.
La tournée mondiale associée à From Zero se poursuit également. Pour les fans francophones, plusieurs dates européennes sont déjà confirmées.
Linkin Park jouera d’abord au Groupama Stadium de Lyon le 16 juin, avec le groupe français Last Train en première partie. Le groupe se produira ensuite au festival Rock Werchter en Belgique le 28 juin, avant un concert au Stadion Letzigrund de Zurich le 30 juin aux côtés de Clipse et Phantogram.
La tournée mondiale de Linkin Park doit se poursuivre jusqu’à l’été 2026.
