Depuis plus d’une décennie, The Prestige poursuit un parcours singulier à la croisée du hardcore, du post-hardcore, du punk et du metal. Avec Noire Nuit, premier aperçu de son prochain album Isthmos, le groupe parisien ouvre un nouveau chapitre : un territoire plus lourd, plus sombre et plus introspectif. À travers ce morceau charnière, la formation affirme une évolution où la puissance brute laisse davantage de place aux atmosphères et à la narration. Le frontman Alex Diaz s’est confié à MetalZone pour revenir sur la trajectoire du groupe, la genèse de ce nouveau titre et les intentions qui traversent le disque à venir.
Une trajectoire entre plusieurs scènes
Difficile de réduire The Prestige à une seule étiquette. Depuis ses débuts, le groupe évolue à la frontière de plusieurs univers musicaux, mêlant l’urgence du hardcore, les textures du post-hardcore et la densité du metal.
Alex Diaz résume ainsi l’identité du projet : “The Prestige est un groupe qui existe depuis plus d’une décennie. On a toujours évolué à la croisée de plusieurs styles : hardcore, post-hardcore, punk et metal, avec une musique viscérale et intense mais toujours avec une certaine sensibilité.”
Au fil des années, cette identité s’est aussi construite sur la route. Le groupe a multiplié les concerts en France et en Europe, partageant l’affiche avec plusieurs formations marquantes.
Le chanteur se souvient : “On a eu la chance de beaucoup tourner en France, en Europe et ailleurs, et de partager la scène avec des groupes qui nous ont énormément marqués comme The Dillinger Escape Plan, Every Time I Die, Stray From The Path, Defeater ou Birds In Row.”
Après plus de dix ans d’activité, The Prestige aborde aujourd’hui une nouvelle étape. Son deuxième album Amer a récemment été remasterisé pour son anniversaire, tandis que le prochain disque, Isthmos, attendu le 24 avril 2026 chez Banshies, marque une évolution importante.
Comme l’explique Alex Diaz : “C’est un disque qui représente une nouvelle étape pour nous, à la fois plus lourd, plus introspectif et plus narratif et cinématographique.”
Noire Nuit, première plongée dans l’univers d’Isthmos
Avec Noire Nuit, The Prestige dévoile la première porte d’entrée vers ce nouvel album. Comme le détaillait cet article, le morceau marque une évolution sonore plus lourde et introspective, tout en conservant l’intensité hardcore qui constitue l’ADN du groupe.
Cette direction s’est imposée assez tôt dans l’écriture.
Alex Diaz raconte : “Cela s’est fait assez tôt dans l’écriture de l’album, peut-être dès le deuxième morceau. Personnellement, j’ai déménagé dans un petit hameau près d’une forêt, et le rythme de vie y est très différent de celui que j’avais en région parisienne depuis des décennies.”
Ce changement de cadre a influencé sa manière d’écouter et de composer.
Il poursuit : “J’ai commencé aussi à écouter des musiques plus lentes, plus lourdes, moins punk qu’il y a dix ans. Naturellement, cela a infusé dans notre musique.”
Les morceaux ont progressivement gagné en densité. Les riffs se sont alourdis et l’écriture a laissé davantage de place aux atmosphères.
Le frontman résume : “Les riffs sont devenus plus pesants, plus rampants, avec toujours une violence brute mais avec une dimension plus introspective.”
Cette intensité se reflète aussi dans la manière d’enregistrer.
Le chanteur explique : “Le titre a été enregistré en live dans le studio : on a joué les morceaux tous ensemble, en une seule prise — sauf la voix pour des raisons techniques.”
Cette approche, utilisée depuis Amer avec le producteur Amaury Sauvé, privilégie l’énergie collective.
Il précise : “Ce fonctionnement permet de préserver l’instant, la spontanéité et l’interprétation collective plutôt que la perfection technique.”
Et l’expérience reste avant tout humaine : “On est dans la même pièce, au même moment, à construire quelque chose ensemble. C’est beaucoup plus excitant et impliquant.”
Un album plus narratif et introspectif
Si Noire Nuit offre un premier aperçu, Isthmos explore un spectre émotionnel plus large.
Alex Diaz explique : “Dans Isthmos, on a aussi pris davantage le temps de travailler les ambiances, les textures.”
Une partie de l’écriture s’est déroulée lors de sessions isolées à la campagne.
Le chanteur précise : “Certains morceaux ont été écrits en sessions isolées à la campagne, dans une petite maison où on s’enfermait quelques jours pour travailler ensemble.”
Cette immersion a permis au groupe de se concentrer entièrement sur la création.
Il ajoute : “Le fait d’être coupés de nos obligations personnelles nous permettait de nous concentrer entièrement sur la musique et de créer des atmosphères assez fortes.”
L’album marque aussi plusieurs évolutions, notamment l’arrivée de Fabien à la guitare et un accordage plus bas.
Le frontman explique : “C’est une rupture parce qu’il y a des changements importants : l’arrivée de Fabien à la guitare, un accordage plus bas, des morceaux parfois moins punk et plus lourds, et une dimension plus cinématographique et narrative.”
Mais cette transformation s’inscrit également dans la continuité du parcours du groupe : “Mais c’est aussi un aboutissement parce que nous travaillons sur cet album depuis plusieurs années.”
Le chanteur résume l’intention du disque : “Isthmos traverse une palette assez large d’émotions : de la violence, de la solitude, mais aussi de la transformation.”
Isthmos sortira le 24 avril 2026 chez Banshies.
