Sabaton : « Il n’est pas nécessaire de se réinventer en permanence pour réussir »

(Mis à jour le ) à 08h11
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Sabaton : « Il n’est pas nécessaire de se réinventer en permanence pour réussir » © Tetralens

« Dans le heavy metal, il n’est pas nécessaire de se réinventer en permanence pour réussir. » Pär Sundström prend ainsi le contre-pied d’un discours devenu presque automatique dans l’industrie musicale. Après plus de 25 ans de carrière avec Sabaton, le bassiste et manager du groupe suédois défend une autre idée : la longévité repose moins sur la course à la nouveauté que sur une identité forte, une méthode cohérente et la volonté de ne pas suivre la recette des autres.

Le parcours de Sabaton donne du poids à cette conviction : plusieurs milliards d’écoutes, des albums classés dans les meilleures ventes internationales et des tournées capables de mobiliser des centaines de personnes. Pour Sundström, cette réussite ne vient pas d’une succession de métamorphoses, mais d’une formule assumée — puis développée avec constance.

Sabaton préfère durer plutôt que se réinventer

Dans une interview accordée à Rock Hard Greece, Pär Sundström a été interrogé sur la difficulté de maintenir Sabaton « frais » après plus de deux décennies d’activité. Sa réponse tranche avec l’injonction au renouvellement permanent qui accompagne souvent les groupes installés.

« Je ne crois pas qu’un groupe soit obligé de se réinventer sans arrêt. Beaucoup de formations ont déjà montré qu’on pouvait réussir dans le heavy metal sans chercher constamment à paraître nouveau. »

Chez Sabaton, la fidélité à une formule n’est pas présentée comme un manque d’ambition. Depuis ses débuts, le groupe cultive un univers immédiatement identifiable — récits historiques, refrains fédérateurs, productions scéniques toujours plus imposantes — tout en développant des projets originaux autour de cette identité.

Sabaton a ainsi organisé son propre festival pendant 13 ans, maintenu une croisière durant 14 ans et lancé Sabaton History, une chaîne réunissant plus de 130 documentaires consacrés aux événements et aux personnages évoqués dans ses chansons. Réalisée avec des musées et des spécialistes, cette initiative prolonge la volonté du groupe de documenter ses sujets plutôt que de s’en tenir à une simple imagerie guerrière.

Le succès sans suivre la recette des autres

La philosophie défendue par Sundström dépasse largement la musique. Selon lui, la trajectoire de Sabaton s’explique aussi par une culture du travail profondément indépendante, développée avec Joakim Brodén et l’équipe qui accompagne le groupe.

Le bassiste affirme que Sabaton n’a jamais laissé un management extérieur lui dicter sa manière d’organiser ses tournées ou de structurer son activité. Le groupe a préféré inventer ses propres méthodes ; quitte à se tromper, puis à corriger le tir.

« Nous avons toujours fait les choses à notre manière. Cela implique parfois de faire des erreurs, mais nous en tirons les leçons et nous passons à la suite. »

Cette autonomie s’est progressivement transformée en une véritable machine de tournée : la première partie de The Legendary Tour a réuni plus de 260 000 spectateurs dans 13 pays, grâce à une production mobilisant plus de 200 personnes et 420 tonnes de matériel.

Sundström explique avoir monté cette organisation avec son ami d’enfance, devenu directeur de production de Sabaton depuis plus de vingt ans. Aucun intervenant extérieur ne leur aurait fourni de mode d’emploi pour déplacer une équipe comparable à une petite ville itinérante.

« Personne ne nous a expliqué comment monter une tournée avec plus de 200 personnes. Nous avons appris en le faisant, selon notre propre méthode. »

Une constance devenue un avantage

La position de Pär Sundström ne consiste pas à rejeter toute nouveauté. Elle revient plutôt à distinguer l’innovation utile du changement dicté par les tendances : Sabaton peut multiplier les projets, agrandir ses productions et explorer de nouveaux récits sans renoncer à ce que son public reconnaît immédiatement.

Le bassiste attribue ainsi le succès du groupe à plusieurs facteurs — sa complémentarité avec Joakim Brodén, l’investissement des autres musiciens, le travail de l’équipe — mais aussi à une volonté persistante de prouver le contraire à ceux qui jugeaient certains projets irréalisables.

« Le succès de Sabaton ne repose pas sur une seule chose. Mais l’essentiel est sans doute que nous avons toujours cru en notre manière de faire. »

Cette cohérence se retrouve également dans le traitement de ses thèmes historiques. Sundström a récemment rappelé que Sabaton cherchait à raconter l’Histoire plutôt qu’à glorifier la guerre, en se concentrant sur les événements passés et sur les témoignages qui les entourent.

The Legendary Tour repartira en 2027

Sabaton prolongera cette trajectoire au printemps 2027 avec la deuxième partie européenne de The Legendary Tour. La série de concerts traversera 15 pays après une première étape qui avait déjà réuni plus d’un quart de million de spectateurs.

Pour le public francophone, le parcours comprendra deux concerts en France et une date en Suisse : Nantes le 12 avril 2027, Toulouse le 13 avril et Genève le 20 avril. La tournée accompagnera une nouvelle fois Legends, le dernier album studio de Sabaton, paru en 2025.

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