“Je me suis réveillé couvert de sang, sans chaussures, à des kilomètres de chez moi” : l’adolescence de Corey Taylor (Slipknot) a failli le tuer

à 10h02
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“Je me suis réveillé couvert de sang, sans chaussures, à des kilomètres de chez moi” : l’adolescence de Corey Taylor (Slipknot) a failli le tuer
© Yulia Grigoryeva, Shutterstock.com

Figure majeure de la scène metal moderne, Corey Taylor a souvent évoqué son adolescence chaotique, marquée par des excès, des violences et une quête de repères qui ont profondément influencé son parcours artistique.

L’ombre d’une jeunesse instable

Né à Des Moines et élevé essentiellement par sa mère dans des conditions qu’il a décrites comme difficiles, Corey Taylor a passé une partie de son enfance à Waterloo, dans l’Iowa. Les nombreux déménagements et l’instabilité ambiante ont marqué ses premières années. Avant ses 15 ans, il avait déjà vécu dans plusieurs dizaines d’États américains, un contexte qu’il qualifie de déraciné.

La musique est rapidement devenue un refuge. Il a souvent mentionné l’importance des disques d’Elvis Presley de sa grand-mère et sa découverte précoce de Black Sabbath, deux éléments qui ont façonné son rapport au rock.

Une plongée précoce dans la dépendance

Au fil du temps, Taylor a raconté avoir été victime de brimades, parfois violentes, ce qui l’a conduit vers de lourdes consommations de drogues. Dans une longue discussion mise en ligne avec Steve-O, il se souvenait de son addiction adolescente. Il racontait avoir consommé de la cocaïne, de la méthamphétamine et d’autres drogues du même type. Il confiait : “Quand j’étais jeune, je prenais tout ce qui me passait sous la main. J’ai stoppé assez tôt, parce que j’avais déjà fait deux overdoses avant mes 16 ans.”

Il évoquait aussi le basculement vers l’alcool à mesure qu’il grandissait, estimant que cette consommation avait fini par l’éloigner de sa propre vie. Devenu père et mari, il avait compris qu’il devait reprendre le contrôle : “Je devais régler ça ou tout allait s’effondrer. Il m’a fallu du temps pour comprendre qui j’étais.”

Un épisode marquant : la benne à ordures

Au cours de cet échange, Steve-O lui demandait si une rumeur persistante était vraie : celle qui racontait que Taylor se serait réveillé dans une benne à ordures après une nuit d’excès. Le chanteur confirmait l’anecdote, se rappelant avoir perdu connaissance lors d’une fête à Waterloo. Selon lui, ses compagnons de l’époque l’auraient cru mort et laissé là. Il racontait : “Je me suis réveillé couvert de sang, sans chaussures, à plusieurs kilomètres de chez moi. J’ai marché jusqu’à la maison, et une semaine plus tard, j’ai quitté Waterloo pour aller vivre chez ma grand-mère à Des Moines.”

Interrogé sur d’éventuelles retrouvailles avec ces anciens camarades, il expliquait simplement : “S’ils me croyaient mort, alors je les considérais comme morts pour moi.”

Un passé qui éclaire son parcours

Ces épisodes, que Taylor évoque rarement de manière aussi crue, témoignent d’une adolescence marquée par la violence et la dépendance. Ils éclairent aussi la façon dont l’artiste s’est construit, entre autodéfense, volonté de survie et recherche d’un cadre plus stable. Ils nourrissent encore aujourd’hui son rapport à la création et à la scène metal.

Le parcours de Corey Taylor reste l’un des plus marquants de sa génération.

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