10 albums de death metal incontournables à écouter au moins une fois dans sa vie

(Mis à jour le ) à 17h06
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10 albums de death metal incontournables à écouter au moins une fois dans sa vie

Quels sont les meilleurs albums de death metal de tous les temps ? Poser la question, c’est déjà chercher les ennuis. Chacun a ses classiques, ses obsessions, ce disque qu’il défendra envers et contre tout. Nous en avons gardé dix, sortis de 1989 à 2004, avec une exigence simple : leur réputation ne doit pas être la seule raison de les écouter encore.

Pas de podium, donc. Les albums sont présentés par ordre chronologique et racontent, vus ainsi, une partie du chemin parcouru. En quinze ans, le death metal change de son, se complexifie, bifurque parfois franchement… sans perdre le goût des riffs qui cognent là où il faut.

Morbid Angel, Altars Of Madness (1989)

Il fallait bien commencer quelque part. Altars Of Madness s’impose presque de lui-même. En 1989, Morbid Angel joue vite, avec une férocité qui paraît parfois au bord de la rupture. Mais le chaos est trompeur. Les riffs grouillent d’idées et une noirceur tenace colle au disque.

Son influence est immense, ce n’est plus vraiment à démontrer. Ce qui compte davantage aujourd’hui, c’est qu’il n’a pas fini en pièce de musée. On remet Altars Of Madness et quelque chose paraît toujours franchement hostile. C’est bon signe.

Entombed, Left Hand Path (1990)

Et soudain, ce son de guitare. Énorme, sale, abrasif. Celui de Left Hand Path est devenu si célèbre qu’il pourrait presque faire oublier les chansons derrière.

Ce serait dommage. Si nous avons un faible pour Entombed, c’est surtout pour cette atmosphère épaisse qui engloutit l’album. Left Hand Path donne envie de headbanguer, évidemment, mais il vous enferme aussi quelque part. Beaucoup ont repris le son. Cette ambiance-là, nettement moins.

Obituary, Cause Of Death (1990)

Obituary sait qu’un riff peut faire davantage de dégâts lorsqu’on lui laisse le temps de peser. Cause Of Death avance avec une lourdeur presque nonchalante par moments, puis John Tardy pousse l’un de ses râles impossibles et tout redevient malsain.

On pourrait mettre Deicide ou At The Gates à sa place sans commettre un sacrilège. Nous le gardons pour cette manière très particulière de faire ramper le death metal. Ça groove, ça traîne dans la boue… et ça fonctionne toujours.

Death, Human (1991)

Human ou Symbolic ? La réponse aurait pu changer selon le jour. Les deux sont exceptionnels. Human l’emporte parce que Death est arrivé plus tôt dans notre parcours d’auditeur. Une première grosse claque conserve forcément un avantage déloyal.

Le choix n’est pas seulement sentimental. En 1991, Chuck Schuldiner pousse sa musique vers une technicité nouvelle sans lui retirer sa sauvagerie. Les morceaux tournent brusquement, accélèrent, se dérobent. Jamais ils ne donnent l’impression d’avoir été écrits pour montrer à quel point leurs musiciens savent jouer. La technique mord encore.

Suffocation, Effigy Of The Forgotten (1991)

Il serait facile de traiter Effigy Of The Forgotten avec le respect un peu poussiéreux réservé aux disques « importants ». Mauvaise idée. Suffocation n’a rien d’une archive à consulter pour comprendre les origines du brutal death.

Le disque reste méchamment physique. Dense, technique, étouffant par endroits, il contient encore de ces cassures qui font relever la tête même lorsqu’on les connaît par cœur. Son influence compte, évidemment. Le fait qu’on ait toujours envie de l’écouter compte davantage.

Carcass, Heartwork (1993)

Heartwork dépasse un peu des lignes. Les puristes pourront sortir la règle et mesurer précisément jusqu’où. Nous préférons écouter le disque.

Carcass y polit son écriture, laisse entrer davantage de mélodie et signe un album devenu incontournable dans l’histoire du death metal mélodique. Pourtant, rien ne paraît vraiment assagi. Les guitares chantent davantage, certes, mais elles savent encore mordre.

Cannibal Corpse, The Bleeding (1994)

Le choix évident serait peut-être Tomb Of The Mutilated. Le nôtre reste The Bleeding. Et non, ce n’est pas spécialement une lubie de contrarien.

Pour beaucoup de fans, cet album représente un sommet de la période Chris Barnes. Nous en faisons partie. Les riffs nous semblent plus mémorables, les morceaux plus solides et la brutalité n’a évidemment pas déserté les lieux. Surtout, quand vient l’envie d’écouter Cannibal Corpse, c’est souvent celui-là qu’on ressort. Il faut aussi savoir faire confiance à ce réflexe.

Cryptopsy, None So Vile (1996)

None So Vile porte merveilleusement bien son nom. Même au milieu de cette sélection, sa brutalité reste presque obscène.

Le plus impressionnant est la façon dont Cryptopsy maintient tout ça debout. Les musiciens jouent à un niveau ahurissant, le disque fonce, trébuche volontairement, repart ailleurs… sans devenir un catalogue de prouesses. Il reste sauvage. Beaucoup de death metal technique impressionne. None So Vile, lui, donne encore envie de prendre un mur.

Gorguts, Obscura (1998)

Celui-là, il a fallu l’apprivoiser. Obscura n’est pas venu nous chercher dès la première écoute et il ne fait d’ailleurs pas beaucoup d’efforts pour être aimable. Les riffs grincent, se disloquent, semblent parfois prendre la mauvaise direction exprès.

Puis le langage de Gorguts devient plus lisible et le disque s’ouvre. Sa présence est probablement la plus facile à contester dans cette sélection. Pestilence ou Incantation auraient été des choix parfaitement défendables. Mais aucun n’aurait occupé cet espace étrange de la même façon. Alors Obscura reste.

Necrophagist, Epitaph (2004)

Ici, inutile de jouer au critique impassible. On adore Epitaph. C’est une tuerie.

Necrophagist joue avec une précision presque insolente. Les guitares cavalent, les solos surgissent partout et la difficulté technique pourrait facilement transformer l’ensemble en concours de virtuosité. Ça n’arrive pas. Les riffs ont trop de mordant.

Epitaph restera le deuxième et dernier album studio de Necrophagist. Il ferme aussi notre sélection, quinze ans après Altars Of Madness. Le death metal a beaucoup changé depuis 1989. Ces dix disques, eux, donnent toujours envie de monter le son.