Le doom metal des années 70 n’a jamais vraiment disparu. Mais rarement il avait semblé aussi vivant. En quelques années, Castle Rat et Green Lung sont passés des petites salles aux grands festivals, aux tournées internationales et aux classements de fin d’année. Tous deux puisent dans l’héritage de Black Sabbath, mais chacun en tire un univers bien à lui.
Castle Rat : le doom metal version heroic fantasy
Impossible de confondre Castle Rat avec un autre groupe. Mené par Riley Pinkerton, alias « The Rat Queen », le quatuor de Brooklyn construit autour de sa musique tout un royaume peuplé de créatures, de sorcières et de combats.
Sur scène, les costumes et les personnages sautent aux yeux, mais ils ne prennent jamais le pas sur la musique. Castle Rat s’appuie sur des riffs lourds, des guitares gorgées de fuzz et une forte influence de Black Sabbath et du proto-metal des années 70.
Into the Realm constitue une excellente porte d’entrée. Son successeur, The Bestiary, va plus loin encore dans la mise en scène comme dans l’écriture. Financé en seulement 37 minutes sur Kickstarter, l’album a confirmé que Castle Rat avait changé de dimension.
Green Lung : folklore britannique et orgues Hammond
Là où Castle Rat puise dans l’heroic fantasy, Green Lung préfère les légendes britanniques, les traditions païennes et l’imaginaire du folk horror.
Le groupe londonien marie les riffs hérités de Black Sabbath aux orgues Hammond dans l’esprit de Deep Purple et d’Uriah Heep, avec un goût prononcé pour les refrains amples et les ambiances occultes.
Avec Black Harvest, puis This Heathen Land, Green Lung a trouvé sa formule. Le groupe a depuis quitté le circuit DIY pour s’imposer sur de grandes scènes comme celles de Bloodstock et Download.
Pourquoi un tel engouement ?
Le succès de Castle Rat et Green Lung montre que ce retour aux années 70 ne se résume pas à la nostalgie. Les deux groupes s’approprient les codes du heavy metal classique — riffs massifs, sonorités vintage, production organique — sans se contenter de les reproduire.
Castle Rat en fait une fresque médiévale spectaculaire. Green Lung transforme le folklore britannique en matière musicale. Dans les deux cas, l’identité visuelle et narrative prolonge les chansons au lieu de les remplacer.
Par où commencer ?
Pour découvrir Castle Rat, commencez par Into the Realm, puis poursuivez avec The Bestiary. Chez Green Lung, Black Harvest et This Heathen Land offrent le meilleur aperçu de leur univers.
Les influences sont anciennes, mais le résultat ne sent jamais la naphtaline. Castle Rat et Green Lung prouvent surtout qu’il est encore possible de faire vivre l’héritage des années 70 sans tomber dans la copie. Pour les amateurs de Black Sabbath, de hard rock vintage et de doom metal, difficile de trouver meilleure porte d’entrée.