« Le Cantal, c’est metal » : trois jours au cœur du Furios Fest 2026

(Mis à jour le ) à 19h30
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« Le Cantal, c’est metal » : trois jours au cœur du Furios Fest 2026 © FouPouDav

L’été avance et nous nous approchons de la fin des vacances. Les festivals s’enchaînent et nous voici à Saint-Flour pour cet avant-dernier week-end du mois d’août.

Pour sa 6e édition, le festival metal du Cantal passe sur trois jours. Le Furios Fest accueille 3 500 festivaliers en moyenne, et a priori davantage cette année. 22 groupes en 2026, des stands de mets locaux, un salon de tatouage et des vendeurs de divers accessoires rock et metal pour être le plus beau dans le pit. Tout cela dans un esprit bénévole et familial.

Un camping est disponible dès la veille à l’extérieur de la ville. Des navettes gratuites pour le déplacement des campeurs sont mises à disposition. C’est le moment des retrouvailles pour les habitués, qui accueillent les nouveaux avec des conseils, certains arrivant tout droit du Motocultor.

Des amitiés se sont formées les années passées, des festivaliers habitant la ville viennent quand même au camping pour profiter du week-end avec les copains. Une auto-organisation se met en place pour que les uns puissent faire la fête et que les familles et les amateurs de tranquillité puissent cohabiter, un proto-Macumba en devenir… Des agents de sécurité sont présents et tout se passe dans une ambiance détendue.

Ce week-end promet d’être bien sympathique !

Pour les plus curieux, Saint-Flour est séparée en deux : une « ville haute » située sur un plateau volcanique à 900 m d’altitude. La « ville basse », au pied, sera le lieu des festivités. Pleine de charme et d’histoire, cette cité médiévale mérite d’en affronter l’ascension, avec en récompense une magnifique vue sur toute la vallée de l’Ander.

D’une association locale, « Cantal Crossbones », créée pour véhiculer le rock et la culture metal, nous sommes passés en quelques années à un festival régional, ayant accueilli entre autres Loudblast, Benighted, Shaârghot, Rise Of The Northstar, Locomuerte et No One Is Innocent, pour ne citer qu’eux.

Rendez-vous est donc pris à côté du stade de l’Ander pour ce festival en extérieur. D’ailleurs, les locaux nous avertissent que la météo est moins sympa à ce moment de l’été, mais on s’amusera bien quand même !

Live report et photos : FouPouDav.

Vendredi

Des bénévoles sont présents au camping le matin pour nous proposer un petit déjeuner et un peu d’électricité pour recharger nos appareils.

Monolyth pour ouvrir le festival avec leur death mélodique, sous la pluie, mission difficile ! En plus, leur guitariste lead est absent, les solos ont donc été repris par le deuxième guitariste. Le groupe de Beauvais va réussir à attirer le soleil durant le set et repartir en prenant la pluie avec lui. Merci, messieurs.

Au tour de Darken avec le générique de la série Vikings pour larguer les amarres. Vont-ils débarquer en bateau ? On est un peu loin de la côte, en plein centre de la France, et puis cela ne semble pas être la veine musicale. Après un split et une reformation post-Covid, ils viennent nous distiller leur heavy metal de la fin des années 80.

Le soleil a vraiment décidé de rester.

Lucie Sue débarque pour te casser la gueule, mais tout en couleur. D’ailleurs : « Qui est venu sans ses enfants comme un gros lâche pour éviter d’être embêté par les crises ? Vous savez, les enfants, c’est comme pour les chiens, faut leur parler en allemand, alors on a fait une chanson en allemand. » Oui, ça secoue. Premier slam, premier circle pit et premier pogo.

« On a remarqué qu’ici vous aimez la pluie et quand il pleut ça sent la vache. Vous aimez les cowboys ? Est-ce que vous trouvez que l’Alabama c’est metal ? (Quelques notes de Sweet Home Alabama) Est-ce que vous trouvez que le Cantal c’est metal ? Vous allez nous le prouver en nous faisant un wall of love avec plein de bisous et de câlins. » Les habitués du pit avaient surtout envie de bagarrer !

Sick N’ Beautiful, les petits-enfants sous OGM du Géant Vert ? Tout en noir et vert luminescent, jusqu’au moindre détail. La basse, en reliefs noirs et LED vertes qui font tout le tour du corps : son maître lui mettra des coups de cravache pour la faire sonner. Baguettes vertes pour la batteuse qui envoie du steak, va y avoir du sang sur les murs. Le guitariste tout en noir pour mieux faire ressortir son instrument d’un vert éclatant. Et que dire de la magnifique maîtresse de cérémonie aux tresses vertes ? Elle envoie ! Elle se couronne et rajoute du rouge à tout ce tableau. Elle prendra une fausse guitare métallique pour la passer à la disqueuse et envoyer quelques étincelles au visage de son bassiste accroupi à côté d’elle. Elle reviendra en prêtresse des enfers avec son grimoire dans lequel il y aura le feu quand elle l’ouvrira pour ses incantations. Il y a plein de détails sur chaque membre du groupe, et on passe tout leur passage à bien les observer. Pour ma part, belle découverte pour leur deuxième concert en France.

Pause déj, aujourd’hui c’est truffade, l’aligot ce sera pour les deux autres jours.

Un petit western pour préparer l’entrée d’High Parasite. Cette voix d’outre-tombe du chanteur tout de blanc vêtu… Quelque chose de non défini a-t-il pris possession de lui ? Le public, au vu de son côté contemplatif, semble avoir été contaminé au fur et à mesure de leur prestation.

De la contemplation, on passe aux revendications avec Tagada Jones. Ça va chauffer, ça tombe bien, la température extérieure a baissé. Des acrobates avec des bolas pour ouvrir le concert sur Gazoline.

« Est-ce que le Cantal a la rage ? »

Drapeau, ballons, avaleur de poignard, fumigène à main, homme sur des échasses. Un show circassien revendicatif. On a droit au titre éponyme du prochain album, À fleur de peau, et à un deuxième titre, Les Flammes de la fête. Cracheur de feu, combat de sabres enflammés : « Merci à nos performeurs humains qui remplacent les machines. Merci à la pluie, sinon ils n’auraient pas pu participer. » Fin bien lourde sur Cayenne en hommage à Parabellum. Vive les enfants de Cayenne !

Samedi

Matin brumeux et couvert après une nuit fraîche, mais le soleil a fini par apparaître, bien éclatant, avec un beau ciel bleu. La nature aime les métalleux.

Faith In Agony, groupe français bien cool, qui a l’air de prendre du plaisir sur scène, et c’est communicatif. Il lance le premier wall of death de la journée.

Hrothgar, c’est un ours qu’on entend durant les balances ? Ah non, le costaud du groupe est derrière la basse pourtant. On embarque sur leur drakkar et c’est parti pour du death metal bien burné. Fallait bien cette voix pour se faire entendre avec le kit de batterie assez conséquent derrière le chef viking. Les grands guerriers du Nord nous invitent à embarquer avec eux pour créer une nouvelle mythologie. Petite séance de rameur dans le pit avec tous les festivaliers, on prend la mer, direction le Valhalla ?

Quand tu vois le backdrop de Voorhees avec le masque de Vendredi 13, tu te prépares à te faire fumer. Ça tombe bien, c’est du death metal old school, inspiré des films d’horreur et fantastiques des années 70-80. Entrons dans leur univers, mais attention, on va peut-être croiser des tueurs en série dans le pit.

Pour nos jeunes des années 80, « Wango Tango », cela vous rappelle quelque chose ? Eh oui, dans la zone merch du festival, nous avons Francis Zégut, animateur de l’émission radio consacrée au hard rock, qui présente ses BD pleines d’anecdotes. On a pu déceler une pointe d’émotion chez nos anciens qui ont eu la surprise et surtout le bonheur de le croiser.

Pour se remettre de nos émotions, un peu de stoner avec 7Weeks. Le trio guitare, basse/chant, batterie se défend pas mal et tente de nous séduire avant la sortie de son nouvel EP en septembre.

Allez, viens te faire claquer par le metal indus de Zuul FX ! Le chanteur en impose et te secoue la tronche avec sa grosse voix, bien suivi par son trio à la batterie, à la guitare et au clavier. Et nos mosheurs se réveillèrent. Une petite dose de fureur pour cette fin d’après-midi.

Sun Brutal Pop arrive toute dorée, avec ses boys en capuche noire brillante, pour nous distiller quelques paillettes métalliques. En effet, on a droit à une pop teintée de metal, elle passe d’une voix claire à une voix plus caverneuse en un rien de temps. Allez, brutalisons les Destiny’s Child avec une reprise de Survivor.

« Faites du bruit pour tous les chelous ! » Tout en s’accordant, Sun nous livre quelques éléments de sa vie et de son parcours pour nous expliquer son univers. Et un wall of death popé pour finir. Public séduit.

Au tour des Suédois de Greenleaf de nous montrer ce qu’ils ont dans le buffet. Prenons la route au son de leur hard rock/stoner. Scène complètement enfumée, avec nos brumes matinales du Cantal ? Où vont-ils nous conduire ? Un petit passage avec une bouteille de bière pour faire office de médiator pour le guitariste. Les étoiles de leur backdrop appellent celles du ciel du Furios Fest en ce début de nuit, voilà le bout du voyage.

Lordi nous arrive directement de Finlande où ils étaient en concert la veille. Ce sont les organisateurs qui ont dû enfin respirer quand ils sont arrivés à Saint-Flour. Bienvenue dans la France du terroir ! 20 ans de l’album The Arockalypse et de leur victoire à l’Eurovision, ce devait être une sacrée surprise à l’époque. Mais qu’est-ce donc ? Des Predators, des orcs, des mutants hard rockeurs ?

Mr. Lordi n’a pas su choisir entre ses deux vocations : la musique, côté hard rock/metal, et le cinéma, côté maquillage et effets spéciaux. On saupoudre tout ça avec les codes des années 80. Un peu kitsch mais marrant dans le fond. En tout cas, notre illusionniste aime l’interaction avec le public et cela fonctionne bien. « Ouiiii, olalaaaa. » Chapeau, drapeau français et hache-micro pour Hard Rock Hallelujah. Bien drôle pour conclure cette deuxième journée, et les enfants sous le charme.

Dimanche

Dernière journée, depuis la veille White Sofa affiche un rendez-vous pour 16 h : « Venez pour un wall of death légendaire. » Rendez-vous est pris.

Mais pour commencer cet après-midi, c’est Tellure qui s’y colle. Un duo quasi local puisqu’ils sont de Clermont-Ferrand. Leur nom de scène comme la fusion de plusieurs influences, précieuses et plus lourdes. Un bon p’tit rock tranquillou comme un café pour réveiller en douceur les fêtards de la veille.

Allez, maintenant que tu es là, viens te réveiller avec la rugosité de Jiro, mais quelques harmonies quand même, on n’est qu’au début d’après-midi. Puissant, brut, les Franciliens nous ancrent bien dans leur réel.

C’est au tour de White Sofa, viens t’allonger sur le canapé, on va te susurrer des « maux » doux. Chant râpé en français. Public clairsemé dans le pit, ça va être difficile de lancer un wall of death légendaire…

Au tour d’une petite balade stoner avec les Italiens de Supernaughty. Un peu plus de monde devant la scène et ça lance une mini-ronde tout en douceur pour commencer. Le chanteur parle plutôt bien français, bel effort, merci Monsieur. « On va se préparer à un circle pit quand je dis go », avec ce petit accent, il veut amplifier le mouvement. Ça nous donne un stoner pit agité, ce qui annonce peut-être le prochain groupe.

Cage Fight, groupe londonien aux racines hardcore et brutales. Et on va être servis, la chanteuse française Rachel Aspe (ex-Eths) a une voix impressionnante. On aura droit à deux feats, le premier avec le chanteur de Benighted et le deuxième avec Hyro, qui se chauffe pour la suite ? La poussière du pit se lève, que ça fait du bien de s’agiter un coup.

Au tour de Hyro The Hero donc. Chant hip-hop sur du metal. Micro qui vole, guitariste et bassiste qui se font pogoter, il a l’air tout nerveux ce chanteur malgré son air sympathique. Public un peu clairsemé au début. Mélange trop atypique ou est-ce juste l’heure de goûter aux spécialités de la région ? Hyro descend dans la fosse pour pogoter et créer un wall of death. Hop, un petit Cypress Hill, ça rend toujours dingo. La chanteuse de Cage Fight remonte sur scène pour le feat retour. Ça bagarre bien dans le public sous une petite pluie fine. Reprise de Limp Bizkit et aussi de Rage Against The Machine. On était sceptiques mais ça a pris. Il est allé la chercher son ambiance !

Petit interlude pour présenter le gagnant de la tombola. Une guitare électrique signée par Tagada Jones, Lordi et Paradise Lost.

Un décompte pour commencer et au tour du gros son avec Florence Black, le trio gallois. Contrairement au nom du groupe, nous ne voyons sur scène que des hommes. Set tout en puissance, bien contrôlé et bien mené. Leur rock déménage bien. Scène toute embrumée et spots aux couleurs chaudes, visuellement cela marche très bien en ce début de nuit. Le petit Ace Of Spades qui va bien, c’est toujours plaisant quand c’est bien fait.

Pour finir ces trois jours de festival, essayons de profiter une dernière fois du paradis avec Paradise Lost. Le doom metal des Britanniques nous met dans une ambiance de fin de fest. Mais rassurons-nous, on pourra revenir l’année prochaine.

Et c’est la fin de ce Furios Fest, démontage le lendemain, les derniers mots et les au revoir avec les copains du week-end. Et les « à l’année prochaine ». Festival à taille humaine, tous les âges, des familles. C’était bien cool. Les festivaliers étaient plutôt bon esprit, et la cohabitation s’est très bien passée.

Merci à toute l’organisation, aux bénévoles, aux agents de sécurité et à tous ceux qui ont fait de ce week-end un bon moment. Et n’oubliez pas : « le Cantal c’est metal » !