Virtuose salué pour ses rafales en aller-retour et la précision de son phrasé, Jason Richardson a longtemps fondé sa progression sur une maîtrise méthodique de la théorie musicale. Derrière chaque plan millimétré se cachaient des heures d’étude acharnée. Mais au fil de son ascension, le guitariste américain a progressivement réévalué ce rapport presque obsessionnel au savoir académique afin de laisser davantage de place à l’instinct.
Une révélation en pleine ascension
Dans un entretien accordé à Guitar World, Richardson revient sur ses années de formation, vécues comme une quête permanente de perfection. Il évoque des pauses déjeuner consacrées au travail technique, des doigts étirés pour gagner en amplitude, ainsi qu’une immersion totale dans la théorie.
L’investissement est tel que, lycéen, son professeur lui confie la correction des copies de ses camarades. Puis, alors qu’il évolue au sein de Born Of Osiris et travaille sur The Discovery (2011), une révélation vient ébranler ses certitudes. Il explique : “J’ai découvert que certains de mes musiciens préférés ne connaissaient pas vraiment grand-chose à la théorie. Ils jouaient simplement ce qui sonnait bien.”
Le constat agit comme un électrochoc. Il poursuit : “C’est à ce moment-là que j’ai eu ce déclic. Je me suis dit : ‘Attends une seconde. Quoi ? Non ! Je vais juste jouer si ça sonne bien.’”
Théorie, outil et non dogme
Pour Richardson, il ne s’agit pas de renier l’apprentissage, mais de le replacer à sa juste mesure. Il résume : “C’est de la théorie. Ce n’est pas une loi.” Il évoque également un conseil entendu lors d’un camp de John Petrucci, relayé par Al Di Meola : “Apprenez autant de théorie que possible, puis oubliez-la.”
Désormais, il s’appuie sur ces connaissances pour gagner en efficacité. Elles structurent ses harmonisations et orientent ses choix lorsqu’il transpose ou superpose des plans techniques, sans pour autant enfermer son jeu dans un carcan théorique.
Nouvelle ère en solo
Après avoir quitté All That Remains en 2025 afin de se consacrer à ses projets personnels, Richardson poursuit sa trajectoire en solo. Il a récemment présenté une version huit-cordes de son modèle signature Ernie Ball Music Man, ainsi qu’une déclinaison Sterling by Music Man.
La théorie demeure au cœur de son travail de transcription et de composition, mais elle accompagne désormais son inspiration plutôt qu’elle ne la contraint.
