Daron Malakian brise les espoirs d’un retour en studio pour System Of A Down, évoquant une évolution musicale interrompue et une dynamique de groupe toujours aussi fragile.
“Nous n’avons pas pu continuer cette évolution” : Daron Malakian revient sur le blocage créatif de System Of A Down
Invité du podcast Talk Is Jericho, Daron Malakian se montre lucide sur l’avenir discographique de System Of A Down. Le guitariste et compositeur principal estime qu’un nouvel album semble peu probable, non pas par manque d’inspiration, mais à cause de l’interruption de l’évolution artistique du groupe après Hypnotize en 2005.
“On aurait pu le faire, et il aurait peut-être été bon. Mais il y avait une évolution entre chaque album, et cette évolution a été stoppée net avec notre pause. C’est ce que je regrette le plus”, confie-t-il. Malakian considère que System Of A Down aurait pu continuer à développer son identité musicale, là où d’autres groupes répètent la même formule : “Nous aurions gardé notre son, tout en prenant une direction différente”.
Depuis la fin de sa pause en 2011, le groupe n’a enregistré que deux morceaux inédits : Protect The Land et Genocidal Humanoidz, publiés en 2020 pour soutenir l’Arménie en pleine crise humanitaire. Ces titres sont, à ce jour, les seuls signes concrets d’une collaboration studio entre les membres de System depuis deux décennies.
Une popularité intacte, mais une dynamique toujours bancale
Malgré l’absence de nouvel album, la popularité de System Of A Down ne faiblit pas. “C’est fou à quel point les gens s’intéressent encore à nous. Nous venons tout juste de jouer dans des stades pleins à craquer en Amérique du Sud, c’était complètement fou”, raconte Malakian, encore tout excité par la récente tournée du groupe. Des vidéos de leur concert à Lima montrent des fans euphoriques devant des raretés comme 36 ou Mind, jouées pour la première fois depuis plus de 20 ans, comme évoqué dans cet article.
Pour Daron, ce lien avec le public repose sur la rareté des apparitions du groupe : “Les gens pensent que ce sera peut-être la dernière fois qu’on joue. Rien n’est calculé, c’est juste comme ça que les choses se passent”. Il observe aussi un renouvellement générationnel : “On joue devant des jeunes nés après Mezmerize et Hypnotize, et pour eux, c’est quelque chose de nouveau. J’en suis très reconnaissant”.
Un consensus impossible en studio ?
Les réticences de Daron Malakian font écho à celles de Serj Tankian et John Dolmayan, qui ont récemment exprimé leurs doutes concernant un nouvel album. Dans une interview, Tankian évoquait l’échec d’une tentative de réforme interne à travers un “manifeste” prônant un fonctionnement plus égalitaire, comme rappelé ici.
“J’ai essayé d’instaurer des principes égalitaires, mais apparemment, ça ne fonctionne pas dans un groupe de metal”, expliquait Tankian en riant. Quant à Dolmayan, il déclarait en avril : “Je ne sais même pas si j’en ai envie à ce stade. Il y a trop de tensions”, comme on peut le lire dans cet article précédent.
Seul Shavo Odadjian continue d’espérer un retour en studio, à condition que le projet soit à la hauteur. Pour l’instant, rien ne laisse penser qu’un terrain d’entente sera trouvé.
Scars On Broadway : une alternative créative assumée
En parallèle, Daron Malakian s’investit pleinement dans Scars On Broadway. Le projet revient cette semaine avec un nouvel album, Addicted To The Violence, dont la sortie est prévue le 18 juillet. Le disque, entièrement composé, produit et en grande partie interprété par Malakian, s’annonce sans compromis, comme évoqué dans cet article.
“Je ne me fixe aucune limite. Je compose comme je respire. Chaque chanson reflète une émotion, un moment de vie”, affirme-t-il. Avec des titres comme Killing Spree ou The Shame Game, l’album s’annonce plus cathartique et politique que jamais.
Alors que System Of A Down continue de briller sur scène, son avenir en studio reste incertain. Mais pour Daron Malakian, l’essentiel est ailleurs : continuer à créer, avec ou sans ses illustres acolytes.