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System Of A Down : Les 4 fantastiques Arméniens du Metal !

System Of A Down est un groupe qui nous vient tout droit de Californie, aux racines qui plongent dans l’antique Arménie. Formé en 1994, le style du groupe est unique en son genre, des riffs de guitare aussi bien Heavy que Neo Metal entre autres, des mélodies et des rythmes s’inspirant du folklore arménien, le tout saupoudré de paroles poétiques et engagées ! Les styles musicaux explorés par le groupe vont du Rock Alternatif au Thrash Metal bien intense, tout en passant par un panel éclectique d’instruments pour ne citer que la mandoline électrique, l’oud, le sitar et autres claviers et synthétiseurs… System Of A Down a indéniablement brisé les codes et les frontières classiques du Rock et du Metal pour toucher un public bien plus vaste et a réussi à s’imposer comme une référence et un groupe novateur malgré une discographie plutôt courte.

Les premiers pas et la consécration de l’objet musical non identifié : SOAD

L’histoire du groupe commence par une amitié de longue date entre Serj Tankian (chant) et Daron Malakian (guitare). Ces deux artistes en herbe ont souhaité s’investir pleinement dans l’industrie musicale et ont donc créé leur propre groupe nommé, Soil. Dès le départ, ils ont été ambitieux et ont engagé un manager, Shavo Odadjian, pour gérer leur carrière. Cependant, le courant est tellement bien passé qu’il a fini par rejoindre le groupe en tant que bassiste.

Ils ont commencé à écumer les concerts dans les petites salles et les bars, mais sans grand succès, et alors que le groupe Soil a implosé, les trois compagnons ont cherché à se renouveler et à repartir sur de nouvelles bases. La quête d’un nouveau nom de groupe s’est imposée et le guitariste Daron a alors eu l’idée de Victims Of A Down, mais Shavo les a convaincu de le modifier en System Of A Down, qui était susceptible de toucher un public plus large et qui, sur un catalogue alphabétique, les rapprocherait d’une de leurs idoles : Slayer. Ainsi en 1994, System Of A Down est né et quelques années plus tard, rejoint par John Dolmayan à la batterie, le groupe était finalement au complet.

Le groupe a été remarqué par un certain Rick Ruben, qui a décidé de signer immédiatement System Of A Down, tellement il a été subjugué par leur originalité et leur talent. Bien des années plus tard, il déclara :

Je les ai vus jouer au Viper Room à Los Angeles, il y avait 200 personnes […]. C’était la chose la plus amusante et la plus extrême que j’aie jamais vue de ma vie – des danses folkloriques arméniennes sur des riffs de Metal et des paroles politiques criées à tue-tête. D’ailleurs, il y a certaines règles du Metal que la plupart des groupes suivent, et SOAD a littéralement oblitéré ces règles, n’hésitant pas à jouer des rythmes arméniens, incorporant la musique folklorique dans le Metal, etc. […] C’est le genre de groupe qui ne se conforme pas du tout à ce que vous attendez, mais ils étaient si bons, ils ont transcendé le fait de ne pas se conformer, et c’est le genre d’artiste que j’aime ! Tout comme RATM… ce sont ces groupes révolutionnaires qui changent le monde.

Fin 1997, le groupe a signé avec American, distribué par Columbia Records, et a été récompensé par les Rock City Awards comme meilleur groupe de Rock. Ensuite, il a sorti son premier album éponyme à l’été 1998. La puissance de cet opus et son originalité en font un succès immédiat et massif. L’écriture musicale et les paroles sont littéralement habitées par un esprit ancien qui s’est emparé du Metal. La contamination des auditeurs est inflexible ! Sugar et Spiders sont les deux succès radiophoniques qui propulsent le groupe sur le devant de la scène Metal et le groupe se retrouve à faire la première partie de Slayer, à jouer aux côtés de Fear Factory et Incubus et à participer à l’Ozzfest. System Of A Down devient disque de platine peu de temps après, bien que sa renommée soit relative.

System Of A Down
© Greg Watermann

Sans répit et après trois années de tournées où la notoriété du groupe est allée crescendo, en 2001, le groupe nous a gratifié de son deuxième opus, Toxicity. La concurrence a été anéantie, System Of A Down a réussi à toucher un public bien au-delà des frontières classiques du Rock et du Metal. Le titre Chop Suey a été un succès immédiat sur les ondes radio sans oublier la myriade de titres qui sont devenus des classiques : Prison Song, Forest, Science, Needles, Psycho, Jet Pilot, Shimmy ou encore ATWA. Est-il nécessaire de présenter les titres mythiques, Aerials et Toxicity ?

Pour la sortie de Toxicity, le 3 septembre 2001, le groupe a décidé de jouer le nouvel album lors d’un concert gratuit sur un parking d’Hollywood. Entre 7 000 et 10 000 personnes se sont présentées, ce qui a largement dépassé la capacité de l’organisation de l’événement et la police a dû ordonner l’annulation du concert. Alors que le chaos régnait et qu’aucune annonce officielle n’avait été faite au public qui avait attendu pendant plusieurs heures, les fans ont finalement sauté sur scène et détruit le matériel pour montrer leur mécontentement. Outre les dégâts matériels, l’événement a dégénéré en une émeute qui a été réprimée par la police et a duré près de six heures.

Toxicity et son savant mélange de Metal, Neo et Heavy entre autres, le tout saupoudré de l’ancienne culture arménienne pour les mélodies et les rythmes, avec des textes révoltés à la sauce Rage Against The Machine et sacrément pleins de folie et de bizarrerie, a donné naissance à un véritable chef-d’œuvre ! Le succès a été mondial. L’album a été certifié platine dans six pays et or dans sept autres. Pour la petite histoire, Toxicity a ensuite été certifié platine cinq fois en Australie et trois fois aux États-Unis.

Le groupe a continué sa course effrénée de tournées à travers le monde, notamment une tournée d’anthologie avec Slipknot et Rammstein en 2002, Pledge of Allegiance Tour. Après quelques premiers projets personnels menés par Serj Tankian et Daron Malakin de manière indépendante, System Of A Down a fait un retour plutôt forcé avec son troisième album, Steal This Album!, en 2002.

System Of A Down
© Greg Watermann

L’indéniable légende et la fin de l’épopée : SOAD

En 2002, le groupe a fait une sorte de retour forcé. En effet, des morceaux enregistrés lors des sessions de Toxicity ont fait l’objet de fuites sur Internet et ont été tellement partagés et appréciés que le groupe a été contraint de faire une déclaration. System Of A Down a confirmé que ces morceaux avaient été écartés de la version finale de Toxicity, et qu’ils avaient tous fini sur l’album suivant qui méritait bien son nom : Steal This Album !

Cet album a été dans la continuité, malgré certaines critiques qui ont fait part d’un manque d’originalité par rapport aux albums précédents, il n’en reste pas moins un projet abouti et une pièce maîtresse de la discographie du groupe. Effectivement le succès commercial a été bien en deçà de celui de Toxicity. Avec le recul et la connaissance des événements qui ont suivi, il est maintenant facile de remarquer les dissensions qui sont apparues au sein du groupe et qui se reflétaient déjà dans sa créativité musicale.

Quoi qu’il en soit, ce troisième album n’a pas échappé à la règle et a gratifié les fans d’un nouveau florilège de titres emblématiques tels que Innervison, Boom!, Mr. Jack, Fuck The System et I-E-A-I-A-I-O, pour ne pas citer l’ensemble de la liste des titres. Le vidéo-clip de Boom! a été réalisé par Michael Moore et était un pamphlet à l’encontre de la guerre d’Irak, menée par les États-Unis.

Selon diverses rumeurs, le groupe aurait traversé une crise et le chanteur cofondateur, Serj Tankian, n’aurait pas voulu s’investir davantage dans System Of A Down, tel qu’il était alors. Plus tard, une partie du fond de l’histoire a été révélée : Serj voulait quitter le groupe faute de pouvoir le faire évoluer, il y avait une véritable rupture tant sur le plan artistique que financier… Les trois autres membres du groupe ont dû convaincre leur chanteur de participer à l’enregistrement des deux albums suivants et de continuer les tournées.

Malgré les tumultes et les secousses internes, System Of A Down, toujours avec l’appui de Rick Ruben, nous a gratifié en 2005 d’un album en deux parties : Mezmerize qui est sorti en mai et Hypnotize qui lui est sorti en novembre. Avec ces opus, le groupe a intégré le cercle très fermé des artistes qui ont réussi à classer deux albums en première position des charts durant la même année, cercle jusqu’alors composé de Guns N’ Roses, The Beatles, DMX et 2Pac.

Mezmerize, le premier volet, a constitué une autre onde de choc, même s’il s’agit de la création la plus courte de toute la discographie, à peine plus de 36 minutes. Cet opus a connu un succès phénoménal, atteignant la première place des charts dans neuf pays, et étant certifié platine dans sept pays et or dans neuf autres.

Le single B.Y.O.B. a été récompensé par les Grammy Awards dans la catégorie Meilleure performance Hard Rock une année plus tard, en 2006.

Tout l’ADN de System Of A Down a été mis à profit, et Mezmerize s’est engouffré un peu plus dans la folie et l’expérimentation musicale, ce qui n’a pas empêché cet album de décevoir certains fans qui n’ont pas réussi à retrouver musicalement le groupe qui les avait fait vibrer.

Le second volet, Hypnotize, a été un autre succès au cours de cette année 2005, bien qu’il ait été plus léger que Mezmerize. Les deux volets formaient un ensemble homogène, pour le moins déroutant et parfois un peu bancal, mais ils ont été un véritable succès commercial et scénique !

Un an seulement après la sortie de leur dernier album à ce jour [2021], System Of A Down a officiellement annoncé qu’ils faisaient une pause et mettaient leur existence en suspens pour une période indéterminée. Les divergences ont fait des ravages au sein de ce mastodonte du Metal et elles ont été trop profondes pour être surmontées.

À coups d’interviews et de déclarations, les membres du groupe se sont écharpés au fil des années, dans une certaine mesure.

Les lots de consolation des fans ont été les différents projets qui ont découlé de l’arrêt de System Of A Down, que ce soit Scars On Broadway (avec Daron Malakian et John Dolmayan), la carrière solo de Serj Tankian ou les projets Hip-Hop de Shavo Odadjian.

Après l’annonce de sa pause, System Of A Down s’est reformé à plusieurs reprises pour partir en tournée et, malgré son manque de nouvelles propositions musicales, a toujours joui d’une notoriété inébranlable qui a rempli les salles de concert et les festivals du monde entier.

En novembre 2020, quinze ans après ses derniers albums, Mezmerize/Hypnotize, System Of A Down a enfin gratifié son public de nouvelles créations. Protect The Land et Genocidal Humanoidz ont été le résultat de la reformation exceptionnelle du groupe, en raison des événements tragiques et de la guerre qui ont touché sa terre natale, l’Arménie. Tous les bénéfices, soit un peu plus d’un demi-million de dollars, ont été reversés à des associations et des organismes d’aide humanitaire au profit des populations d’Arménie et du Haut-Karabakh.

C’est une histoire exceptionnelle et tragique, mais propre à l’humanité, qui a réuni les 4 fantastiques Arméniens du Metal pour quelques nouvelles chansons ! System Of A Down a marqué l’histoire du Metal et a fait avancer ses frontières dans une démarche expérimentale et novatrice. Le groupe est resté dans les mémoires comme l’une des machines les plus efficaces pour des performances scéniques dantesques. Est-ce pour autant le point final de cette épopée ?

Les anecdotes sur System Of A Down