Alors que certains annoncent la mort du rock, Tobias Forge affirme le contraire : pour le leader de Ghost, de nouvelles têtes d’affiche émergeront et l’interdiction des téléphones a profondément transformé l’expérience scénique du groupe en 2025.
“Il y aura davantage de têtes d’affiche” : Tobias Forge refuse de croire que le rock est mort
Dans une récente interview accordée à Consequence, Tobias Forge, cerveau du groupe Ghost, a répondu aux nombreuses voix, dont celle de Gene Simmons, qui clament depuis des années que le rock est mort. Pour lui, cette affirmation ne résiste pas à l’examen : “Je pense qu’avec le temps, il y aura davantage de groupes capables d’être têtes d’affiche”, a-t-il déclaré.
Forge concède que la scène rock a perdu plusieurs figures majeures ces dernières années, notamment Kiss, mais il voit dans cette disparition une opportunité pour de nouveaux groupes de se hisser au sommet. Selon lui, le problème vient surtout de notre rapport au temps et des perceptions générationnelles : “Tout ce qui a émergé après les années 2000 continue d’être perçu comme ‘nouveau’, surtout par ceux qui étaient dans la trentaine ou la quarantaine à l’époque et ont maintenant 50 ou 60 ans”, explique-t-il.
Il illustre son propos avec une mise en perspective simple : “Si notre premier album était sorti en 1980, et qu’on était en 1995, on serait considérés comme un vieux groupe. C’est pareil aujourd’hui. Nos fans de 15 ans nous voient comme un groupe établi, et ils ont raison.”
“Bouleversement radical” : l’interdiction des téléphones a tout changé pour Ghost
Au-delà du débat sur l’avenir du rock, Tobias Forge a aussi pris une décision radicale cette année : interdire les téléphones dans la salle pendant les concerts de la tournée SkeleTour, grâce au système de pochettes Yondr. Cette mesure, qui a suscité quelques hésitations côté production, s’est révélée décisive pour le groupe : “Ça a complètement changé la vie du groupe. Dès le premier soir, on a senti que tout était différent”, a-t-il confié lors d’une session de questions/réponses à Birmingham, le 4 juillet dernier.
Le chanteur refuse d’accuser frontalement les spectateurs, mais il dénonce un phénomène d’accoutumance nocive : “Chacun se dit que ça ne dérange pas s’il prend juste une photo. Mais au final, ça fait des milliers de téléphones levés, et l’énergie du concert en pâtit. À un moment, je me suis dit : si c’est comme ça, je préfère arrêter”.
Forge insiste sur l’importance de l’échange émotionnel entre le public et le groupe : “Notre show est très construit, avec peu de place pour l’improvisation. Il repose sur cette connexion avec la foule. Sans ça, c’est comme un fil qui casse”.
Une tournée monumentale pour un album au sommet
La tournée actuelle accompagne la sortie de Skeletá, le sixième album de Ghost, dévoilé le 25 avril dernier. Il s’agit d’un disque introspectif centré sur des thèmes comme la perte, l’amour ou l’espoir, que Tobias Forge a écrit après une période de burnout fin 2024, comme il l’avait confié dans une interview avec Metal Hammer.
Skeletá s’est hissé à la première place du Billboard 200, avec plus de 44 000 vinyles vendus en une semaine — un exploit salué dans cet article. En France, l’album a atteint la quatrième place du Top Albums. Le groupe continue d’enchaîner les dates à guichets fermés, et a notamment donné un concert immersif à Paris le 13 mai, dans une ambiance “sans téléphones” favorisant la communion totale.
La scénographie de la SkeleTour, conçue par Tobias Rylander, transforme chaque concert en véritable opéra rock gothique, avec une scène inspirée de l’architecture brutaliste et une croix monumentale suspendue au-dessus du groupe.
Si certains doutent encore de l’avenir du rock, Ghost prouve chaque soir qu’il peut toujours briller — à condition de savoir évoluer, comme l’a fait Tobias Forge, en conjuguant ambition artistique, lucidité et investissement total.
