“F*ck Spotify” : King Gizzard retire toute sa musique de la plateforme en raison des investissements de son PDG dans des drones militaires

à 14h09
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“F*ck Spotify” : King Gizzard retire toute sa musique de la plateforme en raison des investissements de son PDG dans des drones militaires
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Le groupe australien King Gizzard & The Lizard Wizard a décidé de retirer toute sa musique de Spotify, dénonçant les investissements de son PDG dans la technologie des drones militaires pilotés par intelligence artificielle.

Une prise de position radicale contre l’éthique de Spotify

Dans une publication Instagram, King Gizzard & The Lizard Wizard a annoncé que son prochain recueil de démos serait disponible “partout sauf sur Spotify”, ajoutant un cinglant “fuck Spotify”. Quelques heures plus tard, les musiciens ont confirmé avoir retiré l’ensemble de leur catalogue – plus de 500 titres – de la plateforme de streaming, expliquant : “Un petit rappel pour ceux qui ne le savent pas : Daniel Ek, PDG de Spotify, investit des millions dans la technologie des drones militaires propulsés par l’IA. Nous venons de retirer notre musique de la plateforme. Peut-on faire pression sur ces tech bros à la Docteur Denfer pour qu’ils s’améliorent ? Rejoignez-nous ailleurs.”

Des tensions croissantes entre Spotify et les artistes

La décision de King Gizzard & The Lizard Wizard s’inscrit dans un climat de méfiance croissante envers Spotify. Plusieurs artistes du rock et du metal ont récemment dénoncé les pratiques économiques de la plateforme, de la faible rémunération des streams à la montée en puissance de contenus générés par l’IA. Burton C. Bell (ex-Fear Factory) déclarait déjà en 2024 : “Daniel Ek engrange des milliards sur le dos des artistes”, avant de supprimer son post, comme évoqué ici.

Les inquiétudes autour de l’intelligence artificielle, déjà soulevées dans cet article, s’accentuent avec la prolifération de chansons créées automatiquement et parfois publiées à l’insu des artistes. En août 2024, plus d’une vingtaine de groupes de metalcore avaient été touchés par des uploads frauduleux, comme détaillé ici.

Malgré un récent partenariat entre Spotify et Universal Music Group visant à restructurer la plateforme autour d’un modèle plus équitable pour les artistes, annoncé dans cet article, de nombreuses voix continuent de dénoncer un déséquilibre profond du pouvoir dans l’industrie musicale.

Un acte militant aux résonances collectives

Au-delà de la question économique, le geste de King Gizzard & The Lizard Wizard cristallise une forme de rejet éthique. Les investissements de Daniel Ek dans la société Helsing, spécialisée dans la technologie de défense basée sur l’IA, sont perçus par certains comme incompatibles avec les valeurs humanistes que de nombreux artistes souhaitent défendre.

En appelant leur public à “faire pression” sur les dirigeants de la tech, les musiciens australiens rejoignent d’autres figures du secteur comme Ash Avildsen (Sumerian Records), qui appelait récemment à une forme d’union des artistes contre les abus des plateformes et des grandes maisons de disques, un sujet abordé dans cet article.

Reste à savoir si cette prise de position (relativement) isolée marquera un tournant plus large dans les rapports entre artistes et plateformes numériques. En attendant, les fans de King Gizzard devront désormais se tourner vers d’autres services pour écouter leur musique… ou soutenir leurs futures sorties en physique.