En pleine tournée nord-américaine, le guitariste de System Of A Down souhaite rappeler que la musique du groupe ne se résume pas à son engagement politique. Daron Malakian plaide pour une lecture plus nuancée de leur œuvre, où l’humour occupe une place importante souvent négligée par les fans.
L’humour, parent pauvre de la réception critique
Dans une récente interview accordée à Metal Hammer, Daron Malakian exprime sa satisfaction de voir certains observateurs reconnaître cette facette méconnue : “J’apprécie que vous remarquiez l’humour [dans SOAD]. Les gens restent souvent bloqués sur l’aspect politique.”
Cette réduction systématique agace le musicien, qui rappelle que les quatre membres ne forment pas un bloc idéologique uniforme. “Quand certains membres du groupe expriment leurs opinions politiques, les gens imaginent que nous partageons tous les mêmes idées que Serj ou John”, précise-t-il. Une simplification qui occulte la richesse des personnalités au sein du quatuor californien.
Une approche créative instinctive
Pour illustrer cette spontanéité créative, Malakian évoque l’écriture du controversé Cigaro : “Je n’ai pas vraiment écrit sur un papier ‘Mon sexe est bien plus gros que le tien !’. J’ai juste dit ça pendant que je jouais un riff et je me suis dit : ‘OK, je ne sais même pas ce que ça veut dire.’ Mais c’est ce que je ressentais à ce moment-là.”
Cette méthode instinctive découle de sa conception de l’art : “La vie n’est pas monolithique. Elle mélange bonheur, tristesse, humour, gravité… Il faut exprimer toutes ces facettes car elles coexistent en nous.” Le guitariste revendique ainsi le droit à la contradiction et à la complexité émotionnelle, refusant de cantonner System Of A Down à un registre unique. Cette philosophie s’étend également à Scars On Broadway, son projet parallèle qui partage ces “différentes couches d’émotions, de personnalité et de sentiments”.
Entre hommages et nouveaux horizons
Ces réflexions accompagnent la mini-tournée nord-américaine du groupe, lancée fin août au MetLife Stadium avec un hommage rendu à Ozzy Osbourne. Il ne reste plus que deux dates à Toronto, avec Deftones et Polyphia en première partie.
Parallèlement, Malakian assure la promotion d’Addicted To The Violence, le troisième album de Scars On Broadway qui marque son retour après sept ans de silence. Un projet qui lui offre une liberté créative totale, loin des attentes parfois pesantes liées à l’héritage de System Of A Down.
