Une interview inédite de Lemmy Kilmister, récemment dévoilée par Classic Rock, révèle le regard acerbe du leader de Motörhead sur la religion et l’existence de Dieu. Un témoignage sans filtre, à l’image de l’homme derrière la légende.
Lemmy, Dieu et la religion : “Peut-être qu’il a perdu la tête”
Dans cette ancienne interview récemment publiée par Classic Rock, Lemmy se montre particulièrement virulent lorsqu’il évoque la religion. Bien que fils d’un vicaire — qui a quitté le foyer familial alors qu’il n’avait que trois mois —, le frontman ne mâche pas ses mots : “Je déteste franchement la religion. Elle est à l’origine de toutes les souffrances dans le monde, depuis qu’on a trouvé la première pierre à adorer.”
Il élargit sa critique aux idéologies totalitaires, qu’il assimile à des croyances religieuses : “Le nazisme et le communisme sont aussi des religions, avec Hitler et Staline en guise de dieux. Même l’Empire britannique avec Victoria élevée au rang de divinité, c’est le même principe.”
À ses yeux, l’état du monde contredit l’idée d’un Dieu bienveillant : “Si Dieu existe, il ne fait pas bien son boulot. Il ferait mieux de prendre sa retraite et de laisser la place à un plus jeune. Peut-être qu’il a perdu la tête, comme George III.”
Puis il lâche, avec le sarcasme qu’on lui connaît : “Une vierge enceinte d’un fantôme ? Si Joseph a cru à ça, il méritait de finir dans une étable.”
Un anticonformiste jusqu’au bout… devenu révérend malgré lui
Avec son franc-parler habituel, Lemmy révélait pourtant avoir été ordonné ministre par une église universelle sur Internet, afin d’unir un couple de fans au Rainbow, son bar fétiche de Los Angeles : “Ce type, un ancien militaire, tenait à ce que ce soit moi. Il m’a inscrit sur un site pour que je puisse les marier. Du coup, je suis le révérend Lemmy Kilmister. Mais ce n’est pas une vocation.”
Cette publication survient alors que l’année 2025 est marquée par de nombreux hommages à Lemmy, à l’occasion du 50e anniversaire de Motörhead. Une statue a été dévoilée en mai à Stoke-on-Trent, sa ville natale, lors de la journée “Lemmy Forever”, en présence de Phil Campbell. Le culte de Lemmy ne faiblit pas, dix ans après sa disparition.
Entre irrévérence assumée et lucidité mordante, Lemmy n’a jamais cherché à plaire — seulement à dire ce qu’il pensait. Sa voix résonne encore, intemporelle, dans chaque riff de Motörhead comme dans ces interviews qui refusent de vieillir.