Le groupe Gwar fait de nouveau parler de lui après avoir mis en scène l’ »éventrement » de Donald Trump et la « décapitation » d’Elon Musk lors de son passage au Riot Fest, à Chicago. Une partie de la droite américaine dénonce une glorification de la violence, tandis que les fans rappellent que ces outrances font partie intégrante du show depuis des décennies.
Trump et Musk « massacrés » sur scène : Gwar enflamme les réseaux conservateurs
Ce week-end, Gwar a livré une performance fidèle à sa réputation au Riot Fest, festival rock majeur de Chicago. Lors de son set, le groupe a simulé l’attaque sanglante d’un Trump caricatural, aspergeant le public de faux sang, avant d’enchaîner avec la décapitation d’un mannequin d’Elon Musk armé d’une tronçonneuse et affublé d’un t-shirt « D.O.G.E. ». Une mise en scène aussi grotesque que spectaculaire, capturée par des spectateurs et largement relayée sur X (anciennement Twitter).
Le compte conservateur Libs of TikTok a vivement réagi : « Des artistes du Riot Fest ont simulé l’éviscération sanglante du président Trump sous les applaudissements du public. C’est de l’incitation pure et simple. Les démocrates ne peuvent pas s’en empêcher : ils adorent promouvoir la violence. »
D’autres comptes de droite ont relayé les vidéos, évoquant un dépassement des limites et accusant Gwar de « normaliser la violence ». Mais en ligne, les réactions sont partagées. Plusieurs internautes ont rappelé que ce genre de sketchs sanglants fait partie intégrante du folklore Gwar depuis plus de 30 ans.
Gwar : satire outrancière ou incitation réelle ?
Face à la polémique, Gwar n’a pas tardé à réagir, dans un style aussi tranchant que son show. Un représentant du groupe a déclaré au New York Post : « Normaliser la violence ? Les humains n’ont pas besoin de nous pour ça. La violence façon Looney Tunes sur scène n’a rien de ‘normal’. Gwar, c’est du grand n’importe quoi. Gwar est à la violence ce que le New York Post est au journalisme : ridicule. »
Sur les réseaux, d’autres défenses fusent : « C’est juste Gwar qui fait du Gwar. Ils tuent tout le monde sur scène, peu importe le camp politique. » Un fan rappelle même : « Ils ont décapité Biden, mis Obama en morceaux, massacré Hillary Clinton. Ils n’épargnent personne. »
La tradition macabre de Gwar est bien connue des amateurs de metal extrême : faux sang, tripes en plastique, costumes de monstres et satire politique sont les ingrédients de leurs concerts depuis 1984. Ils s’étaient même fendus d’une reprise aussi improbable qu’hilarante de I’m Just Ken l’an dernier, renommée We’re Just Gwar, mêlant humour et hommage décalé à Ryan Gosling.
Un groupe provocateur… mais égalitaire dans ses cibles
Si certains accusent Gwar d’alignement politique, l’historique du groupe raconte une tout autre histoire. Lors du Wacken Open Air 2022, ils avaient « décapité » une effigie de Joe Biden, après avoir « éventré » Hillary Clinton en 2015. Même Xi Jinping, Vladimir Poutine et des caricatures de l’extrême droite américaine y sont passés.
Le groupe, originaire de Richmond (Virginie), cultive un art du choc sans distinction partisane. En 2023, leur ex-guitariste Brent Purgason révélait que malgré leur longévité, les musiciens touchaient à peine plus de 20 000 dollars par an (environ 17 000 €), un salaire frôlant le seuil de pauvreté aux États-Unis.
Polémiques ou pas, Gwar continue de faire ce qu’il a toujours fait : exagérer, choquer, et divertir avec un humour noir plus grand que nature. Et pour ses fans, c’est précisément ce qui fait son charme… depuis la planète Scumdogia.
Publication de Libs of TikTok :
Performers at Riot Fest in Chicago, Illinois, simulated the bloody disemboweling of President Trump on stage while people cheered.
This is incitement. They know exactly what they’re doing.
Democrats can’t help themselves. They love promoting violence. pic.twitter.com/XHrxM7RucQ
— Libs of TikTok (@libsoftiktok) September 22, 2025