“À 16 ans, j’ai vu des gens tenter de ‘guérir’ l’homosexualité par la prière”, raconte Caleb Shomo (Beartooth)

(Mis à jour le ) à 10h20
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“À 16 ans, j’ai vu des gens tenter de ‘guérir’ l’homosexualité par la prière”, raconte Caleb Shomo (Beartooth) © Tetralens

Quelques semaines après son coming out, Caleb Shomo revient sur l’un des épisodes les plus violents de sa jeunesse : à 16 ans, le chanteur de Beartooth a vu des adultes tenter de “guérir” l’homosexualité d’un membre de son équipe par la prière. Un témoignage qui donne une nouvelle profondeur à son parcours, à la polémique autour de Free et au prochain album du groupe, Pure Ecstasy.

“Guérir” l’homosexualité par la prière

Invité du podcast Disrespectfully, Caleb Shomo a longuement évoqué l’environnement religieux dans lequel il a grandi et les dégâts psychologiques qu’il associe aujourd’hui à cette période.

Le frontman de Beartooth raconte avoir évolué très jeune dans la scène chrétienne américaine des années 2000, alors fortement marquée par l’évangélisme. À 14 ans, il fréquentait déjà des musiciens plus âgés, très engagés religieusement. À 15 ans, il était sur la route à plein temps. Et à 16 ans, il assiste à une scène qui l’a profondément marqué :

“J’avais 16 ans sur le Warped Tour quand j’ai vu des gens tenter de ‘guérir’ l’homosexualité d’un membre de notre équipe par la prière.”

À l’époque, Shomo explique qu’il considérait encore ce type de comportement comme normal. Avec le recul, il y voit l’un des symboles les plus frappants de l’environnement dans lequel il a construit son identité, alors même qu’il tentait de réprimer sa propre sexualité.

Cette prise de parole intervient quelques semaines seulement après son coming out public. En mai dernier, le musicien déclarait : “Je suis un homme gay et j’en suis fier”, une annonce qui a aussi marqué la fin de son mariage avec Fleur Shomo après près de quatorze ans de vie commune.

Des années à combattre une partie de lui-même

Au-delà de cet épisode, l’entretien met surtout en lumière l’impact durable de cette éducation religieuse sur sa perception de lui-même. Shomo explique avoir longtemps été incapable d’identifier ses attirances comme une orientation sexuelle. Dans son entourage, tout ce qui s’éloignait des normes masculines ou chrétiennes était associé à la honte, à la culpabilité ou au péché.

“Je considérais ma sexualité comme quelque chose de mauvais en moi, quelque chose qu’il fallait combattre.”

Cette lutte intérieure a nourri pendant des années les thèmes récurrents de Beartooth : l’autodestruction, la dépression, la culpabilité et la recherche d’identité. Le chanteur affirme aujourd’hui que l’acceptation de son homosexualité lui a permis de commencer à déconstruire cette haine de soi et de comprendre une partie essentielle de son parcours.

Cette lecture rétrospective éclaire aussi plusieurs déclarations faites ces derniers mois autour de Free. Dès la sortie du single, Shomo présentait ce nouveau chapitre comme l’une des expressions les plus honnêtes de sa carrière, tandis que son évolution esthétique provoquait déjà de fortes réactions dans une partie du public metalcore.

Une parole encore rare dans le metal moderne

L’un des passages les plus significatifs de l’entretien concerne également la place des artistes ouvertement LGBTQ+ dans les musiques lourdes. Shomo souligne le manque de figures publiquement homosexuelles dans la scène metal moderne, citant Rob Halford comme l’un des rares exemples majeurs.

“Dans notre scène, assumer publiquement son homosexualité reste très difficile. On a Rob Halford, mais c’était dans les années 90.”

Cette déclaration résonne particulièrement après les réactions extrêmement polarisées provoquées par le clip de Free. Entre attaques homophobes, moqueries visant son apparence et soutien affiché de personnalités comme David Draiman, Beartooth s’est retrouvé au centre d’un débat qui dépassait largement le cadre musical. Quelques jours après la sortie du morceau, Caleb Shomo avait même supprimé son compte Instagram après une vague de commentaires homophobes.

À quelques mois de la sortie de Pure Ecstasy, prévue le 28 août, les nouvelles confidences de Shomo donnent une portée encore plus personnelle à un album déjà présenté comme l’œuvre la plus honnête de toute sa carrière.

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