AC/DC : tous les albums du groupe classés du pire au meilleur

(Mis à jour le ) à 17h02
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AC/DC : tous les albums du groupe classés du pire au meilleur © Josh Cheuse (Presse)

Classer AC/DC, c’est classer les nuances d’une formule que le groupe refuse obstinément d’abandonner depuis cinquante ans. Les mêmes accords reviennent, les mêmes obsessions aussi. Mais entre un album qui applique la recette et un autre qui la fait paraître miraculeuse, il y a parfois un monde.

Ce classement privilégie donc les chansons, la cohérence, l’importance historique et surtout cette chose difficile à mesurer : le moment où un riff cesse d’être simplement efficace pour devenir impossible à oublier.

Le classement des albums d’AC/DC en un coup d’œil

  1. Highway To Hell (1979)
  2. Back In Black (1980)
  3. Let There Be Rock (1977)
  4. High Voltage (1976)
  5. Powerage (1978)
  6. T.N.T. (1975)
  7. Dirty Deeds Done Dirt Cheap (1976)
  8. The Razors Edge (1990)
  9. For Those About To Rock We Salute You (1981)
  10. High Voltage (Australie) (1975)
  11. Flick Of The Switch (1983)
  12. Power Up (2020)
  13. Ballbreaker (1995)
  14. Stiff Upper Lip (2000)
  15. Black Ice (2008)
  16. Fly On The Wall (1985)
  17. Blow Up Your Video (1988)
  18. Rock Or Bust (2014)

18. Rock Or Bust (2014)

AC/DC sait tellement bien être AC/DC qu’il peut parfois le faire en pilote automatique. Rock Or Bust en est probablement le meilleur exemple. Le morceau-titre et Play Ball cognent correctement, mais peu de choses restent une fois l’ampli éteint. Premier album sans Malcolm Young, il possède tous les gestes du groupe, un peu moins de son âme.

17. Blow Up Your Video (1988)

Heatseeker remet enfin un peu d’essence dans le moteur, That’s The Way I Wanna Rock ’N’ Roll aussi. Le problème, c’est ce qui les entoure. Blow Up Your Video annonce un AC/DC bientôt capable de redevenir gigantesque, mais il ressemble encore davantage à une convalescence qu’à une résurrection.

16. Fly On The Wall (1985)

Il y a de bonnes chansons sous cette production. C’est presque le drame de Fly On The Wall. Shake Your Foundations et Sink The Pink ont du répondant, mais le son enferme AC/DC dans des années 1980 qui ne lui vont pas très bien. Un groupe aussi physique n’aurait jamais dû paraître aussi distant.

15. Black Ice (2008)

Rock N Roll Train suffit presque à justifier le retour. Le riff démarre et huit années d’absence disparaissent immédiatement. Mais quinze morceaux, pour AC/DC, c’est comme ajouter des étages à un pub : pas certain que cela améliore l’endroit. Black Ice contient un très bon album. Il fallait simplement le raccourcir.

14. Stiff Upper Lip (2000)

Ici, AC/DC baisse légèrement le volume pour retrouver le blues. Le morceau-titre rampe plus qu’il ne charge, Satellite Blues respire, et cette sobriété fait du bien. Elle finit aussi par endormir un peu le disque. Agréable, solide, jamais honteux : trois qualités qui ne suffisent pas forcément à fabriquer un grand AC/DC.

13. Ballbreaker (1995)

Phil Rudd revient, et avec lui ce balancement que personne ne semble capable de reproduire exactement. Rick Rubin enlève le gras, Hard As A Rock fait le reste. L’album possède du poids, du blues et une vraie texture, mais trop peu de chansons capables de sortir de son ombre.

12. Power Up (2020)

À ce stade, demander à AC/DC d’évoluer serait presque mal comprendre le groupe. Power Up préfère célébrer ce qu’il sait faire, avec l’ombre de Malcolm Young partout derrière les riffs. Shot In The Dark et Realize fonctionnent immédiatement. Pas de révolution, donc. Simplement une vieille machine qui démarre encore au quart de tour.

11. Flick Of The Switch (1983)

AC/DC retire ici le vernis des années Mutt Lange et retrouve quelque chose de beaucoup plus sec. Presque trop. Nervous Shakedown, Guns For Hire et le morceau-titre mordent encore franchement, mais aucun ne devient ce classique capable de porter l’album avec lui. Sous-estimé, oui. Essentiel, non.

10. High Voltage (Australie) (1975)

C’est AC/DC avant AC/DC. Le blues est là, les frères Young aussi, Bon Scott commence à prendre toute la pièce, mais la formule cherche encore sa forme définitive. Et c’est ce qui rend ce premier album attachant : on entend un groupe découvrir progressivement qu’il sera meilleur en retirant des choses plutôt qu’en en ajoutant.

9. For Those About To Rock We Salute You (1981)

Le morceau-titre est si énorme qu’il finit presque par écraser son propre album. Derrière les canons, Let’s Get It Up et Inject The Venom tiennent parfaitement debout, mais impossible de ne pas sentir la retombée après Back In Black. Le disque n’est pas décevant. Son prédécesseur était simplement injuste.

8. The Razors Edge (1990)

Un arpège, quelques secondes, et AC/DC redevient immense. Thunderstruck est ce genre de morceau qui change rétrospectivement la valeur d’un album entier. Moneytalks et Are You Ready suivent avec suffisamment d’assurance pour confirmer le retour. Tout n’est pas mémorable, mais les années 1980 sont enfin derrière.

7. Dirty Deeds Done Dirt Cheap (1976)

Bon Scott semble ici capable de sourire et de vous voler votre portefeuille dans le même mouvement. Dirty Deeds Done Dirt Cheap, Problem Child et Jailbreak installent définitivement le personnage. Puis Ride On fend l’armure. Moins régulier que les sommets suivants, mais peut-être encore plus humain.

6. T.N.T. (1975)

Quelques mois ont suffi pour que tout se mette en place. It’s A Long Way To The Top (If You Wanna Rock ’N’ Roll), Live Wire, The Jack, T.N.T. : soudain, AC/DC possède son alphabet. Le plus fascinant, c’est qu’il passera ensuite cinquante ans à écrire avec presque les mêmes lettres sans que personne ne sache vraiment copier son accent.

5. Powerage (1978)

Pas le plus célèbre. Peut-être le plus habité. Powerage sent davantage le bar mal éclairé que le stade, et c’est tout son charme. Riff Raff, Down Payment Blues, Sin City et Gone Shootin’ montrent un AC/DC plus sombre, plus blues, presque moins caricatural. C’est le disque qui grandit quand les tubes cessent d’être le seul critère.

4. High Voltage (1976)

Pour le reste du monde, l’histoire commence vraiment ici. It’s A Long Way To The Top (If You Wanna Rock ’N’ Roll), Live Wire, T.N.T., The Jack : la carte de visite frôle l’insolence. Tout paraît facile. La suite montrera surtout combien cette simplicité est difficile à reproduire.

3. Let There Be Rock (1977)

AC/DC n’a probablement jamais sonné aussi près de l’accident. Let There Be Rock fonce, Whole Lotta Rosie écrase tout, Bad Boy Boogie ricane. Le groupe joue peu de notes mais leur donne un poids absurde. Ce n’est pas encore l’AC/DC parfaitement poli des années suivantes. Heureusement.

2. Back In Black (1980)

Bon Scott vient de mourir et AC/DC devrait logiquement s’effondrer. À la place, une cloche sonne. Puis vient Hells Bells, Brian Johnson entre dans l’histoire et l’impossible commence à paraître normal.

Shoot To Thrill, Back In Black, You Shook Me All Night Long : presque tout devient classique. Mutt Lange agrandit le son sans tuer le groove. C’est probablement l’album parfait d’AC/DC. S’il n’est que deuxième, c’est parce que la perfection n’est pas toujours ce qu’il y a de plus excitant.

1. Highway To Hell (1979)

Ici, tout se rencontre. La saleté des débuts, la précision nouvelle de Mutt Lange, l’humour de Bon Scott et des chansons devenues presque impossibles à séparer de l’idée même d’AC/DC.

Le morceau-titre ouvre évidemment la route, mais Girls Got Rhythm, Shot Down In Flames, Touch Too Much, If You Want Blood (You’ve Got It) et Night Prowler empêchent presque toute baisse de tension. Rien ne semble forcé. Rien ne dépasse.

Back In Black sera plus grand. Highway To Hell reste plus dangereux. C’est le moment précis où AC/DC maîtrise enfin complètement sa formule sans encore donner l’impression d’en connaître les limites. Quelques mois plus tard, Bon Scott disparaîtra et l’histoire changera brutalement. Cet AC/DC-là, lui, restera figé ici.

Une formule simple, pas une musique facile

Les années Bon Scott dominent ce classement, avant que Back In Black ne réussisse l’impensable et ouvre une seconde vie au groupe. La suite sera moins régulière, mais AC/DC conservera son talent le plus étrange : faire croire que tout cela est facile.

Trois accords, un riff, du silence entre les coups. Des milliers de groupes ont essayé. Très peu ont trouvé le même courant.

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