Oasis : tous les albums du groupe classés du pire au meilleur

(Mis à jour le ) à 17h25
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Oasis : tous les albums du groupe classés du pire au meilleur © Simon Emmett (Presse)

Classer Oasis, c’est presque classer les conséquences de deux albums. En 1994 et 1995, le groupe de Manchester va si vite, si haut, que toute la suite semble condamnée à vivre dans leur ombre : excès, doutes, sursauts… puis séparation.

Ce classement privilégie les chansons, la cohérence et ce qu’il reste une fois la légende mise de côté. Car Oasis a longtemps su écrire des refrains. Des albums indispensables ? C’est une autre histoire.

Le classement des albums d’Oasis en un coup d’œil

  1. (What’s the Story) Morning Glory? (1995)
  2. Definitely Maybe (1994)
  3. Be Here Now (1997)
  4. Don’t Believe the Truth (2005)
  5. Dig Out Your Soul (2008)
  6. Standing on the Shoulder of Giants (2000)
  7. Heathen Chemistry (2002)

7. Heathen Chemistry (2002)

Dernier avec Stop Crying Your Heart Out ? Oui. Voilà tout le problème de Heathen Chemistry.

The Hindu Times, Little by Little et Songbird prouvent qu’Oasis sait encore écrire. Entre ces réussites, le disque s’affaisse. Après les expérimentations de 2000, le groupe revient vers un rock plus familier ; tellement familier, parfois, qu’il ressemble à une habitude.

Pas mauvais. Pire : simplement moyen pour Oasis.

6. Standing on the Shoulder of Giants (2000)

Après avoir tout empilé sur Be Here Now, Oasis aurait pu retirer quelques guitares. Il préfère changer le décor.

Fuckin’ in the Bushes, Go Let It Out, Who Feels Love? et surtout Gas Panic! amènent boucles, psychédélisme et noirceur. Le résultat est inégal, parfois franchement étrange, mais rarement paresseux.

Il manque de grandes chansons pour grimper plus haut. Reste une qualité précieuse : Oasis ne sait plus très bien où aller… alors il cherche.

5. Dig Out Your Soul (2008)

Quel dommage que Dig Out Your Soul ne tienne pas jusqu’au bout ! Sa première moitié contient pourtant l’un des Oasis les plus intéressants des années 2000.

Bag It Up, The Turning et The Shock of the Lightning épaississent le son, creusent le psychédélisme et évitent surtout de courir après 1995. I’m Outta Time apporte une fragilité bienvenue ; Falling Down, un dernier sommet.

Tout l’album n’a pas cette force. Mais au moment de se séparer, Oasis semblait enfin avoir compris comment vieillir sans se caricaturer.

4. Don’t Believe the Truth (2005)

Et si Oasis avait simplement besoin de redevenir un groupe ? Don’t Believe the Truth partage davantage l’écriture, resserre les morceaux et retrouve du mouvement.

Turn Up the Sun, Lyla et The Importance of Being Idle n’essaient pas de reconstruire les années 1990. Tant mieux. L’album paraît plus léger sur ses pieds, moins préoccupé par le monument qui se trouve derrière lui.

Pas de nouveau miracle ici. Juste le meilleur Oasis de sa dernière période ; à ce stade, c’était déjà beaucoup.

3. Be Here Now (1997)

Trop long. Trop fort. Trop de guitares, de refrains, de couches… Trop d’Oasis ? Peut-être. Mais quel spectacle.

D’You Know What I Mean?, My Big Mouth, Stand by Me et All Around the World jouent comme si un stade n’était encore pas assez grand. Les chansons s’étirent, les guitares s’empilent ; personne ne semble avoir pensé à dire non.

C’est son défaut et son intérêt. Be Here Now capture un groupe qui vient de conquérir le monde et ne voit plus aucune raison de se limiter. Épuisant ? Oui. Ridicule par instants ? Aussi. Mais l’excès lui va mieux que la prudence.

2. Definitely Maybe (1994)

Rock ‘N’ Roll Star ouvre le premier album d’un groupe encore presque inconnu. Oasis se présente pourtant comme s’il arrivait en tête d’affiche. Culotté… sauf que les chansons suivent.

Supersonic, Live Forever, Columbia, Cigarettes & Alcohol, Slide Away : difficile de parler d’apprentissage. Tout semble déjà là, notamment cette combinaison entre les mélodies de Noel Gallagher et la voix insolente de Liam.

Surtout, Definitely Maybe a faim. Oasis n’a encore rien gagné et veut manifestement tout prendre. La suite sera plus grande ; jamais aussi affamée.

1. (What’s the Story) Morning Glory? (1995)

Comment passer après un premier album pareil ? Oasis répond en écrivant encore plus de classiques.

Some Might Say et Morning Glory gardent les amplis allumés ; Cast No Shadow et Champagne Supernova ouvrent les fenêtres. Et au milieu ? Wonderwall et Don’t Look Back in Anger, deux chansons tellement omniprésentes qu’elles auraient dû finir par s’user.

Elles tiennent toujours.

C’est là que (What’s the Story) Morning Glory? dépasse son prédécesseur. Oasis conserve l’évidence des débuts, mais gagne en espace, en mélancolie, en nuances. Le groupe ne sait plus seulement foncer ; il sait aussi attendre.

Definitely Maybe rêvait de conquérir le monde. Ici, le monde répond oui.

Deux albums, puis leur ombre

Au fond, Oasis raconte une histoire assez simple. Definitely Maybe veut tout ; (What’s the Story) Morning Glory? obtient tout ; Be Here Now ne sait plus quoi faire de tout ça.

La suite cherchera un nouvel équilibre, parfois avec réussite. Mais les deux premiers restent ailleurs. Non parce qu’ils appartiennent à une époque mythifiée : parce qu’on y entend encore un groupe suffisamment arrogant pour croire que rien ne peut lui résister… et suffisamment bon pour avoir raison.

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