Holding Absence trouve de l’émotion au cœur de l’artifice sur Modern Life Is Lonely

(Mis à jour le ) à 18h26
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Holding Absence trouve de l’émotion au cœur de l’artifice sur Modern Life Is Lonely

Avec Modern Life Is Lonely, Holding Absence pousse ses expérimentations électroniques beaucoup plus loin, quitte à bousculer une formule post-hardcore qui fonctionnait déjà très bien. Rassurez-vous, le groupe n’a pas oublié comment écrire des refrains gigantesques et vous briser le cœur au passage.

Le thème de l’album s’y prête particulièrement bien. Holding Absence s’intéresse ici à l’isolement moderne, à la technologie et à cette étrange solitude qui peut accompagner l’hyperconnexion. Les synthés, les voix trafiquées et toutes sortes de textures numériques prennent donc une place importante, sans faire disparaître l’aspect profondément humain de la musique.

Reanimate en est un bon exemple. Le morceau commence tranquillement avec du piano, la voix de Lucas Woodland et quelques bruits d’oiseaux, avant de monter progressivement et de passer par une rupture électronique assez inattendue. Puis les guitares finissent par exploser. On reconnaît immédiatement Holding Absence, mais avec quelques nouvelles couleurs au passage.

Cette évolution était déjà perceptible sur Whisper Of A Dream et Reflection. Woodland reste évidemment l’une des grandes forces du groupe, capable de passer d’un chant presque fragile à ces énormes refrains dont Holding Absence a le secret. Sur Lucid Love, en revanche, les musiciens vont franchement plus loin. Entre les voix pitchées et les sonorités hyperpop, difficile de ne pas penser à Porter Robinson.

La production de Daniel Braunstein accentue encore cette direction. Modern Life Is Lonely possède un son très propre, synthétique et résolument moderne, peut-être même un peu trop par moments. Certaines aspérités des précédents albums disparaissent dans le processus. Heureusement, lorsque les chansons sont aussi efficaces et touchantes que Heaven ou Take Me With You, ce défaut devient assez facile à pardonner.

Et puis il y a Kyoto Snow. Holding Absence a toujours su terminer ses albums, et cette longue conclusion éthérée ne déroge pas à la règle. Le morceau rassemble une bonne partie des idées explorées jusque-là et prend lentement de l’ampleur jusqu’à ses dernières minutes. Si vous ne ressentez toujours rien à ce moment-là, je ne suis pas certain que Holding Absence puisse faire beaucoup plus pour vous.

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