Plus de vingt ans après sa sortie, le premier album de Wintersun n’a guère subi l’outrage du temps. Paru en 2004, ce disque éponyme demeure même, pour beaucoup, l’œuvre cardinale du groupe. Time II a beau avoir enfin émergé en 2024, rien n’y fait : le coup d’éclat originel conserve une aura singulière.
Un premier album devenu culte
Avec Wintersun, Jari Mäenpää ne tâtonne pas. L’ancien membre d’Ensiferum entrelace power metal, black metal, death mélodique et réminiscences folk avec une insolente assurance. Dès Beyond the Dark Sun, les éléments se déchaînent ; vélocité, mélodies boréales et bourrasques de guitares s’entrechoquent sans jamais sombrer dans la confusion.
Et l’élan ne retombe guère. Winter Madness, Death and the Healing, Starchild… Les morceaux bifurquent, s’étirent, s’emballent, puis reprennent leur souffle. La virtuosité pourrait facilement tourner à l’esbroufe. Elle reste pourtant au service de l’émotion, tapie derrière chaque accélération, chaque envolée mélodique.
Une œuvre que le temps n’émousse pas
Presque tout repose alors sur les épaules de Jari Mäenpää, qui assure guitare, chant, basse et claviers, tandis que Kai Hahto martèle les fûts avec une précision redoutable. Un projet quasi solitaire, certes, mais aux dimensions déjà démesurées. Foisonnant sans être boursouflé, ambitieux sans se perdre dans ses propres méandres.
La suite empruntera des chemins autrement plus tortueux. Time II se fera désirer pendant des années ; Wintersun finira par se mettre en pause. Le premier album, lui, ne bouge pas. Il demeure un jalon du metal des années 2000 et, pour nombre d’admirateurs, l’inaccessible sommet de la discographie.
Depuis, les trajectoires ont divergé. Kai Hahto officie avec Nightwish, Teemu Mäntysaari chez Megadeth, tandis que Jari poursuit ses compositions en solitaire, loin du tumulte des tournées. Mais Wintersun résiste. Dense, impétueux, parfois vertigineux… Un disque qui ne semble pas vieillir, seulement se patiner.
