Wintersun : Time I était sidérant en 2012, mais comment sonne-t-il 14 ans plus tard ?

(Mis à jour le ) à 17h08
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Wintersun : Time I était sidérant en 2012, mais comment sonne-t-il 14 ans plus tard ?

En 2012, Time I avait quelque chose de sidérant. Après huit années d’attente, Wintersun revenait avec trois compositions monumentales, hérissées de mélodies, de chœurs et d’orchestrations. L’ampleur du projet impressionnait autant que sa beauté. Quatorze ans plus tard, l’émerveillement n’a pas tout à fait reflué… Mais l’écrin, lui, porte davantage les stigmates du temps.

Car sous cette débauche sonore sommeillait peut-être un classique. Avec le recul, le paradoxe saute aux oreilles : à force de vouloir bâtir une cathédrale, Jari Mäenpää a parfois emmuré son propre génie sous les couches.

Des compositions que le temps n’a guère émoussées

Sons Of Winter And Stars reste probablement le morceau le plus mémorable du disque. Treize minutes, quatre mouvements, des bifurcations incessantes… et pourtant, l’édifice tient encore debout. Cette sensation d’immensité propre à Time I demeure intacte. Certains chœurs paraissent désormais franchement kitsch ? Sans doute. Les mélodies, elles, mordent toujours.

Land Of Snow And Sorrow a peut-être encore mieux traversé les années. Son motif principal demeure splendide, évocateur, presque tangible. C’est l’hiver encapsulé dans un riff ; quelques notes et le paysage se couvre de givre. Quant à Time, pièce maîtresse qui donne son nom au projet, sa construction et ses mélodies n’ont guère perdu de leur superbe.

Quand le grandiose vire à l’encombrement

C’est surtout l’habillage qui accuse son âge. Time I rêvait d’immensité ; il paraît désormais souvent boursouflé. Les orchestrations dévorent l’espace, les strates s’amoncellent, certains sons jadis spectaculaires semblent aujourd’hui artificiels, voire assez cheap. Ça déborde de partout. Et pas toujours pour le meilleur.

Le pont de Time cristallise ce travers. Théâtral, puissant, outrancier… mais aussi terriblement kitsch lorsque toute la machinerie orchestrale se déchaîne. Même constat sur certaines envolées chorales de Sons Of Winter And Stars. Ce qui éblouissait en 2012 peut désormais faire sourire. Le faste a pris quelques rides.

De là vient toute la frustration. Un Time I délesté d’une partie de ses ornements, laissant ses riffs et ses mélodies respirer, aurait peut-être été un classique. Mäenpää possédait déjà les compositions ; fallait-il vraiment tant les parer ? À trop ciseler son œuvre, son perfectionnisme a fini par en ternir certains éclats.

Et si Jari avait simplement lâché prise ?

C’est aussi ce qui sépare Time I du premier album éponyme de Wintersun, qui reste à nos oreilles le sommet de sa discographie. Tout aussi virtuose et foisonnant, celui-ci conservait une fougue, presque une insouciance, que son successeur a en partie sacrifiée sur l’autel de la démesure.

Il aura ensuite fallu douze années supplémentaires pour que Time II voie finalement le jour en 2024. Sa sortie n’a pas bouleversé notre perception de Time I. Elle laisse plutôt flotter une interrogation. Que serait devenu Wintersun si Time était sorti d’un seul tenant, puis si Mäenpää avait simplement tourné la page ?

En 2012, Time I impressionnait par sa démesure. En 2026, celle-ci lui colle parfois aux semelles sans avoir enseveli sa beauté. Le motif de Land Of Snow And Sorrow, les cimes de Sons Of Winter And Stars, les fulgurances de Time… sous le vernis craquelé, les grandes mélodies n’ont pas bougé.

Mäenpää, lui, n’a visiblement pas renoncé au gigantisme. Après Time II, il a notamment dévoilé une section « apocalyptique » du prochain album de Wintersun, mêlant cuivres, cordes, percussions, chœurs, synthétiseurs et effets.

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