Après plus de trente ans d’existence, Lamb Of God n’a visiblement rien perdu de son mordant. Avec Into Oblivion, son dixième album studio, le groupe de Richmond livre un disque aussi féroce qu’inspiré. Riffs tranchants, grooves massifs et tension permanente s’y entremêlent avec une fluidité impressionnante. Résultat : un album qui rappelle la puissance originelle du groupe tout en confirmant sa capacité à évoluer — probablement l’un de ses opus les plus solides depuis de nombreuses années.
Une machine relancée
Il suffit de quelques secondes pour comprendre l’intention. Dès l’attaque du morceau-titre Into Oblivion, Lamb Of God frappe avec une énergie brute qui évoque immédiatement l’ADN des grandes années du groupe : un thrash groovy, sombre et implacable.
Dans la foulée, Parasocial Christ et Sepsis prolongent cette déferlante avec des riffs parmi les plus lourds composés par le groupe depuis longtemps. Sur Sepsis, Randy Blythe convoque un imaginaire macabre et viscéral avant que le morceau ne bascule soudainement dans une accélération sauvage, rappelant la férocité des débuts.
L’ensemble dégage une impression familière mais revigorée : la brutalité sèche de Sacrament ou Wrath semble réapparaître, portée par une précision rythmique toujours aussi chirurgicale.
La violence… et l’espace
Mais Into Oblivion ne se contente pas d’enchaîner les uppercuts. Lamb Of God laisse aussi respirer sa musique, explorant des nuances plus sombres et atmosphériques.
El Vacio marque l’un des détours les plus intrigants du disque. Sur des guitares menaçantes et presque hypnotiques, Randy Blythe élargit son registre et adopte par moments une approche vocale plus posée, donnant au morceau une dimension plus introspective.
Ailleurs, le groupe joue sur l’équilibre entre technicité et impact. The Killing Floor déploie un labyrinthe de riffs et de syncopes millimétrées, tandis que St. Catherine’s Wheel et A Thousand Years mêlent tension dramatique et groove implacable.
Plus loin encore, Bully glisse une teinte bluesy corrosive dans la mécanique du groupe, avant que Devise/Destroy ne referme l’album sur une charge mid-tempo massive et écrasante.
Un disque ancré dans son époque
Produit et mixé par le fidèle Josh Wilbur, Into Oblivion a été enregistré entre Richmond pour la batterie, le studio personnel du guitariste Mark Morton pour les guitares et la basse, et le studio Total Access de Redondo Beach pour les voix.
Le disque reflète également les préoccupations de Randy Blythe face aux tensions contemporaines — crises sociales, environnementales ou technologiques. Dans une interview accordée à Loudwire, le chanteur résume cette vision sombre : “Le monde traverse un moment très critique.”
Dans ce contexte, Into Oblivion agit presque comme un exutoire collectif : une décharge de colère lucide portée par une formation plus soudée que jamais.
Après la sortie du disque, Lamb Of God doit entamer une tournée nord-américaine avec Kublai Khan TX, Fit For An Autopsy et Sanguisugabogg, avant de revenir en Europe pour plusieurs festivals estivaux.
Tracklist
- Into Oblivion
- Parasocial Christ
- Sepsis
- The Killing Floor
- El Vacio
- St. Catherine’s Wheel
- Blunt Force Blues
- Bully
- A Thousand Years
- Devise/Destroy
Into Oblivion de Lamb Of God sort le 13 mars 2026 via Century Media / Epic.

