Les 10 breakdowns metal les plus lourds de tous les temps

(Mis à jour le ) à 11h55
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Les 10 breakdowns metal les plus lourds de tous les temps © Tetralens

Un bon breakdown ne demande pas forcément beaucoup de notes. Parfois, il lui suffit d’arriver au bon moment… et de donner soudain l’impression que le morceau vient de prendre cinquante kilos. De Suffocation à Black Tongue, voici 10 passages qui ont chacun trouvé leur manière de jouer avec la gravité.

Le plus grave ? Le plus lent ? Le plus violent en concert ? La lourdeur reste une notion assez bancale dès qu’on essaie de la mesurer. Alors oublions les chiffres. Ce qui compte ici, c’est ce moment très précis où un riff change la température de la pièce.

10. Hatebreed : I Will Be Heard

Hatebreed ne s’embarrasse pas de subtilités inutiles. I Will Be Heard avance avec quelques accords, une batterie martiale et Jamey Jasta qui donne l’impression de diriger la fosse à la voix.

Le breakdown est presque trop simple pour être expliqué. C’est justement le piège : quatre secondes plus tard, tout le monde bouge.

9. Parkway Drive : Boneyards

“There’s blood in the water.”

Difficile de faire plus explicite comme panneau d’avertissement. Parkway Drive laisse ensuite tomber un riff énorme, parfaitement représentatif du metalcore des années 2000.

On sait qu’il arrive. On pourrait presque compter les secondes. Ça ne change rien : quand il tombe, il tombe.

8. Architects : These Colours Don’t Run

Le Architects de cette époque avait encore les coudes pointus.

La fin de These Colours Don’t Run le rappelle avec peu de choses : quelques notes, des silences béants et Sam Carter qui semble s’arracher la gorge au milieu. Le groupe pourrait remplir les espaces ; il préfère les laisser ouverts.

Et le vide, curieusement, pèse très lourd.

7. Knocked Loose : Counting Worms

“Arf Arf.”

Deux syllabes parfaitement ridicules sur le papier, absolument imparables une fois prononcées par Bryan Garris.

Counting Worms dure à peine le temps de comprendre ce qui vient de se passer. Knocked Loose n’a pas inventé le breakdown hardcore ; le groupe a simplement réussi à lui donner un bouton rouge.

6. Kublai Khan TX : Antpile

À quel moment commence le breakdown de Antpile ? Bonne question. À quel moment s’arrête-t-il ?

Kublai Khan TX taille le morceau à la hache : riff primitif, batterie sèche, Matt Honeycutt devant. Rien ne dépasse.

On pourrait demander davantage. Ce serait probablement moins lourd.

5. The Acacia Strain : Beast

The Acacia Strain possède depuis longtemps sa propre unité de mesure : « encore plus lent ».

Beast part déjà de très bas, puis continue de creuser. Les notes s’éloignent les unes des autres, l’espace grandit et chaque coup finit par ressembler à un objet qu’on laisse tomber d’un étage supplémentaire.

Parfois, jouer moins revient à peser plus.

4. Lorna Shore : To The Hellfire

Lorna Shore aurait pu s’arrêter une fois le travail terminé. Ce n’est visiblement pas dans ses habitudes.

La conclusion de To The Hellfire ralentit une première fois, laisse Will Ramos produire des sons qu’on associerait plus volontiers à une créature qu’à un chanteur… puis enfonce encore le frein.

C’est excessif ? Complètement. Mais demander de la mesure à ce morceau reviendrait un peu à commander une salade dans une pâtisserie.

3. Humanity’s Last Breath : Labyrinthian

Chez Humanity’s Last Breath, la guitare ressemble parfois moins à une guitare qu’à un problème géologique.

Labyrinthian joue avec des fréquences extrêmement basses, des accents rythmiques tordus et des silences placés juste assez bizarrement pour retirer tout confort à l’auditeur.

Ce n’est plus vraiment un breakdown que l’on attend. C’est quelque chose qui se rapproche.

2. Black Tongue : Second Death

Black Tongue pose une question intéressante : jusqu’où peut-on ralentir avant qu’un riff cesse d’avancer ?

La fin de Second Death flirte sérieusement avec la réponse. Une note tombe. Puis presque rien. Puis une autre…

À force d’étirer les intervalles, le groupe transforme le silence en instrument. On n’écoute plus seulement les coups ; on commence à redouter le suivant.

1. Suffocation : Liege Of Inveracity

Le plus amusant, c’est que notre numéro un date de 1991.

À la fin de Liege Of Inveracity, Suffocation abandonne un instant la frénésie du death metal pour un riff beaucoup plus simple. Le morceau ralentit, le groove apparaît… et trente-cinq ans de musique extrême commencent presque à défiler devant nous.

Le brutal death metal et le slam s’en empareront. Le deathcore en héritera à son tour. Les guitares descendront toujours plus bas et les productions deviendront énormes.

Alors oui, d’autres ont fait plus lent, plus grave, plus spectaculaire.

Mais Suffocation avait déjà trouvé le bouton.

Le plus lourd de tous les temps, vraiment ?

Évidemment que cette liste est discutable. Meshuggah, Gojira, Dying Fetus, Pantera ou Breakdown Of Sanity pourraient facilement venir tout chambouler.

C’est peut-être le plus intéressant avec le breakdown : des décennies d’évolution, des cordes supplémentaires, des accordages toujours plus bas… et une idée qui reste presque enfantine.

Faire attendre.

Ne rien jouer.

Puis tout faire tomber.