10 albums de hard rock incontournables qui ont marqué l’histoire du genre

(Mis à jour le ) à 12h07
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10 albums de hard rock incontournables qui ont marqué l’histoire du genre

Ces dix albums ne sont pas forcément les dix meilleurs de l’histoire du hard rock. Ils racontent quelque chose de plus intéressant : comment le genre a changé.

En quinze ans, le hard rock passe des expérimentations lourdes des années 70 aux productions gigantesques des années 80, avant de retrouver une certaine sauvagerie. Entre les deux, la guitare change de langage, le concert devient spectacle et les refrains apprennent à remplir des stades.

De Deep Purple à Guns N’ Roses, dix disques pour suivre cette transformation.

Deep Purple : Machine Head (1972)

Au début des années 70, la frontière entre hard rock et heavy metal reste floue. Machine Head s’installe précisément à cet endroit, avec des riffs lourds, de la virtuosité et une tension permanente.

Smoke On The Water finira par éclipser une partie du disque. À tort. Deep Purple y démontre surtout qu’une musique sophistiquée peut conserver la force élémentaire d’un riff joué très fort.

Kiss : Alive! (1975)

Avec Kiss, écouter ne suffit plus. Il faut voir. Alive! transforme le concert de hard rock en spectacle total et installe une règle qui dominera bientôt les grandes scènes : plus grand, plus fort, plus spectaculaire.

Le paradoxe est délicieux. Ce monument du live a été assemblé à partir de plusieurs concerts puis largement retravaillé. Alive! ne cherche donc pas tant à documenter un concert qu’à fabriquer la sensation d’être au premier rang. Très Kiss, finalement.

Aerosmith : Rocks (1976)

Rocks sent moins le studio que le garage. Aerosmith conserve le blues, mais le rend plus nerveux, plus lourd et surtout moins sage.

Le disque fera des dégâts durables. Slash le citera comme une influence déterminante. Onze ans plus tard, Guns N’ Roses remettra justement cette sauvagerie au centre du hard rock américain. La filiation est presque trop parfaite.

Van Halen : Van Halen (1978)

Puis Eddie Van Halen branche sa guitare.

Dès Eruption, quelque chose bascule. Vitesse, tapping, son, toucher : la guitare hard rock vient de trouver un nouveau vocabulaire. Mais Van Halen fonctionne parce que la technique ne ralentit jamais la fête.

Après ce disque, toute une génération de guitaristes se met au travail.

AC/DC : Back In Black (1980)

Après la mort de Bon Scott, AC/DC pourrait s’effondrer. Quelques mois plus tard paraît son album définitif.

La formule semble presque absurdement simple. Un riff, un rythme, un refrain. Puis recommencer, mais mieux que presque tout le monde. Là où d’autres cherchent à repousser les limites techniques du hard rock, AC/DC enlève ce qui dépasse.

Back In Black transforme cette économie en puissance.

Scorpions : Blackout (1982)

Avant Blackout, Klaus Meine manque de perdre sa voix. Il subit des opérations et son avenir au sein du groupe devient incertain.

Il revient finalement au micro et Scorpions enregistre l’un de ses albums les plus offensifs. Le symbole est difficile à manquer : un disque appelé Blackout, enregistré après avoir frôlé l’extinction.

Le hard rock européen tient désormais son poids lourd.

Def Leppard : Pyromania (1983)

Avec Pyromania, le studio devient presque un instrument.

Sous la direction de Robert John « Mutt » Lange, Def Leppard empile guitares et voix avec une précision nouvelle. Photograph et Rock Of Ages ont la puissance du hard rock, mais l’efficacité de tubes pop.

Le riff ne disparaît pas. Il apprend à passer à la radio et à la télévision.

Whitesnake : 1987 (1987)

Quatre ans plus tard, tout est devenu énorme.

Les guitares, les refrains, la production, les clips : 1987 capture le hard rock au moment où le genre assume pleinement sa démesure. Still Of The Night, Here I Go Again et Is This Love sont conçus pour dépasser largement le cercle des amateurs de grosses guitares.

Le hard rock ne veut plus remplir une salle. Il veut remplir l’écran.

Guns N’ Roses : Appetite For Destruction (1987)

Puis quelqu’un renverse un verre sur la moquette.

La même année que Whitesnake, Guns N’ Roses débarque avec un disque qui semble venir d’une autre rue. Les solos et les grands refrains sont toujours là, mais avec davantage de saleté, de tension et de danger.

Welcome To The Jungle, Paradise City et Sweet Child O’ Mine deviennent énormes sans nettoyer le reste du disque. Et la boucle se referme : le Rocks d’Aerosmith qui avait marqué Slash trouve ici un descendant particulièrement turbulent.

The Cult : Electric (1987)

The Cult choisit encore une autre sortie.

Avec Rick Rubin à la production, le groupe abandonne une partie de ses brumes gothiques et taille dans le vif : guitares sèches, riffs massifs, structures simples.

Au moment où le hard rock empile les couches, Electric en retire. Après quinze ans d’évolution, la modernité consiste soudain à revenir à l’os.

Quinze ans pour tout changer

Entre Machine Head et Appetite For Destruction, le hard rock change de son, d’échelle et d’ambition. Il devient plus lourd, plus virtuose, plus spectaculaire, plus mélodique, puis commence déjà à chercher comment redevenir plus brut.

Led Zeppelin, Black Sabbath, Rainbow, Thin Lizzy et beaucoup d’autres auraient évidemment leur place dans une histoire plus exhaustive. Mais ces dix disques dessinent une trajectoire plutôt qu’un podium.

Et malgré toutes les mutations, une chose résiste : quelques cordes, un ampli et la recherche obstinée du riff qui fera oublier tous les autres.