David Draiman en camisole & pyrotechnie : le show théâtral de Disturbed au Zénith de Paris

à 12h27
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David Draiman en camisole & pyrotechnie : le show théâtral de Disturbed au Zénith de Paris
© Tetralens

Dans un parc de La Villette sous haute surveillance, contexte géopolitique oblige, une foule massive a envahi le Zénith pour assister à une soirée exceptionnelle réunissant deux pointures du metal : Megadeth et Disturbed.

Megadeth

La crinière rousse reconnaissable entre mille de Dave Mustaine attire tous les regards dès son apparition sur scène. Figure emblématique du thrash metal américain, il incarne à lui seul l’âme de Megadeth, dont le line-up a évolué au fil des années. Aujourd’hui, Megadeth repose sur un quatuor solide emmené par Mustaine, avec notamment Dirk Verbeuren à la batterie – véritable virtuose – et Teemu Mäntysaari, remplaçant émérite de Kiko Loureiro.

La fosse est au rendez-vous, bien que timide au départ. La scénographie chamarrée, fidèle aux habitudes du groupe, sert d’écrin à une performance énergique d’une heure. La setlist, bien équilibrée, met en avant des titres abrasifs et homogènes, dont l’incontournable Symphony of Destruction.

Le public semble conquis, ravi de partager ce moment avec Megadeth et son roi Dave, en grande forme, toutes bouclettes dehors et riffs affûtés.

Setlist – Megadeth

  1. Hangar 18
  2. Wake Up Dead
  3. Angry Again
  4. Sweating Bullets
  5. Trust
  6. Tornado of Souls
  7. À Tout Le Monde
  8. Peace Sells
  9. Symphony of Destruction
  10. Holy Wars… The Punishment Due

Disturbed

Malgré les polémiques récentes autour des prises de position du frontman, aucune tension n’est perceptible dans la salle pendant l’interlude. L’ambiance reste bon enfant, avec une foule éclectique venue pour célébrer la musique – y compris des enfants juchés sur les épaules de leurs parents, collés aux crash barrières.

Le lancement du show s’accompagne d’un backdrop aux couleurs de l’album mythique The Sickness, qui fête ses 25 ans. Le public s’éveille dès les premières notes. Sur une scène composée de grandes structures métalliques et de lumières soigneusement disposées, David Draiman entre dans une mise en scène théâtrale : en camisole, fixé à une planche verticale sur roulettes, poussé par un assistant. Les autres musiciens sont déjà en place.

Le set démarre avec Voices, dans l’ordre exact de l’album de 2000. Le groupe semble apprécier l’engagement du public, notamment Dan Donegan et John Moyer, qui animent la plateforme avancée et les côtés de scène avec des allers-retours dynamiques. Draiman, plus mesuré dans ses mouvements, livre une prestation vocale solide.

L’avancée de scène permet au frontman de se rapprocher du public parisien, avec un charisme indéniable. La scène, habillée de rouges et de bleus changeants selon les titres, vibre au rythme de l’énergie collective du groupe – particulièrement sur Stupify, où John Moyer et ses longues dreads se donnent à fond.

Le brouillard entoure la batterie de Mike Wengren, sublimant son jeu affûté, marque de fabrique du son Disturbed. Effet garanti sur l’intro culte de Down With The Sickness, qui plonge la salle en transe. Draiman, en tenue estampillée D.O.C., se déchaîne, renforcé par une pyrotechnie bien dosée. Un pic d’intensité incontestable.

Le concert se poursuit dans le respect scrupuleux de l’ordre de l’album, avec une qualité scénique constante. Un moment plus touchant – bien que peu spontané – intervient lorsqu’il invite sur scène deux enfants du premier rang et leur père : “On aime accueillir des enfants sur scène, ça nous rappelle qu’ici, il n’y a pas de politique, pas de division”.

Après Meaning of Life, Disturbed entame une seconde phase du show consacrée à ses plus grands titres. Avec Ten Thousand Fists ou Indestructible, le groupe régale ses fans de riffs puissants et rappelle l’impact durable de sa discographie sur plusieurs générations.

Les lumières baissent, Draiman prend la parole pour introduire un moment plus introspectif : “Parfois, la pénombre nous envahit, mais c’est aussi à travers elle que la lumière se perçoit et nous aspire davantage”. Suit une version suspendue, presque magique, de The Sound of Silence de Simon & Garfunkel.

La soirée se clôture sur Inside The Fire, point final d’un show maîtrisé de bout en bout. Qu’on adhère ou non aux opinions personnelles du chanteur, il est indéniable que Disturbed a offert un grand moment de musique, porté par des musiciens investis. Alors que le groupe annonce un hiatus, les fans repartent avec le sentiment d’avoir vécu quelque chose d’unique.

Setlist – Disturbed

  1. The Sickness
  2. Voices
  3. The Game
  4. Stupify
  5. Down With The Sickness
  6. Violence Fetish
  7. Fear
  8. Numb
  9. Want
  10. Conflict
  11. Shout (reprise de Tears for Fears)
  12. Droppin’ Plates
  13. Meaning of Life

Greatest Hits

  1. I Will Not Break
  2. Ten Thousand Fists
  3. Bad Man
  4. Land of Confusion (reprise de Genesis)
  5. Indestructible
  6. The Sound of Silence (reprise de Simon & Garfunkel)
  7. The Light
  8. Inside the Fire
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