« Et cette voix ! » : Evanescence impressionne à Paris avec une Amy Lee au sommet de son art, accompagnée de Poppy et Nova Twins

(Mis à jour le ) à 17h02
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« Et cette voix ! » : Evanescence impressionne à Paris avec une Amy Lee au sommet de son art, accompagnée de Poppy et Nova Twins © Tetralens

C’est en ce mois de septembre que l’Accor Arena accueille l’une des figures les plus emblématiques du metal alternatif et symphonique, fer de lance de la propagation de la musique extrême auprès du grand public, Evanescence. Cette fois en tête d’affiche (et non en co-tête d’affiche comme avec Within Temptation en 2023), accompagné de Poppy et des Nova Twins pour cette tournée mettant en avant le dernier album, Sanctuary, sorti en juin 2026.

Une soirée marquée par trois forces féminines, à guichets fermés.

Arrivée peu avant 18 h, il y a déjà du monde aux abords de la salle. Du fan des débuts, qui a ressorti son look post-gothique, au plus jeune public, charmé par la référence internationale plus récemment, tout le monde se masse aux portes de l’Arena.

Nova Twins

19 h. C’est parti pour les Nova Twins. Le duo féminin guitare/chant et basse/clavier/chœurs, accompagné d’un batteur positionné latéralement, ouvre la soirée. Trois albums à leur compteur depuis 2020, et un savoir-faire du live qui se confirme à chaque fois un peu plus. Déjà pleines de peps un peu plus tôt cette année au Heavy Weekend, elles ont là encore donné un spectacle bourré d’une attitude positive et qui décape.

La salle n’est pas encore pleine, mais assez réceptive. Leurs amplis par quatre, ornés de papillons qui rappellent leur dernier album Parasites & Butterflies, sorti en 2025, constituent l’unique décor de scène.

En tournée depuis un an, elles nous distillent avec précision et brio leur « punk urbain », comme elles se décrivent. Une belle énergie garage un peu punk avec des touches électro rave, mais le tout avec une setlist plutôt originale dans son déroulé, du très dynamique au plus doux, avec de superbes envolées vocales particulièrement élégantes. Est-ce pour honorer la tête d’affiche ? Quelques déconvenues avec les guitares pour Amy Love, mais elle gère parfaitement. Mélodie et rythmique sont parfaitement équilibrées, notamment grâce à la puissance transmise dans le jeu de basse de sa comparse Georgia South. Si rondement mené que l’on se demande même si les avaries matérielles étaient une mise en scène !

Un set qui m’a paru trop court pour la qualité du duo dont les performances sont toujours une réussite.

Setlist de Nova Twins

  1. Antagonist
  2. Cleopatra
  3. N.O.V.A.
  4. Choose Your Fighter
  5. Hummingbird
  6. Glory

Poppy

19 h 50, Poppy entre en scène pour proposer son électro-pop-metal.

Cette artiste, aux talents musicaux multiples annoncés, s’attache ici au chant. On vous rassure, elle est bien accompagnée d’un quatuor de musiciens.

C’est dans une scénographie assez travaillée que la chanteuse déambule sur les planches, avec une aisance plutôt évidente, pour dérouler une succession de titres dont je n’arrive pas à trouver le fil rouge.

Tout en comprenant parfaitement la recherche de casser les codes, il ne me semble pas indispensable de les piétiner à coups de glitter et de froufrous…

Dans une très jolie robe, Poppy entonne ici une ballade de sa voix de tête puis bascule très soudainement dans un scream maladroit, puis un autre passage pop, et rebelote, un growl instable. Un passage plus musclé des musiciens qui rassure, puis on enchaîne avec un autre titre, et ainsi de suite.

Ah ! Là, je reconnais Violence Against Nature, sorti en collaboration avec Bad Omens, ce morceau qui l’a introduite à de nombreux fans de metal. Ce soir, on est plutôt sur une version aluminium que titane. Mais l’ambiance est bonne. La voix est là encore un peu instable, et le growl pas très juste. Mais la chanteuse serait-elle souffrante ? Ça expliquerait les passages, fugaces certes, mais où on entend des backing vocals retentir dans les enceintes pendant que l’interprète n’est pas au micro. Oups.

Bien que je n’adhère pas nécessairement au style proposé, je suis tout de même surprise de la prestation, pour une artiste qui fait le buzz depuis environ deux ans.

Un autre morceau où la voix claire démontre un peu plus d’aisance, mais tout en voix de tête, donnant une unité assez linéaire.

L’essentiel de l’univers proposé est globalement sur une base pop/rock à laquelle ont été incorporés des passages de guitare et de batterie qui réveillent, et tant mieux, mais dans une juxtaposition de séquences pas très bien cousues.

La particularité qui revient, ce sont des passages au chant parlé çà et là, qui semblent être une marque de fabrique. Pourquoi pas.

Poppy s’accroche à son pied de micro rutilant de diamants pour donner une performance avec de l’engagement, et on salue aussi les bons musiciens qui l’accompagnent avec une rythmique précise.

Vous l’aurez compris, je ne suis pas embarquée par la performance proposée. Mais impossible de nier que la foule est dedans, pour une belle proportion en tout cas, surtout quand ça tabasse un peu.

Poppy recueille une belle ambiance sur son titre de clôture, New Way Out, qui laisse une impression intéressante de « broken babydoll ».

En espérant que la faiblesse vocale n’était que passagère, on salue quand même le fait d’avoir écarté de la setlist la tentation d’un déroulé des titres les plus streamés, à l’exception de deux d’entre eux. Une prise de risque appréciable.

Setlist de Poppy

  1. Constantly Nowhere (sur bande)
  2. have you had enough?
  3. The cost of giving up
  4. Bruised Sky
  5. Scary Mask
  6. crystallized
  7. vital
  8. Guardian
  9. Public Domain
  10. Time Will Tell
  11. V.A.N. (adapté du featuring avec Bad Omens)
  12. If We’re Following the Light
  13. new way out

Evanescence

C’est un peu avant 21 h 30 que la folie s’empare de Bercy, plein à craquer, lorsque Evanescence prend possession de la scène.

Mine de rien, leur premier album Fallen a déjà 23 ans. De la formation d’origine, il ne reste qu’Amy Lee, la chanteuse. Pour cette tournée européenne destinée à défendre leur dernier album Sanctuary, sorti en juin 2026, le groupe s’est associé à l’organisation PLUS1 pour qu’une partie des recettes de la billetterie soit reversée pour soutenir une action humanitaire dédiée à fournir des repas. On n’a même pas débuté la performance qu’on les aime déjà. À guichets fermés pour ce soir, cela fera quelques repas.

L’apparition de l’artiste centrale d’Evanescence, Amy Lee, a l’air presque irréelle. Elle semble marcher sur de la neige, grâce à une nappe de brume qui effleure la scène.

Sur Sanctuary, titre éponyme de l’album dont on apprécie le son qui reprend racine aux sources initiales du groupe, la charismatique frontwoman se distingue comme un joyau au milieu du décor, fait de visuels d’arches gothiques de cathédrale et d’ombres de dentelles de pierre.

Dès les premières notes, l’atmosphère du titre nous enveloppe, et Amy Lee arrive à ciseler l’air de sa voix aussi élégante que puissante. Elle est très en forme et, de surcroît, sincèrement heureuse d’être là. « Bonjour Pariiiiss ! »

La suite de la performance est une succession de tableaux superbement mis en scène et joués avec autant de brio par les musiciens que de plaisir partagé avec le public. Et cette voix ! Tantôt cristalline, parfois profonde, chaque passage permet de se remémorer le phénomène Amy Lee lorsque le monde l’avait découverte.

Sur Going Under, on replonge pleinement dans les premiers émois procurés par Evanescence, à la fois dans la performance, mais aussi dans le public.

Le fond de scène très animé rajoute à la prestation pour créer de magnifiques tableaux.

Et hop, un piano en plein milieu de la scène. Le poignant Lithium n’a pas pris une ride.

Le travail d’arrière-scène est lui aussi à saluer, on sent à travers cela la démarche globale et aboutie, comme lors du tableau où les musiciens et la chanteuse sont comme passés aux rayons X, ce qui prolonge encore le choix de tenue d’Amy, un haut semi-transparent façon cyber-squelette.

Aucun temps mort, y compris dans l’engagement des musiciens, dont la prestation est au top, notamment la remarquable Emma Anzai qui sublime la basse et les chœurs. Self Destruct, du dernier album, envoie une mélodie imparable et une ligne vocale aérienne sublime, le tout ponctué de breakdowns qui réveillent les cervicales.

Calm Down, figurant également sur Sanctuary, revêt des aspects heavy rock, mais avec une rythmique lancinante et des arrangements particulièrement réussis.

La performance ne s’essouffle à aucun moment, et le public est sans cesse sollicité, soit par les moments de richesse instrumentale, soit par l’émotion, comme lors de Call Me When You’re Sober.

Amy Lee communique presque entre chaque titre. Mais elle se livre avec beaucoup d’élégance à propos de choix difficiles, juste avant le titre au piano, Forever Without You. Un moment dont la force des paroles est magnifiée par une interprétation douce et sincère, qui résonnera et aidera probablement quelqu’un, quelque part, à tourner une page.

C’est aussi ça, Evanescence, une lueur qui tire hors des ténèbres, par sa profondeur et sa force silencieuse.

C’est alors le point culminant de la soirée du côté de la foule, lorsque les premières notes de Bring Me to Life emplissent l’air de l’Arena.

Un moment tout en puissance qui prend aux tripes et est repris à l’unisson par le public. Quelques souvenirs d’adolescence en bonus. Une ambiance incroyable avec explosion de confettis.

Certaines parties de la scène s’élèvent pour percher les différents musiciens, avec mention spéciale pour Will Hunt, le batteur, tout en chevelure Elseve et en talent.

Après plusieurs titres arrive le duo avec Poppy, qui éveille des clameurs enthousiastes dans la salle. La jeune artiste est appliquée et impliquée. Mais Amy Lee survole totalement la performance. En termes de voix, c’est incomparable. Puissance, clarté, maîtrise, l’expérience a chanté.

On arrive sur la fin du concert. Et c’est tout en sobriété que la chanteuse apparaît au piano, seule dans la pénombre, entonnant les premières notes de My Immortal, hymne poignant et mélancolique, quintessence de la ballade gothique. La salle s’habille de mille et une lumières, témoignant du partage du public dans ce moment suspendu.

La magie se prolonge encore pour un titre avec Wide Open Heart, histoire de finir sur le dernier opus.

Une prestation lumineuse, enjouée et puissante. Du début à la fin. Un album qui remet au jour toute la force et la beauté de la signature musicale de ce groupe référence. En prime, un public enchanté. Merci Evanescence !

Setlist d’Evanescence

  1. Sanctuary
  2. Tell Me When You’ve Had Enough
  3. Afterlife
  4. Rapture
  5. Going Under
  6. Lithium
  7. Like You
  8. Self Destruct
  9. Calm Down
  10. Call Me When You’re Sober
  11. Beautiful Lie
  12. Wasted on You
  13. Forever Without You
  14. Bring Me to Life
  15. Imaginary
  16. Better Without You
  17. About Us
  18. End of You (avec Poppy)
  19. Who Will You Follow
  20. My Immortal
  21. Wide Open Heart

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