Le chanteur de Limp Bizkit, Fred Durst, a déposé une plainte de 200 millions de dollars (environ 182 millions d’euros) contre Universal Music Group (UMG) pour des royalties non payées, accusant la société de pratiques comptables frauduleuses, selon Billboard. Cette action en justice, déposée le 8 octobre 2024 à Los Angeles, pourrait avoir des répercussions majeures sur l’industrie musicale.
Des millions de royalties jamais versées
Durst et les autres membres de Limp Bizkit affirment que UMG les a privés de millions de dollars de royalties qui leur étaient dus pour les albums qu’ils ont enregistrés au sommet de leur popularité, entre la fin des années 90 et le début des années 2000. Le groupe, connu pour ses hits comme Significant Other et Chocolate Starfish and the Hot Dog Flavored Water, a vendu environ 45 millions d’albums à travers le monde.
Le chanteur allègue que l’accord initial signé avec Interscope/Geffen/A&M, distribué par UMG, prévoyait des avances pour financer l’enregistrement des albums, qui devaient être récupérées par le label avant que les royalties ne soient versées aux artistes. Cependant, Durst affirme n’avoir jamais reçu un centime de royalties, même après avoir prétendument “remboursé” les sommes avancées.
Selon les documents déposés au tribunal, UMG aurait informé les représentants de Durst qu’environ 43 millions de dollars de coûts étaient encore à recouvrer, et que la société n’était donc pas tenue de payer des royalties. Cependant, Durst et son équipe contestent ce montant, affirmant que les comptes de Limp Bizkit auraient dû commencer à générer des paiements dès 2019.
Une enquête qui révèle des pratiques frauduleuses
En avril dernier, Durst a engagé une nouvelle équipe de représentants pour examiner pourquoi lui et son groupe n’avaient jamais reçu de royalties. Ce n’est qu’alors qu’ils ont découvert que plus de 1 million de dollars étaient dus à Limp Bizkit, somme que UMG a finalement libérée après avoir invoqué une “erreur logicielle”. De plus, 2,3 millions de dollars supplémentaires ont été débloqués pour Flawless Records, l’ancienne maison de disques dirigée par Durst.
Malgré ce paiement, Durst accuse Universal Music Group d’avoir mis en place un système frauduleux pour éviter de verser des royalties à Limp Bizkit et à d’autres artistes signés sous son label Flawless Records. La plainte de Durst stipule : “La création d’un tel système par UMG, tout en se présentant comme une société qui investit dans ses artistes, rend la découverte de cette fraude d’autant plus alarmante et dérangeante.”
Des impacts potentiels pour d’autres artistes
Fred Durst ne se contente pas de réclamer les millions de royalties qui lui sont dus. Dans sa plainte, il demande également l’annulation du contrat de Limp Bizkit avec UMG, ce qui permettrait au groupe de récupérer les droits de leurs albums enregistrés sous la direction du label. Cela inclurait également les œuvres des artistes signés sous Flawless Records, comme Puddle Of Mudd et Big Dumb Face.
La plainte pourrait également ouvrir la voie à d’autres artistes pour qu’ils vérifient leurs propres contrats et paiements de royalties. Durst suggère que des centaines d’autres artistes ayant travaillé avec UMG pourraient avoir été victimes de pratiques similaires. Il déclare que les montants que UMG leur doit, s’ils récupèrent les droits de leurs albums et les royalties impayées, pourraient dépasser 200 millions de dollars.
Une bataille juridique à suivre
Alors que cette affaire commence à faire surface, Universal Music Group n’a pas encore commenté la plainte de Durst. Ce procès pourrait non seulement affecter l’avenir de Limp Bizkit, mais aussi créer un précédent dans l’industrie musicale, où les pratiques de recouvrement des labels ont souvent été critiquées. La résolution de cette affaire pourrait potentiellement remettre en question les méthodes de gestion des royalties et des contrats des artistes au sein de grandes maisons de disques.