Pentagram ne jouera pas en Australie : le casier judiciaire de son chanteur relance la polémique

(Mis à jour le ) à 11h03
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Pentagram ne jouera pas en Australie : le casier judiciaire de son chanteur relance la polémique

Prévue pour août, la première tournée australienne et néo-zélandaise de Pentagram est annulée suite à la réapparition d’une condamnation pénale passée visant son chanteur Bobby Liebling, provoquant une vague d’indignation locale.

Le passé de Bobby Liebling fait capoter la tournée

Initialement prévue du 6 au 16 août, la tournée australienne et néo-zélandaise de Pentagram devait marquer une première pour le groupe doom formé dans les années 70. Malgré un regain d’intérêt récent autour du groupe, la polémique a rattrapé les musiciens peu avant leur arrivée sur place.

Dans un communiqué publié le 18 juillet, le promoteur local Hardline Media a annoncé la mise en pause de la tournée : « En raison des allégations entourant la tournée australienne/néo-zélandaise de Pentagram, nous avons décidé de la suspendre. Aucun visa n’a été délivré, et aucun lieu ni membre du staff n’est impliqué dans ces allégations. Nous vous remercions pour votre patience et votre compréhension. »

En réalité, cette décision fait suite à une mobilisation d’activistes et de fans dénonçant la venue de Bobby Liebling sur le territoire. La journaliste et militante Sherele Moody, connue pour son travail avec l’Australian Femicide Watch, a ravivé l’attention médiatique autour de sa condamnation en 2017 pour maltraitance envers un adulte vulnérable, en l’occurrence sa propre mère.

Un passé judiciaire déjà documenté

Ce pan sombre de la vie de Liebling avait été exposé dans le documentaire Last Days Here (2011), qui retraçait sa longue lutte contre l’addiction. En 2017, le chanteur fut arrêté et condamné à 18 mois de prison, ainsi qu’à trois ans de probation. À l’époque, son groupe avait annulé sa participation à une tournée avec The Obsessed, invoquant des « problèmes personnels ».

Greg Turley, alors membre de Pentagram, avait affirmé que Liebling avait agressé sa mère dans un « état de rage induit par la drogue ». Le chanteur avait ensuite réintégré le groupe en 2019, après avoir été décrit comme « repentant et réhabilité » par ses camarades.

Un retour sous les projecteurs… pour de mauvaises raisons

Depuis le début de l’année, Pentagram connaît un regain de popularité inattendu, porté par un mème viral mettant en scène Bobby Liebling lors d’un concert. Comme rapporté dans cet article, l’image de son regard halluciné et de sa chevelure en apesanteur a propulsé le chanteur dans un tourbillon médiatique. Interviewé par Altars of Metal, il expliquait : « J’ai joué de la musique pendant plus de cinquante ans… et je deviens célèbre pour une blague. »

Si cette notoriété soudaine a généré de l’intérêt, elle n’a pas forcément eu d’impact sur les ventes de billets, comme l’expliquait Liebling lui-même. Pourtant, elle a suffi à relancer des interrogations sur son passé, notamment au moment de l’annonce de cette tournée en Océanie.

Face à l’ampleur de la contestation, les organisateurs ont donc préféré faire marche arrière. Aucun détail n’a encore été communiqué concernant un éventuel report ou remplacement. Les détenteurs de billets seront contactés directement, selon Hardline Media.

Un groupe entre culte et controverse

Pentagram occupe une place à part dans l’histoire du doom metal. Fondé au début des années 70, le groupe a connu une reconnaissance tardive, souvent freinée par les luttes personnelles de son frontman. Cette annulation rappelle à quel point la résurgence médiatique d’un artiste peut rapidement être rattrapée par les controverses de son passé.

Alors que le débat reste vif en Australie, notamment dans un contexte de dénonciation accrue des violences masculines, l’avenir de cette tournée et de la carrière scénique de Liebling semble désormais incertain.

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