Dans la carrière de David Gilmour, certaines dates semblent écrites à l’encre indélébile. Le 6 mars en fait partie. Ce jour-là, le guitariste et chanteur de Pink Floyd célébrait à la fois son anniversaire et la sortie de son troisième album solo, On An Island. Vingt ans plus tard, le disque conserve une aura particulière dans sa discographie : une parenthèse contemplative, façonnée sur plusieurs années et enrichie par de nombreux musiciens de renom, qui marquait le retour du guitariste à une œuvre personnelle après plus de deux décennies de silence discographique.
Un anniversaire gravé dans la discographie
Le hasard du calendrier — ou peut-être un clin d’œil parfaitement assumé — a voulu qu’On An Island paraisse au Royaume-Uni le 6 mars 2006, jour du 60e anniversaire de David Gilmour. L’album mettait fin à une longue attente : son précédent disque solo, About Face, remontait à 1984.
Cette sortie symbolique s’accompagne d’un succès immédiat. L’album entre directement à la première place du classement britannique et y reste pendant 19 semaines. Pour Gilmour, il s’agit alors d’un premier numéro un en solo au Royaume-Uni, tandis que le disque se hisse également dans les meilleures positions de nombreux classements internationaux, notamment en Europe et en Amérique du Nord.
La gestation du projet s’étend sur plusieurs années. Entre 2001 et 2005, les sessions prennent forme dans plusieurs lieux familiers du musicien : son studio installé sur la péniche Astoria, sa propriété dans le Sussex, les British Grove Studios de Londres et les célèbres Abbey Road Studios.
Un album collectif derrière l’isolement du titre
Malgré son titre évocateur, On An Island n’a rien d’une œuvre solitaire. Le disque réunit autour de Gilmour un ensemble de collaborateurs proches et prestigieux.
Parmi eux figure Richard Wright, claviériste historique de Pink Floyd, qui apporte son orgue Hammond sur plusieurs morceaux et partage le chant sur The Blue. Les harmonies vocales de David Crosby et Graham Nash enrichissent quant à elles le morceau titre, ajoutant une texture aérienne à l’ensemble.
Les orchestrations, signées par le compositeur polonais Zbigniew Preisner, donnent au disque une ampleur cinématographique. Enregistrées à Abbey Road avec un orchestre dirigé par Robert Ziegler, elles enveloppent les compositions d’une atmosphère à la fois ample et apaisée.
Autre élément central du projet : les textes. Une grande partie d’entre eux est écrite par Polly Samson, épouse de Gilmour, ce qui confère à l’album une dimension intime et introspective.
Entre atmosphères planantes et élans blues
Musicalement, On An Island progresse comme une dérive tranquille entre textures atmosphériques et morceaux plus ancrés dans le blues et le rock.
Dès l’ouverture, l’instrumental Castellorizon installe l’identité sonore du disque grâce à la Stratocaster immédiatement reconnaissable de Gilmour. Plus loin, des titres comme This Heaven ou Take A Breath laissent davantage de place à une énergie bluesy et à des structures plus directes.
À l’inverse, Red Sky At Night ou Then I Close My Eyes privilégient une approche instrumentale et atmosphérique, où les arrangements et les textures sonores prennent le pas sur la structure traditionnelle de la chanson.
Après la sortie de l’album, David Gilmour part en tournée avec un groupe comprenant notamment Richard Wright et Phil Manzanera. Les concerts proposent l’intégralité d’On An Island aux côtés de plusieurs classiques du répertoire de Pink Floyd.
David Gilmour célèbre aujourd’hui ses 80 ans tandis qu’On An Island fête les vingt ans de sa sortie.