Alissa White-Gluz a passé une grande partie de sa vie sur les routes. Aujourd’hui, l’ancienne chanteuse d’Arch Enemy ne parle pas seulement de concerts, d’albums ou de succès : elle parle surtout de ce qu’elle ne pourra jamais récupérer.
Dans une nouvelle interview, l’actuelle frontwoman de DragonForce et Blue Medusa revient sur les moments familiaux qu’elle a manqués au nom de la musique. Une confession rare, presque brutale, sur le prix réel d’une carrière dans le metal.
“Je n’ai assisté aux funérailles d’aucun de mes grands-parents”
Interrogée par Moshpit Passion lors du festival Rock Am Ring, Alissa White-Gluz est revenue sur ce que ses années de carrière lui ont appris, notamment après plus d’une décennie passée avec Arch Enemy.
La chanteuse ne cherche pas à noircir le tableau. Elle sait ce que la musique lui a apporté. Mais elle mesure aussi ce qu’elle lui a pris.
Elle confie : “Je n’ai assisté aux funérailles d’aucun de mes grands-parents. J’ai raté les mariages de mes amis. Je n’ai pas été là pour la naissance de mes nièces et de mes neveux. Je suis passée à côté de tous ces moments parce que j’étais constamment sur les routes.”
La phrase est simple, presque sèche. Et c’est précisément ce qui la rend si forte. Derrière les tournées mondiales, les festivals et les disques, il y a aussi ces places vides à table, ces appels passés trop tard, ces moments familiaux que personne ne rejoue.
“Vous êtes un être humain, pas un produit”
White-Gluz explique avoir longtemps pensé comme beaucoup de musiciens : il faut tout donner à la musique, quoi qu’il en coûte. Monter dans le van, partir, enchaîner, recommencer. Toujours être disponible. Toujours être “professionnelle”.
Aujourd’hui, elle nuance cette idée avec une lucidité assez désarmante : “La famille compte. La santé compte. Votre vie compte. Il ne faut pas oublier que nous sommes des êtres humains avant d’être des musiciens. Nous ne sommes pas des machines conçues uniquement pour produire de la musique.”
La chanteuse ajoute qu’il faut aussi apprendre à écouter son instinct, surtout lorsque certaines situations ou certaines personnes déclenchent un signal d’alerte intérieur : “Quand on ignore son instinct, on finit souvent par le regretter.”
Après Arch Enemy, un nouveau chapitre
Arrivée chez Arch Enemy en 2014 pour succéder à Angela Gossow, Alissa White-Gluz a enregistré quatre albums avec le groupe : War Eternal, Will To Power, Deceivers et Blood Dynasty. Son dernier concert avec la formation suédoise a eu lieu en novembre 2025 à Düsseldorf.
Depuis, la Canadienne a ouvert une nouvelle phase de sa carrière, entre son arrivée chez DragonForce et l’ascension de Blue Medusa, un projet qu’elle présente comme beaucoup plus personnel.
Elle résume aujourd’hui sa prise de conscience en une phrase qui sonne comme une évidence tardive : “On peut toujours repartir en tournée. On ne récupère jamais les moments qu’on a manqués auprès de ceux qu’on aime.”