Muse : The Wow! Signal, son meilleur album depuis près de vingt ans ?

(Mis à jour le ) à 16h48
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Muse : The Wow! Signal, son meilleur album depuis près de vingt ans ? © Polocho (Presse)

J’avais fini par écouter les nouveaux albums de Muse avec plus de curiosité que d’enthousiasme. Trop souvent, le trio britannique semblait courir après sa propre légende, empilant les concepts, les effets et les grands gestes sans retrouver cette évidence qui faisait autrefois sa force. Avec The Wow! Signal, la surprise est donc réelle : Muse ne se réinvente pas, mais il recommence enfin à sonner comme un groupe qui sait pourquoi il joue.

L’album avait pourtant tout du piège. Riffs massifs, synthés, science-fiction, refrains d’arena, grandiloquence cosmique : tous les ingrédients étaient réunis pour basculer dans l’autocitation. Au lieu de cela, The Wow! Signal remet de l’ordre dans la machine. Un disque de reconquête, plus ramassé qu’il n’y paraît, et probablement le plus convaincant de Muse depuis près de vingt ans.

Muse retrouve son centre de gravité

Ce qui frappe d’abord, c’est l’équilibre. L’album rassemble les différentes facettes du groupe sans donner l’impression d’un patchwork : le rock musclé, les nappes futuristes, les mélodies immédiates, les atmosphères spatiales et cette emphase très Bellamy qui peut autant fasciner qu’agacer. Cette fois, le concept ne dévore pas les chansons.

Le titre renvoie au célèbre signal radio détecté en 1977, souvent associé à l’idée d’une possible origine extraterrestre. Difficile d’imaginer terrain plus naturel pour Muse. Mais là où certains disques récents semblaient construire leurs morceaux autour de l’habillage, The Wow! Signal remet l’écriture au centre. Les chansons respirent davantage. Elles cessent d’empiler les idées pour laisser chaque refrain trouver sa place.

Le retour du riff comme moteur

Premier vrai soulagement : le son a du corps. Les guitares ne sont pas seulement plus présentes, elles reprennent leur rôle de moteur. La basse de Chris Wolstenholme pèse dans le mix, la batterie de Dominic Howard retrouve du souffle, et l’ensemble possède un impact physique que Muse avait parfois dilué dans ses ambitions les plus décoratives.

Ce n’est pas un hasard si les meilleurs moments sont aussi les plus directs. Unravelling, The Sickness In You & I et Space Debris rappellent pourquoi ce groupe a marqué toute une génération : des riffs qui saisissent dès les premières secondes, des refrains assez larges pour les arenas, mais une tension qui évite le simple pilotage automatique. On sent moins le groupe en train de cocher des cases que de retrouver une forme d’instinct.

Une réussite, mais pas un grand saut

Il serait exagéré de parler de révolution. The Wow! Signal regarde souvent dans le rétroviseur, parfois même d’un peu trop près. Certains passages évoquent si clairement les grands classiques du groupe que l’hommage à soi-même frôle l’autocitation. Le plaisir reste là, mais l’effet de surprise, lui, demeure limité.

Les titres les plus pop divisent davantage. Hush et Be With You ne sont pas mauvais ; ils souffrent surtout de la comparaison avec des morceaux plus habités, plus tendus, plus incarnés. Même réserve pour les paroles, toujours partagées entre visions cosmiques séduisantes et formules grandiloquentes. Chez Muse, l’excès fait partie du charme. Il reste aussi, parfois, son principal défaut.

Verdict

The Wow! Signal n’est pas un nouveau Absolution, ni un second Black Holes And Revelations. C’est autre chose : un album qui redonne du crédit à Muse au moment où l’on craignait de ne plus attendre grand-chose de ses nouveaux disques. Plus rock, plus cohérent, plus vivant, il réussit à transformer une synthèse de carrière en vrai regain d’inspiration.

Finalement, le plus beau compliment que l’on puisse faire à The Wow! Signal, c’est qu’il donne envie d’arrêter de comparer Muse à son passé. Cela faisait longtemps que cela n’était plus arrivé.

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