Igorrr signe un retour fracassant avec Amen, un album d’une richesse sonore et émotionnelle rare. À la fois extrême, décalé et accessible, ce nouveau chapitre affirme plus que jamais la singularité du projet mené par Gautier Serre.
Une œuvre foisonnante et viscérale
Sorti le 19 septembre chez Metal Blade Records, Amen réunit tout ce qui fait l’essence d’Igorrr : le goût du mélange improbable, le refus des carcans et une créativité débordante. L’album navigue avec aisance entre les genres – metal extrême, breakcore, musique baroque, électronique – sans jamais perdre sa cohérence.
Dès les premières secondes de Daemoni, le ton est donné. L’auditeur est happé dans un univers où la violence brute côtoie l’élégance des chœurs classiques, où les rythmiques explosent sans prévenir, où l’absurde se mêle au sacré. Cette tension permanente fait tout le sel d’un disque aussi exigeant que captivant.
Un disque en équilibre entre chaos et émotion
Chaque morceau raconte une histoire, souvent chaotique, parfois drôle, toujours intense. Avec Headbutt, c’est un véritable duel entre piano et pelleteuse qui prend vie. Quant à Blastbeat Falafel, il fait exploser les codes en mêlant death metal, musique orientale et rythmes syncopés dans un tourbillon sonore aussi furieux que jouissif.
ADHD fonctionne, selon Gautier Serre, comme une forme d’autoportrait musical : « C’est un morceau qui passe d’un point à un autre sans logique apparente, à l’image d’un esprit hyperactif. Tout part en vrille, jusqu’à la rupture finale. » Un témoignage brut et sans filtre, à la fois drôle et troublant.
À l’inverse, Infestis plonge dans des abîmes bien plus sombres. L’artiste y évoque une perte de contrôle intérieure : « C’est une exploration de l’impression d’être possédé. Il n’y a plus de lutte possible, tout est déjà perdu. »
Une œuvre radicale mais ouverte
Malgré son exubérance, Amen reste étrangement accessible. La production claire et les choix de structure permettent de suivre le fil même dans les morceaux les plus éclatés. On sent que tout a été pensé avec précision, jusque dans les moindres détails.
Enregistré avec une chorale dans une église, enrichi de textures électroniques et de timbres inédits, l’album impressionne par sa densité mais n’écrase jamais l’auditeur. Il invite plutôt à se laisser emporter, à lâcher prise. À sa manière, Igorrr offre ici une expérience profondément humaine, entre catharsis, humour absurde et beauté brute.
Amen est disponible depuis le 19 septembre. Igorrr se produira en France dès le mois prochain, avec un concert prévu à l’Olympia (Paris) le 17 octobre.
