Découvrir The Contortionist aujourd’hui, c’est presque découvrir deux groupes différents. À ses débuts, les Américains jouaient un metal progressif très technique, lourd et encore bien marqué par le deathcore. Quelques années plus tard, ils étaient capables de sortir Clairvoyant, un disque lent, mélancolique et parfois franchement plus proche du rock progressif atmosphérique que du metal.
Alors, par où commencer au milieu de tout ça ? Je dirais Language. Pas nécessairement parce que c’est leur meilleur album, chacun se débrouillera avec ce débat, mais parce qu’il se trouve pile au milieu de la transformation du groupe.
Commencez par Language
Sorti en 2014, Language est le premier album de The Contortionist avec Michael Lessard au chant. Le groupe conserve les rythmiques complexes, les guitares bien graves et une partie de l’agressivité de ses débuts, tout en laissant beaucoup plus d’espace dans ses morceaux.
C’est probablement le disque où les deux versions de The Contortionist cohabitent le mieux. Language I: Intuition, Language II: Conspire, Primordial Sound et Thrive donnent déjà une très bonne idée de ce que le groupe sait faire.
Et surtout, Language permet assez rapidement de savoir dans quelle direction continuer.
Après ça, tout dépend de ce que vous avez préféré
Si vous avez surtout accroché aux passages les plus calmes et planants, écoutez Clairvoyant. Sorti en 2017, l’album pousse beaucoup plus loin ce que The Contortionist avait commencé avec Language. Les screams disparaissent presque entièrement, les morceaux respirent davantage et les claviers prennent énormément de place.
Reimagined, Return To Earth et Monochrome (Pensive) résument assez bien cette facette du groupe. Pour quelqu’un qui vient du post-rock ou du rock progressif moderne, Clairvoyant pourrait même être un meilleur point de départ que Language.
Maintenant, si ce sont surtout les passages lourds de Language qui vous ont plu, il faut faire exactement l’inverse et remonter dans le temps.
Intrinsic, sorti en 2012, fait encore le lien entre les deux époques, tandis qu’Exoplanet revient franchement aux origines. Metal progressif, deathcore, rythmiques djent, chant extrême et grosses ambiances de science-fiction, le premier album du groupe est nettement plus agressif.
Si vous aimez le deathcore progressif et le metal technique des années 2010, vous pouvez d’ailleurs commencer directement par Exoplanet. Quelqu’un qui découvre The Contortionist avec Clairvoyant risque en revanche d’avoir un petit moment de confusion en remontant jusque-là.
L’EP Our Bones, sorti en 2019, peut attendre. Il prolonge le The Contortionist moderne et devient plus intéressant une fois les albums précédents assimilés.
Un groupe qui a presque changé de nature
C’est finalement ce qui rend The Contortionist assez particulier. Entre Exoplanet et Clairvoyant, la technicité n’a jamais vraiment disparu, mais elle s’est retrouvée de moins en moins au centre de la musique.
Le changement est suffisamment important pour que deux fans puissent aimer le groupe pour des raisons complètement différentes. Certains ne jurent que par Exoplanet, d’autres préfèrent largement Language ou Clairvoyant.
Donc, commencez par Language. Si vous voulez quelque chose de plus calme après ça, allez vers Clairvoyant. Si vous voulez que ça cogne davantage, remontez vers Intrinsic puis Exoplanet.
Après, vous pourrez rejoindre les fans du groupe dans leur activité favorite depuis quelques années, attendre le prochain album.