La dernière visite de Nothing More à Paris remontait à son passage au Trabendo. Cette fois, c’est dans la belle salle de l’Elysée Montmartre, sous la houlette de Live Nation, que les Américains multitalents ont élu domicile pour la soirée. Et cela leur va comme un gant.
Ankor
Pour nous mettre en appétit, c’est Ankor, formation espagnole au son metalcore, emmenée par l’efficace chanteuse Jessie Williams, qui ouvre la danse.
De l’énergie, indéniablement, devant une salle encore un peu clairsemée. Quelques petits problèmes de son toutefois, ainsi qu’une setlist moins marquante que lors de leur passage en mainstage au Hellfest.
La performance se déroule néanmoins dans un bel échange avec le public, notamment lorsqu’un fan offre un drapeau français, aussitôt brandi par Jessie, visiblement touchée par l’accueil réservé au groupe.
Setlist
- Darkbeat
- Stereo
- Embers
- Oblivion
- MADARA · endless dream
- Prisoner
- Venom
Solence
Puis c’est au tour de Solence de nous séduire avec un rock un peu moins pop en live que sur disque, tout en conservant cette empreinte néocore nouvelle génération.

Le groupe lance son set avec Angels Calling, issue du dernier album. On constate une belle réactivité du jeune public, notamment sur leur titre phare Good F**King Music. Ça bouge autant sur scène que dans la fosse.

Les musiciens se montrent investis et généreux. Les classiques comme Animal In Me mettent l’audience en joie, et Who You Gonna Call? (Solence) vient clôturer la performance en beauté.


Les fans pourront les revoir bientôt, en mai 2026 à la Maroquinerie.


Setlist
- Angels Calling
- Good F**King Music
- Where Were You..?
- Blackout
- Heaven
- Animal In Me
- Who You Gonna Call? (Solence)
Catch Your Breath
Catch Your Breath, à l’empreinte musicale plus affirmée, fait son effet dès les premières notes de Savages. Une fibre plus brute, un metalcore aux frontières du nu metal, qui retient davantage mon attention.

Le frontman Josh Mowery, tignasse retenue par un bonnet, bouge, harangue la foule et enchaîne les performances vocales puissantes.
Les Texans donnent l’impression d’être plus nombreux qu’ils ne le sont réellement, tant la richesse instrumentale et la présence scénique impressionnent, notamment avec le bassiste Cianan Madigan, qui semble en transe.

Moi comme le public semblons conquis par Dark, bijou de 2025 renfermant un savant mélange de force et d’émotion.
Un set un peu trop court, incluant Perfect World et Ghost Inside the Shell, qui appelle une prochaine performance plus longue pour en profiter pleinement.

Setlist
- Savages
- Deadly
- Dark
- Ghost Inside the Shell
- Perfect World
- Good in Goodbye
- Y.S.K.W.
- 21 Gun Salute
- Dial Tone
- Shame On Me
Nothing More
Puis vient le moment tant attendu par une foule désormais dense et impatiente, toutes générations confondues.
Un couple de quadras en blousons assortis témoigne de son engouement, accroché aux crash barriers, tandis que les regards du premier rang pétillent déjà.
L’entrée en scène du groupe est accueillie par des ovations qui redoublent à l’apparition du frontman Jonny Hawkins, dont on découvre la body paint de la soirée. À chaque performance, le chanteur applique sur sa peau un graphisme unique.

C’est en mettant à l’honneur Carnal, dernier album en date (2024), avec House on Sand suivi du tubesque Angel Song, que le groupe entame sa prestation. Et quel plaisir.
Les musiciens sont en pleine forme, particulièrement Mark Vollelunga, qui ravit le public avec ses riffs entraînants. Daniel Oliver n’est pas en reste à la basse, toujours prompt à plaisanter. Il nous gratifie d’ailleurs d’un clin d’œil en début de set, coiffé d’un béret parisien rouge.

La performance se poursuit sans temps mort avec If It Doesn’t Hurt, puis un moment de connivence lorsque les musiciens — à l’exception de Ben Anderson, rivé à ses fûts — s’amusent avec l’un de leurs traditionnels dispositifs instrumentaux : un support combinant guitare et basse, sur lequel les trois se relaient et se regroupent pour expérimenter en live, le tout sublimé par un jeu de lumières particulièrement réussi.


Nothing More est un groupe où les talents se croisent et s’échangent, portés par un amour évident de la musique. La diction rythmée dans les parties chantées, petite marque de fabrique de Jonny — toujours batteur dans l’âme —, en est une belle illustration, notamment sur Don’t Stop.

La performance conserve une très belle dynamique avec le classique Go to War, dont la profondeur mélodique reste touchante, ou encore Freefall, titre sorti en duo avec Chris Daughtry.

S’ensuit une démonstration de talent avec un solo de batterie délivré avec puissance par Ben Anderson, accompagné de Mark et Daniel, basse et guitare en mains.

Le public est déjà galvanisé lorsque le groupe interprète We’re in This Together, reprise très réussie de Nine Inch Nails, sortie à l’automne 2025. Puis s’enchaînent des morceaux toujours plus intenses : Jenny, toujours aussi poignant, Spirits — le public choisissant finalement ce titre plutôt que Mr. MTV —, Stuck et Fadein/Fadeout, dont la charge émotionnelle demeure saisissante.

La fin de performance semble arriver bien trop vite avec This Is the Time (Ballast), qui, plus de dix ans après sa sortie, met toujours aussi bien en valeur la voix de Jonny et contient l’essence même de l’écriture du groupe.

Setlist
- House on Sand
- Angel Song
- Let ’em Burn
- If It Doesn’t Hurt
- Don’t Stop
- Go to War
- Freefall
- Drums/Guitar/Bass Solo
- We’re in This Together (Nine Inch Nails cover)
- Jenny
- Spirits
- Stuck
- Fadein/Fadeout
- Ocean Floor
- This Is the Time (Ballast)
Une soirée placée sous le signe du partage et un grand moment musical s’achèvent. On ne peut qu’espérer que la prochaine date ne se fera pas trop attendre.


