Hellfest 2026 : Iron Maiden, Bloodywood, Sepultura et Malevolence enflamment le vendredi

(Mis à jour le ) à 08h33
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Hellfest 2026 : Iron Maiden, Bloodywood, Sepultura et Malevolence enflamment le vendredi © Tetralens

Réveil au son des petits oiseaux, après de très courtes heures de sommeil. On n’entend pas encore les balances des groupes, le soleil ne nous brûle pas encore, mais l’enfer ne saurait tarder.

10 h 30, ça tape. Allons nous mettre dans l’ambiance avec les Polynésiens d’Uravena, parmi les lève-tôt de ce deuxième jour. Une très belle surprise que ce groupe lointain, qui donne tout dans un mélange à la fois puissant et chargé de sonorités polynésiennes. Instruments traditionnels, mais message universel : suivre sa propre route et ne pas se laisser enfermer par une quelconque forme d’oppression.

Dommage, pas de mer ni de plage à proximité. C’est bien de commencer une journée comme on a fini la précédente : en voyageant. On a rarement vu un circle pit à cette heure-là. L’uravena — le poisson — a pris le courant.

Enchaînement étourdissant avec Wake The Dead en Warzone. Les petits Français, accompagnés d’Aleksandra, leur nouvelle chanteuse, posent leur hardcore sans ménagement. Ils sont au taquet et le public répond présent.

Ça donne un moment haut en couleur, notamment avec l’un des tableaux les plus typiques et fédérateurs du festival : le bassiste se poste au milieu de la fosse tandis que le circle pit bourdonne autour de lui. Un set d’anthologie.

Gridiron envoie du steak sur la Warzone. Ça tombe bien, le pit s’est transformé en grill. En milieu de journée, il fait très chaud. Wall of death et circle pit : ça bouge bien. On voit même passer un slameur, une jambe à la main.

Pendant ce temps, Killus nous entraîne dans son univers mi-drôle, mi-creepy, porté par un metal industriel ébréché sous le Temple. Grimages, sauts, sons saturés et face paint en prime. Ça donne encore plus envie de mieux les découvrir lors de l’interview.

On reste dans le secteur avec Crypta, girl band brésilien qui dégoupille son death metal en Altar. Pendant tout le premier morceau, le micro principal ne transmet rien. Dommage, car la voix de la chanteuse est puissante et rageuse, à l’image de ce que renvoie ce quatuor féminin tout de cuir vêtu.

Mais rien ne les arrête. C’est avec aplomb et brio que Crypta entraîne le public dans son univers lugubre venu du Brésil. Sepultura, c’est bon, vous pouvez partir tranquilles maintenant : la relève est là.

Apercevoir et entendre Queensrÿche au loin, se rendre compte que ça envoie toujours aussi bien… puis se diriger vers la Warzone pour Point Mort.

15 h 05. Sur une scène tout en fleurs surgit un petit bonbon rose, venu nous déverser sa rage, accompagné de son quatuor de musiciens. Deux guitaristes tout de noir vêtus jouent la discrétion. Un bassiste à fleurs se montre plus présent et, pour rythmer tout ça, un batteur est entouré de fleurs jusque sur sa chemise.

La chanteuse calme le jeu pour nous faire doucement monter en pression, jusqu’à l’éclatement. Circle pit tout doux, slameur en chaise roulante et poireaux qui virevoltent dans les airs.

Changement de continent avec Bloodywood. Le démon du metal indien a fait le voyage et nous surplombe depuis la Mainstage, devant un public très déterminé. Aujourd’hui, on voyage encore.

Vous avez déjà vu un slameur faire la planche ? Et un autre faire du surf sur cette planche humaine ? Ça, c’est le pit de Bloodywood. Comme à chacune de leurs apparitions, la touche indienne ne fait que relever davantage leur metalcore puissant et rageur. Bien sûr que tout le monde les adore. Quelle énergie, et quelle présence scénique.

On repart vers un autre continent avec Sepultura. La voix puissante de Derrick Green, associée au tourbillon de talent d’Andreas Kisser à la guitare, ça marche toujours. Mais on ne les présente plus.

Petit bémol sur la batterie. Bon, non, je suis de parti pris : Eloy Casagrande est fantastique, mais Geyson Nekrutman se défend.

Le lendemain, ce sera au tour des frères Cavalera de revenir aux origines… ou pas.

Decapitated en Altar : ressortirons-nous avec notre tête ? « Hellfest, are you still alive? » Ils se sont donné du mal pour nous rendre vivants… ou nous faire perdre la tête.

Direction ensuite la Valley pour Loathe. Deux chanteurs qui alternent pour dévoiler les deux facettes du groupe. Il faut bien nous détendre, puis nous agiter, afin de passer par toutes les émotions. En tout cas, la Valley est bien remplie sous ce soleil rasant.

La sirène retentit pour annoncer Malevolence en Warzone. Ça sent la bagarre, et la Warzone s’anime.

Le pit s’ouvre d’un coup sur toute la largeur, sous la houlette de Will Ramos (Lorna Shore), en embuscade en régie. Tout le monde recule pour laisser le chef d’orchestre faire démarrer deux circle pits en même temps. Il voulait de l’énergie : il est allé la chercher, accompagné de musiciens très mobiles sur scène.

Petit solo de guitare, puis place aux slameurs. Ça barde sévère. Parmi les objets insolites qui slament, nous avons cette fois un tonneau-poubelle.

Le pit est à deux doigts de la folie lorsqu’un gros circle pit s’ouvre, puis Malevolence lance une petite ballade. Crowdsurfing géant pour faire transpirer les challengers, avant une finition en bordel général. Merci la sécu. Ça promet un gros samedi en Warzone.

Pendant ce temps, autre scène, autre ambiance… Puis vient la référence. La légende.

Iron Maiden

Le public pourrait se lasser, après tant de passages au Hellfest. Les musiciens aussi… ? Que nenni. Chaque fois, le tableau est différent, la setlist aussi. Mais l’énergie et la symbiose entre Maiden et son public restent toujours aussi belles.

Après une petite rétrospective sur écran, ce n’est pas seulement Bruce Dickinson qui apparaît en grande forme. L’ensemble des musiciens bouge de droite à gauche et vient narguer la foule avec guitares et basse, telles des haches guerrières.

Ah, elle est là, la hache ! Dans la main d’un Eddie géant qui menace les musiciens. Sans oublier, bien sûr, le célèbre lancer de micro de Bruce…

Un show bien huilé, avec un réel plaisir visible chez Steve Harris, Bruce Dickinson, Adrian Smith et même Dave Murray, parfois un peu plus calme. Un très grand moment de ce Hellfest.

Besoin d’un temps calme après ça. C’est l’occasion de se poser un peu dans l’espace VIP/médias. Bon, il y a les habituels trempeurs de pieds dans la mare aux nénuphars, mais passons.

Il faut tout de même prendre deux minutes pour parler des adaptations mises en place afin d’améliorer les conditions pour tous : de nombreuses zones de brumisation sur le site, une climatisation dans l’espace presse, ainsi qu’un couloir réservé aux photographes devant les Mainstages, délimité et à l’ombre.

Hallelujah ! Ah non, pardon : blegh !

Il faut aussi souligner la présence très active du Hellcare, dont les équipes maraudent sur l’ensemble du site à la rencontre des festivaliers.

Pour clore la journée, The Dillinger Escape Plan en Warzone. Pas d’échappatoire. Énergie à revendre, dissonance volontaire et montée en pression.

Mais peut-être est-ce simplement la fatigue : cette fois, je n’arrive pas à entrer dans l’ambiance. Après une telle journée, même l’énergie folle de The Dillinger Escape Plan ne parvient plus à me happer.


Crédits : live report réalisé par Tetralens (Emma B.) et FouPouDav. Merci à toute l’équipe du Hellfest pour son accueil.

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