Première journée à Clisson pour cette édition 2026 du Hellfest. Entre chaleur écrasante, premiers pogos et concerts très attendus, l’aventure commence dès le trajet et se poursuit jusqu’au cœur de la nuit.
L’aventure Hellfest se vit parfois dès le trajet. Il faut mettre tout le matériel dans la voiture, sous les regards entendus des voisins, avec en prime un petit : « Ça sent le Hellfest, ça… »
Absolument. Comme chaque année, le Hellfest est un rendez-vous, un pèlerinage pour tous les amoureux de musique extrême.
Dès l’arrivée à Clisson, la chaleur est omniprésente. On ne doit pas être loin des enfers. Après un passage nécessaire par la zone média, encore à peu près calme, pour récupérer le précieux sésame, vient enfin l’entrée dans la fourmilière de Satan. C’est parti !!!
Entrée en matière sur la Mainstage avec We Came As Romans, qui ouvre le bal. Premier circle pit, premier pogo, premier slam : ça s’ambiance dans la foule, où copains et inconnus échangent sourires et bières fraîches. Les titres phares s’enchaînent, les riffs sont entraînants : on est dans la danse.
Direction la Warzone pour Satanic Surfers, mais les Suédois n’ont pas ramené la fraîcheur nordique. À la place, ils nous offrent un vent de rage old school digne de la Warzone.
Devant un public déjà très, très fourni, la Mainstage accueille maintenant Taylor Momsen. Aussi menue que charismatique, la chanteuse virevoltante de The Pretty Reckless nous montre que, dans sa nuisette de satin blanc, se cache un talent dingue et qu’elle a du coffre.
Sous cette chaleur torride, elle prend d’assaut la Mainstage et nous régale d’un rock bien lourd et enivrant. En milieu de set, le groupe sonne la fin de la récréation pour nous chauffer encore davantage. Poing en l’air, ce petit bout de femme nous montre toute sa force.
On enchaîne avec Breaking Benjamin, que j’attendais particulièrement. Malgré le jeu précis et très beau de Keith Wallen, je trouve l’énergie du groupe un peu plate.
Le festival se remplit au fur et à mesure que la journée avance. Nombreux sont les festivaliers venus voir les indéboulonnables Deep Purple et leurs solos de guitare et de clavier.
Le claviériste nous fait le plaisir de jouer quelques notes d’Édith Piaf et de La Marseillaise. Smoke on the Water, interprété sous la moiteur de cette fin de journée, émeut en point d’orgue du set. Le soleil rasant, si caractéristique des soirées d’été et donc des soirées de festival, accompagne un public qui s’époumone en chœur.
Arrive ensuite l’un des moments que j’attendais le plus : Papa Roach débarque et envoie fumigènes et flammes sur la Mainstage. On avait bien besoin d’être réchauffés avec ce soleil qui descend gentiment…
Jacoby Shaddix et Jerry Horton sont dans une forme olympique. Ils jouent beaucoup avec le public depuis l’avancée de scène, dans un enchaînement de titres portant ce sceau feel good et nu metal si particulier de Papa Roach.
Le chanteur s’offre un petit tour dans le public avant de remonter sur scène et de lancer un wall of death. Le set est bien nerveux, mais on a aussi droit à un petit California Love sauce Hellfest pour nous ambiancer.
Le fils de Jacoby fait ensuite son apparition — son portrait craché — et nous envoie un p’tit flow bien cool, sans aucune pression. La relève est assurée.
Papa Roach termine son set au milieu des flammes du Hellfest, avec son mode « Metal Time Machine » et de courtes reprises de classiques allant de System Of A Down à Limp Bizkit.
La nuit tombe et le festival s’éclaire de mille feux.
Cap sur la Warzone pour une claque alt-punk-rock avec All Time Low, qui décoiffe.
Pendant ce temps, Alice Cooper dresse son tableau traditionnel sur la Mainstage et reprend Nirvana pour terminer son set. L’absence de la guitariste historique est-elle correctement compensée ?
Entre deux concerts des Mainstages, un feu d’artifice surprise est tiré en hommage à Ozzy Osbourne.
En parallèle de cet hommage, l’Altar s’est bien remplie pour accueillir Igorrr. Quelques battements de cœur lancent la prestation devant un public venu nombreux.
Une cantatrice apparaît, bientôt suivie par le chant guttural d’un personnage dissimulé sous sa tunique. Les guitares électriques et les sons électroniques du chef d’orchestre répondent au violoncelle baroque. Des sonorités orientales sont distillées avec une bonne dose de gros son bien lourd.
L’Altar semble happée vers des civilisations lointaines. Tous ces éléments mélangés fonctionnent plutôt bien : une sorte d’opéra mystique, métallique et électronique. La foule est captivée.
On a droit à un solo de batterie répondant au set DJ, avec une pointe de chant lyrique pour lier l’ensemble. Dans la foulée, un duel oppose chant lyrique et growl, comme un ange et un démon se répondant.
Un petit pipeau discret de la part du maître de cérémonie Gautier Serre vient finaliser cette partie du set, avec beaucoup d’humour. La prestation d’Igorrr est très intéressante et réussie.
La cantatrice réapparaît ensuite avec un masque à cornes. La lumière a disparu ? Mais nous sommes en enfer, mon enfant.
En parallèle d’Igorrr, c’est un tout autre univers qui se déploie sur la Mainstage, avec la performance très attendue de Bring Me The Horizon et une production scénique de haute qualité.
Le groupe choisit quelqu’un, « au hasard », dans la foule pour venir participer à un featuring. Oh, surprise ! Cela tombe sur Will Ramos (Lorna Shore), venu cette année en amoureux profiter du festival, presque incognito…
Crédits : live report réalisé par Tetralens (Emma B.) et FouPouDav. Merci à toute l’équipe du Hellfest pour son accueil.