Claviériste de Faith No More, Roddy Bottum est revenu sur son regard porté sur la scène hair metal des années 1980, un univers qu’il observait de l’extérieur mais dont il a néanmoins subi certains codes. Dans un podcast récent, il décrit une culture marquée par de fortes contradictions esthétiques et sociales, et explique pourquoi cette période a été particulièrement difficile à vivre pour lui.
Un regard extérieur sur la scène hair metal
Invité du podcast Beardo & Weirdo, Roddy Bottum explique avoir toujours perçu la scène hair metal comme profondément paradoxale. Il décrit des groupes à l’apparence très féminisée, mais adoptant des comportements en totale opposition avec cette image. Il résume ainsi ce décalage : “Quand Guns N’ Roses est arrivé, avec ce look et cette vibe hair metal, c’était une juxtaposition intense et assez étrange”.
Selon lui, cette esthétique contrastait fortement avec l’attitude dominante du milieu : “Ils étaient très féminins, avec les cheveux crêpés, beaucoup de maquillage et de costumes, mais super, super misogynes”. Une contradiction largement banalisée à l’époque, notamment à travers l’exposition massive sur MTV.
Une misogynie largement banalisée
Bottum évoque une culture visuelle et médiatique qu’il juge aujourd’hui problématique. Il souligne que ces comportements étaient rarement remis en question : “C’était moche pour les femmes. On peut le dire maintenant, mais à l’époque, on prenait ça pour acquis”.
Il insiste sur le caractère omniprésent de ces représentations, évoquant des clips “complètement excessifs, misogynes à un niveau délirant”, qui façonnaient largement l’imaginaire du rock grand public.
Faith No More face à une assimilation difficile
Bien que Faith No More ne soit pas issu de cette scène, le groupe s’est parfois retrouvé associé à cet univers. Bottum reconnaît que cette assimilation a été difficile à gérer : “On n’a jamais été ce genre de groupe, mais à un moment, on a été assimilés à ces formations, et c’était difficile à naviguer”.
Il rappelle enfin l’impact personnel de ce contexte : “C’était un environnement intense pour un homme gay”, une expérience qu’il relie directement à son parcours et à son coming out au début des années 1990.
Faith No More s’est formé à San Francisco au début des années 1980 et s’est distingué par une approche mêlant metal alternatif, funk et expérimentations, en marge des codes dominants du hair metal.
