The Stranglers se moquaient d’AC/DC en 1976 : 25 minutes plus tard, ils ne riaient plus

(Mis à jour le ) à 15h35
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The Stranglers se moquaient d’AC/DC en 1976 : 25 minutes plus tard, ils ne riaient plus © Shutterstock.com

Avant de devenir une machine de guerre capable de remplir les plus grands stades du monde, AC/DC a longtemps avancé contre vents et marées. Une anecdote racontée par Malcolm Young et récemment remise en lumière par Classic Rock résume à elle seule l’état d’esprit qui animait alors les Australiens : celui d’un groupe prêt à transformer chaque provocation en carburant.

En 1976, alors qu’ils partagent l’affiche avec The Stranglers dans le nord de l’Angleterre, une remarque moqueuse sur leurs longs cheveux met le feu aux poudres. Mais plutôt que de régler leurs comptes en coulisses, Bon Scott et ses camarades choisissent leur terrain favori : la scène.

Quand The Stranglers prenaient AC/DC pour des “hippies”

D’après un souvenir rapporté par Classic Rock, la rencontre entre les deux groupes ne commence pas sous les meilleurs auspices. En entrant dans une loge partagée, les membres de The Stranglers découvrent les Australiens et lâchent un méprisant “fucking hippies”.

À une époque où l’image compte presque autant que la musique, la pique est loin de passer inaperçue. Bon Scott, fidèle à sa réputation, est immédiatement prêt à répliquer. Malcolm Young se souviendra plus tard d’un chanteur bouillonnant, prêt à en découdre sur-le-champ. Mais le guitariste préfère calmer les esprits : il est convaincu que la meilleure réponse ne viendra pas des mots.

Vingt-cinq minutes pour faire taire les critiques

La suite ressemble à un scénario taillé sur mesure pour AC/DC. Piqués au vif, les Australiens montent sur scène avec une seule idée en tête : frapper fort. Très fort.

Selon Malcolm Young, le groupe livre alors un set de vingt-cinq minutes d’une intensité féroce, porté par cette rage de prouver sa valeur. Pas de longs discours, pas de démonstration d’ego : uniquement du rock’n’roll brut, joué comme si leur avenir en dépendait.

Une fois la prestation terminée, les musiciens regagnent la loge avec le sentiment du devoir accompli. Leur message aux têtes d’affiche du soir est simple, direct et parfaitement dans l’esprit du groupe : “À vous de faire mieux.”

Malcolm affirmait que les membres de The Stranglers étaient restés bouche bée après cette démonstration de force. Vraie légende de coulisses ou souvenir quelque peu enjolivé par les années, l’histoire est devenue l’une des anecdotes les plus révélatrices du caractère d’AC/DC.

La mentalité qui a forgé leur légende

Au fond, cette anecdote raconte bien plus qu’une simple querelle entre groupes. Elle illustre cette mentalité du “nous contre le reste du monde” qui a accompagné AC/DC depuis les pubs australiens jusqu’aux plus grandes scènes internationales.

Malcolm Young expliquait souvent que les premières années avaient été particulièrement rudes : matériel transporté dans un van, bagarres après les concerts, fenêtres brisées et même menaces armées. Dans ce contexte, développer une carapace n’était pas une option, mais une nécessité.

Cette détermination se retrouvera plus tard sur les albums qui feront entrer le groupe dans l’histoire, de Highway To Hell à Back In Black. Comme le montrent plusieurs témoignages autour de Highway To Hell, AC/DC cherchait déjà à franchir un cap décisif à la fin des années 70, sans jamais renoncer à son identité.

Près de cinquante ans après cette rencontre avec The Stranglers, l’anecdote reste révélatrice de ce qui a toujours distingué AC/DC : une tendance à répondre aux critiques non pas par les mots, mais par la musique. Bien avant les records de vente, les tournées mondiales et les stades pleins à craquer, AC/DC s’est construit dans ces petites salles où chaque concert ressemblait à un test, chaque critique à un défi et chaque prestation à une nouvelle occasion de faire taire les sceptiques.

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