Quelques jours avant la sortie du nouvel EP de Melechesh, Ashmedi regardait des missiles traverser le ciel au-dessus de sa maison à Jérusalem. Une expérience qu’il décrit comme irréelle, alors que le frontman refuse plus que jamais les étiquettes politiques qui, selon lui, compliquent sa vie personnelle comme sa carrière musicale.
« Je n’avais jamais vu ça de ma vie »
Dans un entretien accordé à Blabbermouth, Ashmedi a livré un témoignage rare sur son quotidien au cœur du conflit au Moyen-Orient. Le leader de Melechesh explique que des missiles survolaient encore son quartier quelques jours avant l’interview.
« Je n’avais jamais vu ça de ma vie. Au début, ça ressemblait presque à de la science-fiction. Voir ces missiles et ces interceptions traverser le ciel, c’était complètement irréel. »
Au-delà du choc, le musicien décrit une situation humaine marquée par la peur et la méfiance. Né à Jérusalem mais d’origine arménienne et turque, aujourd’hui citoyen néerlandais, il affirme observer le conflit avec une distance particulière.
« J’ai des amis des deux côtés. Ce que je vois surtout, c’est la peur. Les gens ont peur les uns des autres, et les responsables politiques entretiennent cette peur. »
Une identité qui lui ferme parfois des portes
Le paradoxe, selon Ashmedi, est que cette situation le poursuit même loin du Moyen-Orient. Depuis des années, il affirme devoir constamment expliquer qu’il n’est ni Israélien ni Palestinien, malgré les raccourcis souvent faits à son sujet.
« Partout où je vais, les gens veulent me ranger dans une case. Je passe mon temps à expliquer que je ne suis ni l’un ni l’autre. »
Cette confusion aurait parfois des conséquences très concrètes. Certains organisateurs auraient hésité à programmer Melechesh ou à faire venir le musicien dans certains pays, par crainte de réactions liées à des perceptions erronées de son identité.
Le frontman estime également que cette polarisation grandissante affecte directement la scène metal, un univers qu’il considère pourtant comme naturellement ouvert et international.
« Le metal est mondial. C’est l’une des rares choses qui relient encore les gens au-delà des frontières. »
Un retour attendu après onze ans d’absence
Cette prise de parole intervient alors que Melechesh vient de publier Sentinels Of Shamash, son premier disque depuis onze ans. L’EP met fin à une longue période d’attente pour les fans du groupe, connu pour son approche singulière mêlant black metal, thrash et influences mésopotamiennes.
Ashmedi reconnaît que le projet a connu de nombreux retards avant d’être finalisé. Il souligne également le rôle déterminant de Rob Caggiano, ancien membre d’Anthrax et Volbeat, qui a participé à l’enregistrement, aux arrangements et à la production.
Pour la suite, le musicien révèle disposer déjà de plusieurs nouvelles compositions. Si tout se déroule comme prévu, le successeur de Enki pourrait voir le jour dans un à deux ans.
Envie d’aller plus loin ? Retrouvez également notre guide de découverte consacré à Melechesh.
