« Plus on vieillit, plus c’est difficile » : Paul Mazurkiewicz (Cannibal Corpse) se confie sur la vie en tournée

(Mis à jour le ) à 13h43
Lecture 4 min.
« Plus on vieillit, plus c’est difficile » : Paul Mazurkiewicz (Cannibal Corpse) se confie sur la vie en tournée © Alex Morgan (Presse)

Après près de quatre décennies avec Cannibal Corpse, Paul Mazurkiewicz ne cherche pas à farder la réalité. La tournée n’a plus tout à fait la même saveur et, surtout, l’exercice se corse avec l’âge. Son constat soulève une question qui finira inévitablement par rattraper les pionniers du metal extrême : jusqu’à quand le corps peut-il soutenir une musique qui, elle, ne vieillit pas à sa place ?

Sommeil, alimentation, hydratation, exercice… Le batteur doit aujourd’hui ménager davantage la machine pour continuer. Et lorsqu’il s’imagine jouer encore Hammer Smashed Face à près de 70 ans, le temps qui passe cesse d’être une abstraction. Cannibal Corpse, après tout, existe depuis 1988.

« Plus on vieillit, plus ça devient difficile »

Interrogé par Pod Scum sur l’évolution de la vie en tournée, Paul Mazurkiewicz ne maquille rien. « On mentirait si on disait : “Oh, c’est toujours aussi excitant et on est toujours aussi motivés qu’à nos débuts.” Évidemment que ce n’est plus pareil. »

L’envie de jouer devant les fans demeure. Le reste, lui, s’alourdit au fil des années. « Plus on vieillit, plus ça devient difficile. C’est plus dur d’être loin de chez soi, de vivre dans un bus avec tout le monde et tout ce qui va avec. Il faut simplement trouver le moyen de s’adapter. »

Rien de très rock’n’roll, en apparence. Mais derrière près de 40 ans de death metal se cachent des réalités beaucoup plus prosaïques. On s’attache à son quotidien, à ses proches, à un peu de solitude ; repartir s’entasser dans un bus n’a plus exactement le parfum d’aventure qu’à 20 ans. Sous l’armure, les musiciens vieillissent comme tout le monde.

Quand le corps doit suivre la musique

Mazurkiewicz compose donc avec les années. Bien manger, rester hydraté, dormir suffisamment, faire de l’exercice… Autant de précautions devenues indispensables pour tenir la distance. Il marche également chaque jour lorsqu’il le peut, histoire d’entretenir son corps autant que de s’octroyer une parenthèse loin de la promiscuité de la tournée.

Car le véritable défi ne se limite pas aux heures avalées sur l’asphalte. En août, auprès de Laughing Monkey With Shawn Ratches, le batteur expliquait devoir pratiquer davantage qu’autrefois pour préserver le niveau physique qu’exige Cannibal Corpse. « Je ne suis plus âgé de 30 ans. Cette adrénaline naturelle n’est plus la même. J’ai toujours de l’énergie, mais elle diminue forcément, et je dois vraiment travailler pour la maintenir. »

Et dans dix ans ? Là, même Mazurkiewicz navigue à vue. « Est-ce que je pourrai encore faire ce que je fais aujourd’hui dans dix ans ? Je ne sais pas. Dans dix ans, j’aurai quoi… 68 ans ? Est-ce que je pourrai monter sur scène à 68 ou 70 ans et jouer Hammer Smashed Face à fond, avec conviction, sans avoir l’impression que je vais m’écrouler ? Qui sait ? »

C’est précisément là que son témoignage déborde du seul cadre de Cannibal Corpse. Le metal extrême a désormais suffisamment de décennies au compteur pour voir ses pionniers avancer vers des territoires que personne ne cartographiait vraiment à leurs débuts. Le public mûrit avec eux, de nouveaux visages garnissent les salles… mais les riffs peuvent défier le temps plus facilement que ceux qui les jouent.

Une longévité autrefois inimaginable

Ces interrogations prolongent les récentes confidences de Mazurkiewicz sur les 38 ans de Cannibal Corpse. Le batteur expliquait que les membres du groupe, encore très jeunes à leurs débuts, n’auraient jamais imaginé voir l’aventure s’étirer sur près de quatre décennies.

Pour l’heure, pourtant, le moteur gronde encore. Cannibal Corpse reste actif après avoir publié son seizième album studio, Chaos Horrific, en septembre 2023 via Metal Blade Records.

Plus d'actus sur Cannibal Corpse

L'actu Death Metal