Phil Collins : comment une erreur en studio a donné naissance au son de batterie le plus culte du rock

(Mis à jour le ) à 11h03
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Phil Collins : comment une erreur en studio a donné naissance au son de batterie le plus culte du rock © Jimmie48 Photography / Shutterstock.com

Un simple oubli en studio a donné naissance à l’un des sons de batterie les plus emblématiques de l’histoire du rock : celui de In the Air Tonight de Phil Collins. Ce hasard heureux, devenu un tournant dans la production musicale, résonne encore aujourd’hui, alors que plusieurs membres de Genesis viennent de se retrouver autour de l’album culte The Lamb Lies Down on Broadway.

Le jour où une erreur de studio a changé l’histoire du son

Le fameux « gated reverb » qui fait toute la force de In the Air Tonight n’était pas prémédité. Comme le rapporte Ultimate Guitar, tout remonte à 1979, lors de sessions pour l’album Peter Gabriel III, où Phil Collins officiait à la batterie.

Durant une pause, Collins s’est mis à jouer pendant que le micro de retour — utilisé pour communiquer entre la régie et la salle — restait accidentellement ouvert. Ce micro passait par un compresseur de la console SSL du studio Townhouse à Londres, ce qui a créé un son sec, puissant, sans réverbération naturelle : un effet de « réverbération coupée » qui allait devenir mythique.

Le morceau Intruder de Peter Gabriel fut le premier à en bénéficier. Un an plus tard, Collins reprenait la même technique sur son premier single solo, In the Air Tonight, extrait de Face Value, sorti en 1981. Le morceau est devenu un classique immédiat, propulsant l’album à plus de 12 millions d’exemplaires vendus dans le monde.

Ce son de batterie a fait école tout au long des années 80, inspirant des artistes aussi différents que Prince ou Bruce Springsteen. Mais pour beaucoup, c’est Phil Collins qui reste la figure tutélaire de cette esthétique sonore.

In The Air Tonight de Phil Collins :

Genesis : souvenirs partagés, Collins en pensée

En ce mois de septembre 2025, Peter Gabriel, Tony Banks, Steve Hackett et Mike Rutherford se sont réunis à Londres pour une écoute exclusive du mix Atmos du mythique The Lamb Lies Down on Broadway. Collins, convalescent en Suisse après une opération du genou, n’a pas pu se joindre à eux.

Comme le souligne Louder, l’événement a permis aux anciens complices de retrouver une certaine alchimie. Gabriel a confié, non sans humour : « Ça faisait du bien de retrouver la régie avec Tony. On portait encore nos T-shirts ‘More Me’, même si on est devenus assez sages pour parfois demander un ‘Less Me’ — chose impensable il y a 50 ans. »

Pour Tony Banks, ces retrouvailles ravivaient aussi le plaisir musical : « C’était formidable de retravailler avec mon vieux complice sur une œuvre de jeunesse. Et je trouve que ça sonne toujours aussi bien. »

Le coffret Super Deluxe 50e anniversaire, attendu le 26 septembre, proposera l’album remasterisé, un concert inédit, et des objets collectors exclusifs — un bel hommage à une œuvre charnière du rock progressif.

The Lamb Lies Down on Broadway de Genesis :

Une page tournée, un héritage colossal

Genesis a tiré sa révérence en 2022 avec la tournée The Last Domino?, marquée par la présence fragile de Collins sur scène, remplacé à la batterie par son fils Nic. Charlie Benante, batteur d’Anthrax, avait évoqué avec émotion cette ultime tournée dans un post relayé par MetalZone.

Suite à ces adieux, Genesis a vendu la majeure partie de son catalogue musical à Concord Music Group pour plus de 300 millions de dollars (environ 255 millions d’euros). De quoi figurer en tête des artistes les mieux rémunérés de 2022 selon Forbes, aux côtés de Sting et Tyler Perry.

Entre coups de génie involontaires, moments de grâce sur scène et gestion brillante de leur héritage, Genesis et Phil Collins restent des références indétrônables dans l’histoire du rock.

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