Lorsque Times Of Grace publie The Hymn Of A Broken Man en 2011, le projet suscite immédiatement l’enthousiasme des amateurs de metalcore. La réunion d’Adam Dutkiewicz et Jesse Leach, deux artisans majeurs du son des débuts de Killswitch Engage, donne naissance à un premier album qui dépasse largement le simple cadre d’une collaboration parallèle.
Un équilibre rare entre puissance et nuance
Dès les premières écoutes, le disque affirme une identité forte. Il s’appuie sur les fondations du metalcore mélodique – riffs rapides, refrains en 6/8 à la dimension épique – tout en intégrant des passages atmosphériques, des guitares acoustiques et un travail soigné sur les harmonies vocales.
Adam Dutkiewicz assure l’ensemble de l’instrumentation et la production. Les superpositions de guitares sont nombreuses sans jamais verser dans la surcharge. Les solos restent mesurés, toujours au service des compositions. La basse, plus mise en avant que dans la plupart des formations du genre, ressort notamment sur Fight For Life, tandis que la batterie privilégie l’efficacité à la démonstration technique.
Un duo vocal au sommet
La véritable force de The Hymn Of A Broken Man réside dans son approche vocale. Jesse Leach affiche une voix aussi puissante qu’au début des années 2000, mais plus maîtrisée dans les passages en chant clair. Son timbre gagne en assurance et en profondeur.
De son côté, Dutkiewicz ne se limite plus aux chœurs. Il assure régulièrement le chant principal, notamment sur Until The End Of Days et The Forgotten One. Le contraste entre son registre plus grave et celui de Leach enrichit chaque morceau. Plutôt que d’accumuler les pistes vocales, le duo privilégie des harmonies travaillées, offrant aux refrains une ampleur naturelle.
Une cohérence émotionnelle
L’album explore la perte, la résilience et la spiritualité avec sincérité. Les textes, simples mais habités, s’accordent à une musique capable d’alterner la violence finale de The End Of Eternity et l’élan lumineux de Worlds Apart.
Malgré une certaine répétition dans l’usage des refrains épiques et une ouverture moins marquante avec Strength In Numbers, l’ensemble conserve une cohérence remarquable sur treize titres.
The Hymn Of A Broken Man est sorti le 12 janvier 2011 chez Roadrunner Records.
