L’annonce du retour de Rob Dukes chez Exodus m’a laissé relativement indifférent. Non pas parce que je n’aime pas le chanteur, mais parce que l’ère qu’il incarne m’a toujours laissé une impression étrange : des disques solides, impeccablement exécutés, mais auxquels je revenais rarement.
Après plusieurs écoutes de Goliath, cette impression demeure intacte.
L’album rappelle souvent Force Of Habit : Exodus ralentit, alourdit le propos, mise davantage sur les grooves et les atmosphères que sur l’impact immédiat. L’idée avait de quoi intriguer. Le résultat, lui, laisse surtout un sentiment d’occasion manquée.
De bonnes idées, pas toujours de grandes chansons
Rien à reprocher à l’exécution : le son est massif, les musiciens sont irréprochables et Rob Dukes livre probablement l’une de ses meilleures performances avec Exodus. Le problème vient des chansons.
3111, Hostis Humani Generis et Beyond The Event Horizon illustrent cette limite. Tout est solide, professionnel, efficace, mais aucun de ces titres ne possède ce riff, ce refrain ou ce moment de bascule qui donne envie d’y revenir.
Le disque gagne en intérêt avec The Changing Me et Promise You This, deux morceaux plus posés, plus progressifs, moins obsédés par la vitesse. Là, Exodus laisse enfin respirer ses idées et donne l’impression que l’album trouve sa propre voix.
Violence Works fonctionne aussi grâce à ses breakdowns et à son impact immédiat. C’est simple, lourd, agressif, et c’est surtout l’un des rares moments où Goliath transforme son potentiel en véritable impact.
Le poids de l’ambition
Le morceau-titre symbolise à lui seul les limites de l’album. L’idée d’un Exodus presque doom metal, plus lent, plus pesant et plus atmosphérique, avait tout pour intriguer. Mais malgré une ambiance réussie et des arrangements de cordes qui renforcent son côté sombre, Goliath s’étire trop.
Plus le morceau avance, plus on attend un décollage qui n’arrive jamais.
Verdict
J’apprécie la volonté d’Exodus de ralentir le tempo et d’explorer d’autres territoires que le thrash frontal qui a fait sa réputation. Mais sans chansons réellement marquantes pour soutenir cette ambition, Goliath laisse surtout l’impression d’une occasion manquée.
Les amateurs de l’ère Dukes y trouveront sans doute leur compte. Pour ma part, j’y entends un album techniquement irréprochable, souvent intéressant, mais trop rarement mémorable.