Locomuerte : des 30 spectateurs du Hellfest Off à la Mainstage — notre interview

(Mis à jour le ) à 15h24
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Locomuerte : des 30 spectateurs du Hellfest Off à la Mainstage — notre interview © Tetralens

Quelques heures avant leur passage sur la Mainstage du Hellfest 2026, MetalZone a rencontré Locomuerte dans les coulisses du festival. Le groupe francilien revient sur son histoire avec Clisson, sa tournée européenne avec Luicidal, l’importance de La Brigada, son rapport au public et ses projets pour 2027.

Groupe de thrash punk crossover chicano aux influences 80/90 telles que Suicidal Tendencies, Anthrax ou Madball, Locomuerte est fondé en 2009 par Nico Loco (basse) et El Mitcho (guitare). Le chant en espagnol, porté par un flow mêlant reggaeton et hardcore, nous embarque dans une fiesta muy caliente y brutal.

Après plusieurs évolutions, les arrivées d’El Termito (chant) en 2014 et d’El Floco (batterie) en 2020 finalisent la formation telle qu’elle se présente aujourd’hui. Locomuerte, c’est cinq albums, beaucoup de concerts, une street-team, La Brigada, et une passion très communicative.

À la veille de leur passage sur la Mainstage du Hellfest 2026, ils ont pris le temps de répondre à nos questions.

Locomuerte en bref

  • Origine : Île-de-France
  • Style : Thrash punk crossover chicano
  • Formation : 2009
  • Membres présents : Nico Loco, El Mitcho, El Termito, El Floco
  • Dernière tournée : Parano Booster Round 2
  • Hellfest 2026 : Mainstage

Des parkings du Hellfest Off à la Mainstage

MZ : Hola les Locos ! En réalité, on s’est déjà croisés quelques fois. Avec mon fils, on vous a découverts en 2022 au Réacteur à Issy-les-Moulineaux, puis à L’Empreinte, à Savigny-le-Temple, où vous êtes en résidence.

NL : Où on a signé un partenariat d’ailleurs.

MZ : Et dernièrement au Bateau Phare pour le lancement de votre tournée européenne avec Luicidal, de Venice Beach, Los Angeles. Là, je vais mettre la casquette de MetalZone et commencer simplement : comment ça va, les gars ?

EM : Bah bien.

NL : Super bien, au mieux ! On est au Hellfest, mec, comment veux-tu que ça aille ?

MZ : Justement, vous avez une petite histoire avec le Hellfest et Clisson, que ce soit en tant que groupe ou individuellement. Vous pouvez nous raconter ?

EM : Ça a commencé en 2012.

NL : On avait gagné la « My Rock Battle » du magazine My Rock. Donc c’était un concours type tremplin à l’applaudimètre avec une tête d’affiche et quatre groupes en lice. On avait fait la finale au Bataclan. D’ailleurs, il y avait Rise Of The Northstar et on avait gagné. On avait donc pu jouer au Metal Corner à 20 heures. On pensait jouer devant 500 personnes, mais c’était le seul endroit où ça jouait, et il y avait une Terrorizer Tent complète, donc cinq ou six mille personnes. On a passé la tête et… hoooo ! Ça a été un concert incroyable.

Ensuite, on est venus au Hellfest Off en 2022. Là, cependant, on a joué à 10h30 sur le parking du Leclerc devant une trentaine de personnes. Mais ça nous a fait rencontrer Marc-Antoine du Leclerc et Alex de M&O. Ils ont adoré le set, du coup ils nous ont mis l’année d’après à 19 heures, et là c’était blindé de chez blindé sur le parking. Tout le monde est monté sur scène, il y avait des mecs à poil, c’était le chaos. C’était mortel. Le lendemain, on a joué sur la Hellstage et ça a été la plus grosse fréquentation, je pense, de toute l’histoire de cette scène. On avait fait le hold-up du jour avec Crisix.

On pensait jouer devant 500 personnes, mais c’était le seul endroit où ça jouait, et il y avait cinq ou six mille personnes.

MZ : Ça, c’est en tant que groupe. Après, il y a les individualités. Je crois que toi, El Floco, tu es monté sur scène.

EF : Oui, en 2024 avec Savage Lands. C’était ma première expérience de Mainstage. C’était bien impressionnant, j’étais bien sous pression, mais ça s’est super bien passé. Et alors, ce n’était pas aux mêmes horaires : 17h30, en pleine après-midi. Il y avait la marée humaine jusqu’à l’horizon, c’était mortel.

NL : Juste après Fear Factory. On a été là presque tous les ans, sauf l’année dernière, mais on a fait le Motocultor.

MZ : Oui, un peu à la dernière minute, non ?

NL : Oui, on l’a su un mois avant. On remplaçait un groupe américain qui s’appelait Dropout Kings, dont le chanteur était malheureusement décédé. On avait fait le Re-Animator juste avant. Et ils avaient surkiffé notre set, c’était vraiment le chaos. On remercie encore les Bretons, on s’est retrouvés transportés dans les années 90. Le pit, c’était ultra brutal. D’ailleurs, hier, on a rencontré une fille : « Ah c’était génial, OK je me suis pété la cheville, mais c’était génial. »

La Brigada, un réseau social humain

MZ : On vous voit souvent sur la scène parisienne, autour d’autres concerts, vous distribuez des flyers, vous parlez du groupe, vous êtes très actifs sur les réseaux. On vous voit partout, tout le temps. Où est-ce que vous trouvez toute cette énergie ?

NL : Des stickers aussi… Bah en fait, c’est l’amour. L’amour de la créature Locomuerte. C’est toute ma vie, je veux dire, c’est vraiment ce que j’ai envie de faire. Et nous, on est comme ça, on adore la scène aussi. On est dans cette scène avec Richard (El Mitcho) depuis qu’on est tout jeunes, depuis qu’on a 14 ans. On a toujours été dans la scène metal, hardcore… Tout ce qu’on pouvait trouver. On y va déjà parce qu’on est des fans et c’est un bonheur de promouvoir ton groupe. Et surtout, si tu ne le fais pas, personne ne le fera.

MZ : En parallèle, vous bossez, non ?

NL : Non, on ne fait que ça. Enfin, il y a d’autres trucs musicaux aussi, on fait un peu de roadie. Voilà, mais moi, je m’y consacre à plein temps, et plus ou moins pareil pour les autres.

MZ : On vous voit souvent avec du monde derrière vous, qui vous suit partout. La Brigada, est-ce que vous pouvez nous en parler ? Qu’est-ce que c’est ?

NL : Oui. En fait, je pense que nous, on est un peu un trait d’union entre l’ancienne génération, avec Mitch et moi, et la nouvelle avec Steeven (Termito) et Floco. Voilà, El Termito, il s’appelait Stormy sur YouTube, il avait une émission. Il est à fond dans cette génération des réseaux et tout ça. Et nous, on a vécu l’époque sans Internet, où nos réseaux sociaux, c’était d’aller aux concerts avec des flyers, des bagnoles peintes à la bombe avec le nom de ton groupe dessus, des trucs comme ça. L’idée, c’était d’allier les deux mondes, d’avoir une street-team, un vrai réseau social humain. Donc des gens qui aiment ton groupe.

MZ : C’est un peu punk, DIY ?

NL : Non, ce n’est pas punk, c’est tous les groupes qui ont fait ça. Même Linkin Park, Kiss avec la Kiss Army, Mass Hysteria avec L’Armée des Ombres. Tous les groupes, finalement, ont eu le soutien des leurs. La musique, il ne faut pas oublier que c’est destiné à des personnes, pas à des profils Instagram. Une fois que tu as une vraie communauté qui te suit, qui t’aide, les gens vont parler de ton groupe, porter tes tee-shirts, soutenir du fond du cœur le groupe… Et voilà, quand tu es super fan de Suicidal ou n’importe quel groupe, tu vas voir des mecs qui portent les tee-shirts, tu parles avec eux. C’est un peu le même principe, mais encore plus familia. Et après, on se sert des réseaux sociaux et de notre street-team aussi. Et on les remercie bien, car au Hellfest, comme chaque année, ils sont de plus en plus nombreux à venir nous aider pour distribuer des stickers.

La musique, il ne faut pas oublier que c’est destiné à des personnes, pas à des profils Instagram.

MZ : Vous faites les rendez-vous au pied de la statue de Lemmy.

NL : Exactement. On en a fait un tout à l’heure à midi. Parce que c’est hyper important aussi de donner. En fait, souvent, tu vois certaines personnes faire de la musique, ils veulent tout prendre, tu vois ? Qu’on leur dise qu’ils sont beaux, forts et machin. Ils trouvent ça normal, mais ce n’est pas normal. Dans la vie, il faut donner pour recevoir. Nous, on donne sur scène et on donne aux gens parce que nous aussi, on est des fans.

MZ : Du coup, là-dessus, pour rebondir un peu sur ce que tu disais à propos de la scène qui vous nourrit, est-ce que finalement l’énergie ne vient pas de là, et du fait que ce que vous donnez assez naturellement à votre public, il vous le rend ?

NL : Oui, parce que la musique, c’est une émotion, ce n’est pas une histoire de technique. Tu peux taper sur des tambours, c’était comme ça il y a des millions d’années, transmettre une émotion, communiquer. Je pense que c’est le partage, la même passion, la vibration. C’est marrant, car ça part d’un truc assez individuel… Quand tu fais de la musique, nous, avec Locomuerte, on l’a faite sans penser à une carrière. On l’a faite pour nous, cette musique. Tant que ça nous foutait les poils dans le local, c’est que c’était bon. Et on le faisait pour se faire du bien entre nous. Après, tu partages ça avec d’autres gens. Et si on devait résumer Locomuerte en un mot, c’est « authenticité ». On le fait car on aime vraiment ça. Ce n’est pas pour la fame, pas pour le fric, sinon ça fait longtemps qu’on aurait raccroché les gants. Et c’est justement parce qu’on avait cette passion et qu’on n’a jamais raccroché qu’on est là aujourd’hui.

Si on devait résumer Locomuerte en un mot, c’est « authenticité ».

MZ : Ça se ressent, parce que quand on vous voit sur scène, vous êtes très à la recherche du public, vous allez le chercher…

NL : C’est l’école des groupes qu’on aime, c’est l’école de Metallica, Suicidal Tendencies, Biohazard, Madball… Des groupes qui donnent énormément, physiquement sur scène. Toute la scène New York hardcore. C’est une scène qui vient de vraies gens, ils sont dans un mouvement tous ensemble. Il n’y a pas de barrière entre les musiciens et les gens. Parce que souvent, les gens sont aussi des musiciens, ou pas, mais ils adorent ça. C’est ça qui est intéressant dans les scènes underground.

Luicidal, les influences et deux générations réunies

MZ : La passion pour cette musique vous a amenés jusqu’à rencontrer vos influences, notamment Luicidal. Vous les avez fait venir sur une tournée européenne au mois de mars, avec des dates quasiment tous les jours. Comment c’était ?

NL : Oui, 22 dates. C’était mortel. L’expérience incroyable que tu as forcément envie de vivre quand tu fais de la musique, qu’un jour tu montes un groupe et que tu te retrouves tous les soirs avec le gars que tu avais dans ta chambre en poster, que tu as vu en première partie de Metallica au Clash Of The Titans en 90 ou 93. Tu es avec Mike Clark, il est à côté de toi et te raconte toutes ces histoires, il est hyper bienveillant, c’est incroyable. Tu vois, dans une vie, je crois que vivre ça, ça vaut plus que tout.

MZ : Tu parlais de deux générations au sein du groupe. Vous avez communiqué vos influences, Luicidal etc., à la nouvelle génération ? Ou vous les aviez déjà un petit peu ?

ET : Non, bah après, moi effectivement, je suis né dans les années 90, je vais avoir 31 ans. Je suis né dans l’ère d’Internet, ce qui rend plus facile l’accès à la culture musicale. Je me suis fait mon chemin inverse. J’écoutais beaucoup de trucs des années 80-90, Metallica, Pantera, Sepultura. Bon, c’est très 90, mais Suicidal, je connaissais aussi, c’est un truc mythique, et c’est vraiment un honneur de faire partie de ce truc-là. Flo aussi, il écoute pas mal de trucs.

EF : Oui, j’ai toujours écouté énormément de styles différents, de zics différentes. Quand tu es musicien, il faut être curieux aussi, aller explorer d’autres styles que tu ne connais pas, sur lesquels tu as peut-être des a priori, ou pas. Et bien sûr, Suicidal, j’écoutais au lycée. Je suis un gros fan de Limp Bizkit, j’ai grandi en les écoutant. Beaucoup de nu metal aussi. Et beaucoup de rock’n’roll par mes parents. Je me suis fait mon mix de tout ça, petit à petit, au fil des années. Je ne me suis jamais fermé à un truc. Il y a toujours à découvrir avec la musique, quels que soient les styles.

Hellfest 2026, festivals et nouvel album

MZ : On est la veille de votre passage sur la Mainstage du Hellfest 2026. Comment vous l’appréhendez ?

NL-EF : Avec sérénité !!!

ET : On verra quand on y sera.

[Rires]

NL : On est hyper heureux et excités. On va tout donner. Je pense que quand tu as l’opportunité de pouvoir jouer sur une scène comme ça… En général, avec Locomuerte, quand on monte sur scène, on joue comme si c’était notre dernier concert, tout le temps. Qu’il y ait 20 personnes comme 20 000. Mais là, on a tellement travaillé, on sait qu’on est bien à l’aise et tout ça, on va profiter du moment et donner chaque seconde qu’on a, chaque goutte d’énergie qu’on a, on va tout balancer. Ça va être vraiment intense.

Avec Locomuerte, quand on monte sur scène, on joue comme si c’était notre dernier concert.

MZ : Ça promet ! Est-ce que vous avez une suite ? Des petites infos à nous donner ? Des choses en préparation ?

NL : Oui, bien sûr. Déjà, là, on a toute la période des festivals d’été et de la rentrée. Notamment le Sylak Open Air, qu’on est très heureux de faire, il y a une affiche incroyable cette année. La Guerre Du Son, le Mennecy Metal Fest en septembre, un festival qui est dans notre barrio nueve-uno, c’est là qu’on a créé le groupe. Et sinon, une info importante : on va faire une tête d’affiche à La Maroquinerie à Paris et au Splendid à Lille, ce sera en janvier. En début d’année, ce sera un peu la fin de notre tournée Parano Booster Round 2. On remercie tout le monde, cette tournée s’est étendue sur deux ans tellement il y avait de demandes. Notre booker Chris a été super content et on le remercie pour son excellent travail. Là, on va avoir une belle fin d’année et, en même temps, on compose un nouvel album pour 2027.

MZ : Super, on a hâte de voir tout ça. Merci les Locos, et Ahuevo !

Locomuerte : Muchas gracias, Ahuevo !

Le clip de Los Narcos

Locomuerte a récemment dévoilé le clip de Los Narcos, également présent dans la setlist jouée au Hellfest 2026.

Setlist de Locomuerte au Hellfest 2026

Voici la setlist jouée par Locomuerte lors de son passage sur la Mainstage du Hellfest 2026 :

  1. Bandolero
  2. Parano Booster
  3. La Brigada de los Muertos
  4. Demonios
  5. Barrio
  6. Los Narcos
  7. La Vida Loca

Quelques jours après ce passage très attendu au Hellfest 2026, Locomuerte poursuit donc sa route avec de nouvelles dates, deux concerts en tête d’affiche prévus en janvier et un prochain album déjà annoncé pour 2027.


Crédits : Interview réalisée par Tetralens (Emma B.) et FouPouDav. Merci à M&O Office Agency et à Locomuerte.