Des rendez-vous metal, en France, il y en a. Concentrés sur la capitale, ou en plein été. Des petits concerts aux gros festivals… mais un rendez-vous à taille humaine, avec des groupes de très grande qualité, dans l’Est de la France… ce n’est pas si évident. Eh bien, c’est chose faite.
Pour MetalZone.fr, c’était notre baptême du Heavy Weekend, à Nancy, pour cet événement qui célébrait sa 3e édition en 2026.
Depuis son lancement en 2024, le festival, qui a lieu sur le site du Zénith de Nancy Open Air, a déjà vu passer des groupes prestigieux. Cette édition poursuit la même logique.
Malheureusement, le vendredi se fait sans moi, mais avec une très belle affiche qui a régalé un public avide de gros son. Sabaton, Dominum, Avantasia et Savatage ont ouvert le festival sur une belle affluence.
Samedi
À mon arrivée le samedi, ce qui marque avant même la première note, c’est une organisation efficace, des accès clairs et un accueil chaleureux, des affluences bien gérées et, par conséquent, des festivaliers tout sourire et de bonne humeur.
Pour ouvrir le bal du jour, Nova Twins. Les Britanniques sont en forme et, comme à leur habitude, embarquent le public dans leur rock débridé et une énergie contagieuse ! Même les amateurs de metal plus classique sont embarqués dans la danse.
Changement d’ambiance, c’est à Cavalera Chaos A.D. de prendre les armes. L’identité musicale abrasive, brutale, la maîtrise et le brio des musiciens n’empêchent pas un plaisir visible de jouer, face à un public composite. Des fans de la première mouture de Sepultura aux plus jeunes qui ne les connaissaient pas, l’audience est forcée au respect devant cette performance de qualité.
Un petit break permet de faire un tour sur la zone détente du fest. De nombreux stands pour casser une graine sont disponibles, ainsi que plusieurs espaces cashless et de merch idéalement répartis.
On y retourne pour Matt Heafy et ses comparses. Trivium décoiffe le public du Heavy Weekend avec une bonne dose de puissance dégagée par leur thrash/death metal maîtrisé, avec des titres qui injectent la musique au creux du torse, comme Until the World Goes Cold ou Catastrophist.
Après une pause nécessaire que beaucoup mettent à profit pour manger quelque chose, voici le moment de la tête d’affiche. Le plus international des groupes français, reconnu à travers le globe. Et ils sont là pour la foule du Heavy Weekend à Nancy. Prêts à nous en mettre plein les oreilles et les mirettes aussi.
22 h, le show démarre sur Born for One Thing, dans un jeu de couleurs et de lumières époustouflant et un brio technique au service de la mélodie, toujours. Le set se déroule sans qu’on ne le voie passer, avec un panel de titres variés : Stranded, Flying Whales, The Chant, Another World… pour se clore bien trop vite en apothéose sur The Gift of Guilt.
Un samedi très intense.
Dimanche
Le dimanche débute fort, très fort, avec les trublions de Shaarghot et leur metal industriel poisseux de talent. On ne s’y trompe pas d’ailleurs : le public est complètement acquis à la cause du Shaarghot (Étienne Bianchi), accueillant la main gluante et noire de Skarskin, les étincelles de Bruno-Klose ou les facéties de B-28, qui plonge dans la foule.
C’est toujours dans un tableau scénarisé, avec l’apparition des Mantis dès le premier titre, Kill Your God, que les musiciens (quasi-comédiens) racontent leur dystopie. En version courte cette fois. 8 titres seulement, dont Now Die, The Great Eye, et une fin de set sur Let Me Out qui a un goût de revenez-y.
Un petit débarbouillage plus tard, c’est pour le collectif Ice Nine Kills que la foule se rassemble. Devant un set aux multiples tableaux, c’est à travers des titres péchus qui ne manquent pas de mélodicité que Spencer Charnas, son charisme et ses comparses musiciens balayent plusieurs films d’horreur cultes, ici réinterprétés sous forme de morceaux mis en scène avec moult griffes, masques, haches sanglantes, etc.
Pour l’occasion, la setlist met à l’honneur Meet & Greet, The Shower Scene, ou encore le hit Hip to Be Scared, ou Welcome to Horrorwood, pour une bonne heure de metalcore tranchant.
L’enchaînement est plutôt cohérent en termes d’expression musicale, même si les thématiques sont très différentes, lorsque c’est Three Days Grace qui s’illustre ensuite sur la scène du Nancy Open Air.
Après une double date à Paris fin 2025, qui était un rendez-vous de retrouvailles très Emo-tionnel (je ne pouvais pas résister) avec son public, les revoici au complet aujourd’hui pour une performance forte, où les bangers s’enchaînent et nous percutent, font replonger dans la nostalgie des années 2000, ou font basculer les cœurs de ceux qui n’ont pas eu la chance de les découvrir à l’époque.
Pas moins de 17 titres, incluant Pain ou encore Never Too Late, tous exécutés avec un plaisir assumé et visible.
Et puis il y a ce duel à deux voix, personnifié par l’énergique Adam Gontier (également de Saint Asonia, et qui a collaboré avec Thousand Foot Krutch, qu’on aimerait d’ailleurs voir en France) et le subtil Matt Walst (My Darkest Days), que ce soit sur Animal I Have Become, Time of Dying ou Painkiller.
La quintessence de l’émo rock/metal alternatif issu des terres canadiennes nous absorbe jusqu’à la dernière goutte et c’est avec un peu de tristesse qu’ils closent ce rendez-vous sur Riot. Le coup de grâce.
Comment se remettre… ? Avec une bonne dose de dérision, de pop-core et de perruques à nuque longue. C’est au tour des Germaniques d’Electric Callboy de nous décaper les oreilles et nous faire bouger, danser, avec autant de bonne humeur techno dance que de précision technique d’un metal pensé et construit.
À l’instar de Shaarghot, les Callboy ont leur public dédié et dévoué, où le port de l’outfit le plus farfelu est une marque d’engagement. Joggings fluo, collants en lycra, bandeaux de fitness, bouées licornes, boas multicolores à diodes intégrées : la foule est haute en couleurs et déjà au taquet lorsque le rideau, aux couleurs de Tanzneid, prochain album, tombe pour laisser place à la fête… et au titre éponyme !
Outre une belle sélection de leur discographie, avec Pump It, Hypa Hypa — qui retourne le festival — ou Techno Train, le collectif intègre également plusieurs reprises comme Everytime We Touch, qui leur va comme un gant, ou Still Waiting de Sum 41.
C’est un flot ininterrompu d’énergie, avec quelques moments plus calmes comme sur MC Thunder. Un spectacle également visuel, avec de nombreux changements de décor et de tenues… pour nous emmener jusqu’au moment de double claque avec Spaceman, puis We Got the Moves, chantés à l’unisson par la foule survoltée du Zénith de Nancy !
Le Heavy Weekend, c’est un concentré de qualité et une variété d’expressions musicales, sur un format très efficace de 4 groupes par jour. Pas de sensation de fatigue, mais de grands noms et des groupes qui fédèrent, comme Saxon, Judas Priest, Slipknot, Dream Theater, Scorpions, Deep Purple, Sabaton, Gojira et tant d’autres passés par le festival ou présents sur cette édition.
Le tout sur un site aéré, à taille maîtrisée, avec une organisation nette, et un grand moment pour 40 000 festivaliers avides de gros son et de sensations fortes.
Sans même savoir qui seront les groupes à l’affiche de l’édition 2027, on ne peut que prévoir de très belles surprises et conseiller de miser dès maintenant, avec accès aux tickets early birds, sur une autre programmation de haute volée.
Bloquez votre week-end du 4 au 6 juin 2027 !
À l’année prochaine.