The Contortionist : tous les albums du groupe classés du pire au meilleur

(Mis à jour le ) à 10h52
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The Contortionist : tous les albums du groupe classés du pire au meilleur © The Contortionist (Presse)

Classer The Contortionist, c’est presque classer plusieurs groupes. Entre la violence technique d’Exoplanet et les silences de Clairvoyant, sept années seulement se sont écoulées. Musicalement ? Un gouffre.

Ce classement privilégie les chansons, la cohérence et la place de chaque disque dans cette transformation. Quatre albums, quatre visages ; et un sommet assez net.

Le classement des albums de The Contortionist en un coup d’œil

  1. Language (2014)
  2. Clairvoyant (2017)
  3. Exoplanet (2010)
  4. Intrinsic (2012)

4. Intrinsic (2012)

Intrinsic termine dernier non par manque d’idées, mais presque par excès. Sur Holomovement ou Causality, The Contortionist veut déjà dépasser la puissance d’Exoplanet : plus d’électronique, de ruptures, d’atmosphères… et parfois trop de choses à la fois.

On entend pourtant Language se préparer. Voilà tout le paradoxe : Intrinsic est passionnant comme disque de transition, moins convaincant comme destination. The Contortionist sait qu’il doit bouger ; il cherche encore où aller.

3. Exoplanet (2010)

Exoplanet n’a pas encore la finesse des albums suivants. Il a mieux pour compenser : la faim.

The Contortionist veut être lourd, technique, progressif et atmosphérique, si possible dans le même morceau. La suite finale en trois parties autour d’Exoplanet concentre cette ambition ; ça frappe, bifurque, respire, puis repart.

Le groupe apprendra à mieux maîtriser ces contrastes. Il ne retrouvera jamais tout à fait cette sauvagerie. Exoplanet reste donc le magnifique excès de jeunesse d’un groupe qui ne connaît pas encore ses limites. Tant mieux.

2. Clairvoyant (2017)

Après Language, il aurait été facile d’en refaire un autre. The Contortionist préfère enlever plutôt qu’ajouter.

Reimagined, Return to Earth, Clairvoyant : la virtuosité n’a pas disparu, elle s’est cachée. Les guitares, les claviers et la voix de Michael Lessard laissent entrer le vide, la patience, la fragilité. Le groupe pourrait remplir chaque espace ; il résiste.

C’est là que Clairvoyant devient si particulier. La lourdeur n’est plus seulement une affaire de riffs : elle flotte dans les silences. Probablement le disque le plus homogène et contemplatif de The Contortionist… mais Language possède encore quelque chose de plus précieux : l’équilibre avant l’épure.

1. Language (2014)

Voici le point de bascule. Le moment où l’ancien The Contortionist existe encore, tandis que le suivant apparaît déjà.

Avec Michael Lessard, la mélodie et les atmosphères gagnent du terrain. La musique devient-elle plus simple ? Pas vraiment. Le groupe apprend surtout à dissimuler sa complexité.

Language I: Intuition et Language II: Conspire en sont la meilleure preuve : apesanteur d’un côté, tension de l’autre, sans couture apparente. Integration, Thrive et Primordial Sound prolongent ce miracle d’équilibre. La technique est partout ; la démonstration, presque nulle part.

Exoplanet avait la sauvagerie. Clairvoyant aura le vertige du vide. Language, lui, garde les deux portes ouvertes. C’est précisément pour cela qu’il reste au-dessus.

Quatre albums, quatre métamorphoses

Exoplanet frappe. Intrinsic cherche. Language trouve. Clairvoyant retire encore quelques couches.

Quatre albums suffisent ainsi à raconter une transformation considérable. Et au milieu, Language reste suspendu entre deux versions de The Contortionist : celle qui voulait impressionner et celle qui n’en avait plus besoin.