Born Of Osiris : tous les albums du groupe classés du pire au meilleur

(Mis à jour le ) à 17h01
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Born Of Osiris : tous les albums du groupe classés du pire au meilleur © Tetralens

Classer Born Of Osiris, c’est choisir entre plusieurs visages du même groupe : la violence des débuts, les labyrinthes de The Discovery, puis les synthétiseurs et les mélodies devenus progressivement indissociables de son identité.

Ce classement privilégie les compositions, la cohérence, l’importance de chaque sortie et ce qu’il en reste une fois la démonstration technique passée. Car chez Born Of Osiris, savoir jouer n’a jamais été le problème. Savoir quoi faire de toutes ces notes ? Voilà une question plus intéressante.

Le classement des albums de Born Of Osiris en un coup d’œil

  1. The Discovery (2011)
  2. The New Reign (2007)
  3. Angel or Alien (2021)
  4. The Simulation (2019)
  5. Soul Sphere (2015)
  6. A Higher Place (2009)
  7. Through Shadows (2025)
  8. Tomorrow We Die Alive (2013)

8. Tomorrow We Die Alive (2013)

Comment passer après The Discovery ? Born Of Osiris répond en épaississant tout : davantage d’électronique, une production énorme, des morceaux plus immédiats. M∆chine et Divergency frappent juste ; la mécanique reste redoutable.

Mais la surprise s’est émoussée. Là où son prédécesseur semblait pouvoir bifurquer à chaque mesure, Tomorrow We Die Alive suit des routes plus balisées. Puissant, précis, rarement mauvais… simplement moins aventureux. Pour Born Of Osiris, c’est presque un défaut majeur.

7. Through Shadows (2025)

Through Shadows essaie de réunir plusieurs Born Of Osiris sur un même disque. Seppuku, Elevate et Torchbearer cognent ; le morceau-titre, Inverno et Blackwater cherchent davantage l’espace et la mélodie.

Cette diversité séduit autant qu’elle disperse. Le groupe a beaucoup d’idées, peut-être trop pour toutes les faire tenir sous le même toit. Reste un album curieux, généreux et imparfait ; une prise de risque toujours préférable à un Born Of Osiris en pilote automatique.

6. A Higher Place (2009)

Le premier véritable album du groupe a encore les pieds dans le deathcore et déjà la tête ailleurs. Now Arise, Exist et Faces of Death voient les claviers prendre de l’importance, les structures se tordre et l’ambition progressive commencer à déborder du cadre.

Le problème ? A Higher Place vit entre deux disques plus marquants : moins sauvage que The New Reign, moins vertigineux que The Discovery. Une transition essentielle, mais une transition quand même.

5. Soul Sphere (2015)

Soul Sphere sait presque trop bien faire du Born Of Osiris. The Other Half of Me, Throw Me in the Jungle, Illuminate et Resilience empilent riffs syncopés, claviers futuristes et changements rythmiques avec une maîtrise impressionnante.

À force de remplir chaque espace, pourtant, le contraste disparaît un peu. Tout est massif, tout bouge, tout sollicite l’attention. Résultat : le disque impressionne souvent davantage qu’il ne reste en mémoire.

4. The Simulation (2019)

Huit morceaux, un peu plus d’une demi-heure. Enfin de l’air ! The Simulation comprend qu’un groupe aussi dense que Born Of Osiris gagne parfois à se montrer concis.

Disconnectome, Cycles of Tragedy et Under the Gun retrouvent cette nervosité presque mécanique qui lui va si bien. Les guitares grincent comme des engrenages, les synthétiseurs colorent sans étouffer. Trop court ? Peut-être. Mais pour une fois, Born Of Osiris quitte la pièce avant d’avoir tout rempli.

3. Angel or Alien (2021)

Après la concision de The Simulation, Born Of Osiris rouvre les vannes : quatorze morceaux, davantage de chant clair, de mélodies et d’atmosphères. Le morceau-titre, Crossface et Shadowmourne montrent un groupe qui n’a plus besoin de choisir entre brutalité et ouverture.

Quelques coupes auraient fait du bien, certes. Mais Angel or Alien possède quelque chose de précieux : l’assurance. Born Of Osiris connaît désormais toutes les pièces de sa machine et sait comment les assembler. Pas son disque le plus révolutionnaire ; probablement le meilleur portrait de ce qu’il est devenu.

2. The New Reign (2007)

Officiellement, The New Reign est un EP. Dans les faits ? Huit morceaux, plus de vingt minutes et une importance telle que Born Of Osiris réenregistrera ce matériau dix ans plus tard avec The Eternal Reign. Impossible de le laisser dehors.

Bow Down, Rosecrance, Empires Erased, Abstract Art… Tout paraît encore dangereux parce que rien n’est complètement domestiqué. Les transitions claquent, les riffs se brisent et les claviers surgissent au milieu du chaos. La production a vieilli ? Évidemment. L’urgence, beaucoup moins.

Born Of Osiris apprendra ensuite à mieux organiser ses idées. Il ne retrouvera jamais tout à fait cette inconscience. The New Reign n’est peut-être pas un album sur le papier ; dans cette discographie, il en a largement le poids.

1. The Discovery (2011)

Il y a les albums qui améliorent une formule. Et ceux qui donnent soudain l’impression que la formule n’a plus de limites. The Discovery appartient à la seconde catégorie.

Follow the Signs, Singularity, Recreate, Shaping the Masterpiece, Behold : Born Of Osiris pousse tout plus loin. La présence de Jason Richardson à la guitare élargit encore son vocabulaire, mais le véritable exploit n’est pas le nombre de notes. C’est ce qu’elles racontent ensemble.

Rythmiques asymétriques, solos, claviers, ruptures… Sur le papier, le disque pourrait ressembler à un embouteillage. À l’écoute, il avance sans cesse. La technique crée du mouvement plutôt que de réclamer des applaudissements.

La suite sera parfois plus mélodique, plus directe, mieux contrôlée. Jamais aussi vertigineuse. The Discovery, c’est Born Of Osiris suffisamment maître de son langage pour aller partout, mais pas encore assez raisonnable pour se fixer des frontières.

Le chaos avant la maîtrise

Au fond, toute la discographie de Born Of Osiris tourne autour du même problème : comment apprivoiser le chaos sans le tuer ? The New Reign avait l’urgence ; The Discovery lui a donné de l’espace. Les albums suivants ont affiné, modernisé, parfois enrichi cette formule.

Mais plus Born Of Osiris a appris à contrôler sa musique, plus ses premiers sommets sont devenus précieux. Parce qu’on y entend encore quelque chose que la maîtrise finit presque toujours par faire disparaître : le risque de perdre le contrôle.

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