Brian May a changé d’avis sur l’intelligence artificielle. Autrefois convaincu que son essor était impossible à freiner, le guitariste de Queen appelle désormais à lui « résister » et à limiter rapidement sa portée.
Ce virage touche directement Queen : May avait sérieusement imaginé un spectacle immersif dans l’esprit d’ABBA Voyage, capable de faire revivre le groupe à son apogée. L’idée lui plaît toujours… mais l’IA nécessaire pour la concrétiser beaucoup moins.
Brian May ne voit plus l’IA comme une fatalité
Au micro de Leona Graham pour Absolute Radio, Brian May reconnaît avoir revu sa position. Il comparait autrefois l’IA à la révolution industrielle : une transformation inévitable, face à laquelle résister semblait presque inutile. Aujourd’hui, son discours est tout autre.
« J’ai vraiment changé d’avis. […] Nous devons résister, limiter sa portée et la contrôler très sérieusement, très rapidement. »
Ses craintes dépassent largement la musique. Centres de données et conséquences environnementales, désinformation, cyberattaques, perte de contrôle sur des systèmes toujours plus puissants… May voit désormais dans cette accélération une menace bien plus large.
Il rejette également l’idée que ces machines « pensent » réellement. Selon lui, elles copient, imitent et donnent l’illusion d’un comportement humain ; le danger vient surtout du pouvoir qu’elles pourraient finir par exercer.
Un Queen virtuel ? L’idée est allée assez loin
C’est là que la position de Brian May devient plus délicate. Car Queen s’est bel et bien penché sur une expérience immersive inspirée d’ABBA Voyage.
Le déclic ? La Sphere de Las Vegas et ce que les Eagles y ont réalisé. Impressionné, May explique avoir consacré beaucoup de temps à imaginer son propre spectacle de Queen. Mais une question a fini par le rattraper : comment construire cette expérience sans faire précisément appel à la technologie qu’il critique aujourd’hui ?
« J’ai un peu fait marche arrière, parce qu’on ne peut pas faire ça sans utiliser massivement l’IA, avec toutes les conséquences que cela implique. »
La porte n’est pas fermée
May distingue toutefois l’exploitation du travail d’autres créateurs de l’utilisation par Queen de sa propre œuvre. Une nuance suffisante pour maintenir le projet en vie, au moins dans son esprit.
Son idée reste ambitieuse : un lieu permanent où le public pourrait avoir la sensation de voir Queen jouer à son apogée, voire plusieurs expériences de ce type à travers le monde.
« Les portes sont ouvertes, mais je ne sais pas si nous allons les franchir. »
Cette hésitation fait écho à celle qui entoure les véritables concerts du groupe. Roger Taylor s’est récemment déclaré prêt à remonter sur scène, tout en rappelant que la décision dépendait surtout de Brian May. Pour l’heure, aucune nouvelle tournée avec Adam Lambert n’est prévue.
May alertait déjà sur l’impact de l’IA dans la musique en 2023, avant de s’opposer en 2025 au projet britannique d’« opt-out » concernant l’utilisation d’œuvres pour entraîner les modèles. La différence, désormais ? Il ne considère plus cette évolution comme quelque chose qu’il faudrait simplement accepter.

